Salut Gaston
On ne devrait jamais mourir en été. D’abord, parce que ça jure avec le soleil, ou parce que, comme dans notre pays, cela ne fait qu’accroître la mélancolie que suscite une pluie malvenue. Ensuite, parce que vos amis en errance estivale n’en sauront rien et vous pleureront en automne, quand le vent du nord emporte nos amis et les feuilles mortes.
Ainsi de Gaston Compère, le compère, l’ami discret. C’est au premier jour de l’automne qu’un autre ami m’apprend sa disparition, survenue le 14 juillet, ultime pied de nez à la République des lettres. Il disait fuir les honneurs (il le disait et il l’a fait) et préférer le silence. C’est étonnant de songer que le silence est ce que j’associe le plus à Gaston, lui qui fut certainement l’auteur le plus prolixe de nos contrées. Un des rares silences difficiles à supporter, et qu’il pratiquait en tête à tête avec son sourire bonhomme. Ce fou de musique, qui en a composé presque autant que de littérature, n’hésitait pas à se taire de longues minutes lorsque vous lui rendiez visite. (Lire la suite…)
