“C’est l’homme ! C’est l’homme !”… Cette exclamation retentit à plusieurs reprises dans le superbe spectacle Africare, alors que sur l’écran, la caméra accompagne une foule, laquelle suit un cadavre calciné traîné par un homme. C’est l’homme… lequel ? Cet amas de chair noire, amputé aux coudes et aux genoux, qui rebondit, désormais insensible, sur le macadam, ou celui qui le tire, victorieux, fier de son crime ? Dans les infos qui nous viennent de Birmanie, où est l’homme ? Le moine bouddhiste ou le soldat ? Et dans tellement de dossiers de notre actualité… Humain ou inhumain ?
Les deux, mon capitaine. Le bourreau et la victime partagent la même humanité ; notre époque semble avoir découvert cette vérité récemment, à en juger par l’émoi suscité tant par le film “La chute”, où Hitler est gentil avec sa secrétaire et son chien, que par “Les bienveillantes” de J. Littell, ou, plus récemment, par le magnifique “Rapport de Brodeck” de Philippe Claudel. La “banalité du mal” de Hannah Arendt suppose des bourreaux aimables avec leurs voisins, bons pères de famille… humains.
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