J'irai cracher sur vos tombes
Tous les media célèbrent en chœur cette semaine le génie de Boris Vian. N’en jetez plus ! De son vivant, il n’était connu que d’un cercle d’amateurs et son seul succès de librairie, « J’irai cracher sur vos tombes », était un canular pastichant la série noire, publié par un éditeur confidentiel qui l’avait lancé comme un roman américain. Et le voilà bientôt dans la Pléiade, où Gallimard publiera, cinquante ans après sa mort, les romans refusés de son vivant…
Paraphrasant le général Custer, un bon auteur est un auteur mort. Pour beaucoup de folliculaires, il faut un anniversaire pour découvrir le talent. Françoise Sagan, si contestée jadis par les critiques littéraires sérieux, est devenue « la » grande dame des lettres françaises depuis qu’elle a passé la larme à gauche. Simenon, traité de « romancier de gare », a dû lui aussi attendre la mort pour entrer dans la Pléiade et le programme scolaire. (Lire la suite…)

Une époque exquise… Le titre a de quoi faire sourire ou grincer des dents quand on sait que le roman de Dawn Powell est paru pour la première fois en 1942. L’histoire se déroule à New York au début des années quarante juste avant l’entrée des Etats-Unis dans le conflit. Si en arrière-plan la guerre sévit dans la lointaine Europe, il est surtout question, dans le roman, de la haute société new-yorkaise, de ses rites et hypocrisies.
Le roi du Congo, Alain Berenboom, Paris : Bernard Pascuito, 2009. 390 p. 20 €
Courbatures, Paul Fournel, Paris : Seuil, 2009. 168 p. 15 €
Les caractères sexuels secondaires, Tania de Montaigne, Paris : Flammarion, 2009. 238 p. 17 €
Avec enfant, Bruno Gibert, Paris : Stock, 2009. 109 p. 13 €
La chanson de Nell, Patrick Souchon, Paris : Grasset, 2009. 230 p. 19 €
L’envers amoureux, Carlos Batista, Paris : Albin Michel, 2009. 240 p. 17 €
Sur le sable, Michèle Lesbre, Paris : Sabine Wespieser, 2009. 160 p. 17 €
L’acrobatie aérienne de Confucius, Dai Sijie, Paris : Flammarion, 2009. 251 p. €
Personne n’avait beaucoup de respect pour le Labor Leader. Ne voyez pas dans cette phrase une allusion politique quelconque, puisqu’elle ouvre une des plus belles nouvelles du recueil de Richard Yates, Onze histoires de solitude. Considéré aux Etats-Unis comme un des grands romanciers des années 50 et 60, il a enfin acquis une certaine notoriété chez nous grâce au beau film, Les Noces rebelles, que Sam Mendès a tiré de son roman (également réédité) La Fenêtre panoramique.
Récit d’une rare élégance, le dernier livre d’Eric Fottorino pose la question de la filiation. L’auteur rend hommage à son père adoptif qui débarque dans sa vie lorsqu’il a neuf ans, et lui donne son nom. Découverte pour le petit garçon de la lumière du Sud et du mode de vie tunisien mais surtout de l’amour attentif et discret de ce nouveau père. Il reçoit une éducation pudique et joyeuse où la meilleure manière d’être proche, c’est de partager la passion de la bicyclette, et où les silences disent plus que les longs discours. Le narrateur a ses mots éclairants à propos de son père : Toi tu restes silencieux, dense dans ton silence, dans ton regard enveloppant qui effleure sans toucher, qui touche sans posséder (p.119).