La plume de Kant
Je l’avoue, j’écris à la plume (une belle plume, du reste). S’il m’arrive de courriéliser, c’est par nécessité professionnelle ou pour me taquiner moi-même. L’ordinateur reste pour moi une énigme. Cet objet est laid, capricieux, et comme bouffeur de temps on ne fait guère pire. Mais il paraît que ne pas en tâter fait de vous un contemporain de l’homme de Neandertal. Déjà que je ne connais pas le numéro d’appel de mon appareil de téléphone mobile (mon géhèssème, pour parler belge), je ne tiens pas à m’ajouter une vergogne de plus au front. Il faut dire aussi que je me moque des exploits de Kim Clijsters, que Michel Daerden ne me fait pas rire, que la santé de Johnny Hallyday ne me préoccupe guère plus que celle de Laurent de Belgique, et que le genre de musique qu’on joue dans les festivals rock pop me fait fuir ; je ne vais pas de surcroît faire savoir au monde que la vue d’un ordinateur me cause des crampes abdominales. J’en tâte donc à l’occasion, n’en parlons plus. (Lire la suite…)
