Salut en de kost !

Monsieur Van Rompuy à l’Europe et la planète Belgique tourne fou. Mais la Belgique a-t-elle vraiment besoin d’un premier ministre ? Qui se rappelait il y a quelques mois de cet ancien ministre de Jean-Luc Dehaene ? On le disait triste, chafouin, sans charisme. A son départ du ministère du Budget, il n’y avait eu qu’un seul cri, surtout dans son propre camp : salut en de kost ! Or, maintenant, le monde nous l’envie. Le C.D.&V. se pend à ses basques. Même Yves Leterme réussit à ne pas faire à son sujet une de ces déclarations catastrophe dont il a le secret. C’est dire comme cet homme impressionne !

Vous vous dites que mon amertume est celle d’un francophone obligé de subir le joug de chefs flamands depuis près de quarante ans ? N’en croyez rien. (Lire la suite…)

Fin de Copenhague

Ainsi, nous serions arrivés à l’heure H de la seconde S du moment M où, si j’en crois des sources concordantes, on entre, par-delà la conscience du fait, dans les enjeux réels et véritables de l’avenir. Le Ministre français de l’Ecologie, Jean-Louis Borloo, les définit en ces termes : «Va-t-on vers une humanité de la mesure et du respect, ou traite-t-on le respect comme une valeur individuelle mais pas collective ?». D’autres, moins férus de beau style à la française ou simplement plus directs, affirment que le monde, littéralement, «joue sa tête» au Danemark (j’ignore si un pèlerinage sur les remparts du Château d’Elseneur est prévu pour les participants). Il serait donc plutôt opportun d’éviter l’échec lors de la Conférence de Copenhague, du 7 au 18 décembre, réunie sous l’égide de l’ONU et de sa Convention cadre sur le changement climatique, et qui doit préparer l’après Protocole de Kyoto, qui prend fin en 2012. Cela dit, quel genre de succès peut-on attendre d’un tel sommet ? (Lire la suite…)

Une fleur sombre

CASANOVA_Odeur_ptEt l’odeur des narcisses, Marie Casanova, Paris : Galaade, 2009. 118 p. 15 €

Entre le Flaubert d’Une vie et la Recherche de Proust, le court roman de Marie Casanova a l’âpreté, la dureté et le brillant des diamants littéraires. Thérèse, à la jambe amputée depuis l’adolescence, à la prothèse douloureuse depuis l’aube des amours, mâche ses souvenirs, rassemble autour du feu les fantômes de sa vie. (Lire la suite…)

Et vous trouvez ça drôle ? Oui

toppferL’humour est né avec la bande dessinée: Monsieur Jabot (illu) ou le Docteur Festus du Suisse Töpffer dans les années 1830-40, The Yellow Kid et The Katzenjammer Kids (Pim Pam Poum) aux Etats-Unis à la fin du XIXe siècle, suivis par Little Nemo, Popeye ou Bicot. Et en France, au début du XXe, Bécassine, Les Pieds Nickelés, Bibi Fricotin ou Zig et Puce. Il a bien sûr constamment évolué, notamment grâce aux revues adultes apparues au cours des décennies 1960-70 – Pilote, Hara-Kiri, Charlie Hebdo, L’Echo des Savanes, Métal Hurlant, Fluide Glacial... C’est de là que sont issus quelques-uns parmi ses meilleurs représentants qui n’hésitent pas à flirter avec le non-sens. (Lire la suite…)

Coma

Comment ne pas être hanté par le sort de Rom Houben, cet homme flottant depuis un terrible accident dans les eaux du Styx, entre mort et vie ? Tous le croyaient perdu dans un coma profond depuis vingt-trois ans alors qu’il assistait, impuissant et muet, au ballet des visiteurs autour de son lit sans pouvoir les prendre dans ses bras ou esquisser le moindre signe.

Il existe sans doute d’autres cas de faux morts, d’êtres humains trop vite enterrés mais qui bougent toujours à notre insu.

Wilfried Martens, par exemple, mort en 1992, vient soudain de jaillir de sa sépulture dans une telle forme que certains observateurs ont cru, dans un moment de stupeur, à un gouvernement Martens 10. (Lire la suite…)

Geluck dans de nouvelles bulles

scott geluck Non, ce n’est pas pour vous parler du Chat que je consacre ce billet à son créateur – même si vient de sortir un nouveau best-of du célèbre félidé, Le Top du Chat – mais pour vous conseiller la lecture d’Alerte sur Fangataufa, le premier tome d’une nouvelle série BD dont il signe le scénario, Les aventures de Scott Leblanc (Casterman). Ce qui frappe d’emblée, avant même de plonger dans l’histoire elle-même, c’est le dessin très «Ligne claire» de Devig (Christophe de Viguerie). Une ligne claire extrêmement dépouillée, comme celle d’Hergé mais plus encore celle de ceux qu’il a inspirés, Joost Swarte (inventeur du terme, je crois), Ted Benoît ou Yves Chaland, et dont l’apparente simplicité et la franche lisibilité conviennent parfaitement à l’histoire racontée, riche d’un humour évidemment décalé. (Lire la suite…)

Un rêve (et aussi un cauchemar)

DCB, mai 68La perspective d’un second tour à la présidentielle de 2012 entre Nicolas Sarkozy et Daniel Cohn Bendit a de quoi faire saliver.

Il est vrai qu’on pourrait y voir la preuve définitive que la génération des leaders de mai 68, non contente d’occuper en permanence l’espace médiatique depuis lors, aurait véritablement renoncé à ses fulgurances de l’époque et endossé, comme les autres, ce qu’elle exécrait alors avec tant de virulence (pour faire court, assurer sa présence dans les Conseils d’Administration plutôt que dans les Conseils ouvriers). (Lire la suite…)

La mutation d’un capitalisme amnésique

Au hasard des lectures sur la situation  sociale,  économique et financière, on ne peut pas être fondamentalement optimiste sur la sortie de crise.  Ce  qui frappe d’abord, une fois de plus, c’est l’absence d’enseignements  tirés de la crise financière de 2008. Dans sa page économique du weekend passé, Le Soir notait, par exemple, que les fameux subprimes, ces crédits immobiliers qui avaient été à l’origine de l’implosion du système financier représentaient à nouveau 20 % des crédits hypothécaires aux Etats-Unis, tandis que les bourses rebondissent d’une manière aussi spectaculaire qu’artificielle : 70 % de plus en 9 mois selon l’indice mondial le plus connu (Lire la suite…)

JTM grave

L’autre jour, sur la tablette qui me faisait face dans le train, j’ai lu, écrit au marqueur noir : « Sabrina JTM grave ». Je suis peu versé en texto, mais j’ai cru comprendre qu’un jeune homme (ou une jeune fille, en ces temps de mélange des genres, allez savoir) avait voulu faire connaître au monde entier, ramené ici aux usagers d’un convoi de la SNCB, qu’il était amoureux d’une certaine Sabrina et que cet amour était sérieux, ce qui se traduit chez les adolescents par « grave ».

Je ne sais si Sabrina aura lu le message. Il se peut qu’elle prenne le train et qu’un jour par hasard elle tombe sur lui. Il se peut aussi qu’elle ne prenne pas le train. Il se peut qu’elle ne sache pas qu’elle est aimée « gravement ». (Lire la suite…)

De Veronica à Roberta, en passant par Brenda et Noemi

Silvio Berlusconi, © Reuter

Silvio Berlusconi, © Reuter

En mai, il y eut Veronica, la cinquantaine bien liftée, ex mannequin, ex actrice. Elle annonça publiquement son intention de vouloir divorcer de Silvio, son mari premier ministre. Il est malade, disait-elle, il ne peut s’empêcher de fréquenter des mineures. Dont la jolie Noemi aux yeux en amande, aspirante mannequin, aspirante actrice. De son côté, Noemi jura qu’entre elle et Silvio il n’y avait rien d’autre qu’une belle et platonique amitié. Et même si personne ou presque ne la croyait, elle ne comprenait pas pourquoi Veronica inventait toute cette histoire, dont le seul objectif était de les salir, elle et Silvio. (Lire la suite…)

Belga Bordeelo : présentation

Belga BordeeloJe me propose de tenir pour quelque temps une chronique de la préparation et des représentations d’un spectacle qui sera à l’affiche en janvier 2010, à Mons et à Gand.

Le projet Belga Bordeelo n’est pas réellement une adaptation de D’outre-Belgique, le livre que j’ai publié en août 2007. Mais il en reprend le motif majeur : la fin de la Belgique. Je ferai la dramaturgie de ce spectacle.

Celui-ci misera sur une approche différente de la problématique belge et, du coup, se confrontera directement à la réalité de son présent et au présent de sa réalité. (Lire la suite…)

TOCs d’Egotiques ou Tics d’EgoTOCs

Il y a des chroniques qui traînent dans les tiroirs. La fausse bonne idée de départ. Une petite anecdote qui doit déboucher sur quelques paragraphes pertinents, mais qui n’acceptent pas de se laisser écrire. Puis, un nouveau fait, une nouvelle déclaration redonne de la raison à l’ensemble. Ainsi, des journalistes français s’entretenant de la nomination d’Herman Van Rompuy comme celle d’un « clown » a relancé l’écriture de cette chronique-ci.
Philippe Lançon dans Charlie Hebdo rapportait que Alain Finkielkraut s’indignait de ce rire imbécile que certains avaient eu à l’égard de la taille de SON président. Il parlait du reportage de la RTBF sur la sélection de la « claque » lors des visites de l’EMPEREUR : petite taille exigée. Aime-t-il, vénère-t-il à ce point l’omni-président pour ne pas voir la manipulation ?
Quand il s’agissait de nommer[1] le FILS à la tête d’un gros machin, aucun député de la majorité, encore moins aucun ministre n’a osé la moindre critique. Peur du licenciement ? (Lire la suite…)

Allez France !

Nous avions fait un (mauvais) rêve.

Sarah Palin avait réussi son coup. La tueuse d’orignal en peau de lapin (elle tire en fait comme un pied), après avoir fait couler le pauvre McCain en quelques désastreuses interventions, et après avoir abandonné l’Alaska à son sort, était prête à être candidate en 2012. Nous avions fait un cauchemar : elle était présidente des Etats Unis et toisait les Russes depuis le détroit de Béring, la main sur la gâchette.

Nous avions fait un cauchemar : de ce côté-ci de l’Atlantique, Royal avait réussi son coup. (Lire la suite…)

Jamais sans mon livre !

Tempo Di Roma, Alexis Curvers
J’ai eu le plaisir d’être interviewé par Nadia Delhaye pour l’émission de la RTBF « Jamais sans mon livre! ». L’occasion pour moi de présenter ce chef-d’œuvre de notre patrimoine qu’est Tempo di Roma d’Alexis Curvers, sans doute le plus beau roman jamais écrit sur Rome.

« Regardez ici cette séquence. »

Rire de tout

pierre-desproges« Peut-on rire de tout ? Oui, mais pas avec n’importe qui »; cette phrase supposée de Desproges sert à nombre de moralistes à la petite semaine qui entendent introduire une dose plus ou moins grande de retenue voire de censure, sous-entendant qu’il est des sujets scabreux qui ne peuvent être évoqués en public, sous crainte de choquer. Mais si telle est l’opinion que ces censeurs veulent défendre, qu’ils ne se réfugient pas derrière Desproges, lequel maniait l’ironie tous azimuts (et d’abord à son encontre car, comme le dit Woody Allen, “heureux ceux qui savent rire d’eux-mêmes, car ils n’ont pas fini de s’amuser”) et sans vergogne. (Lire la suite…)

Blanche Joëlle et les sept nains

C’est l’histoire d’une gentille fille qui a fui son horrible belle-mère et s’est réfugiée dans une cabane où habitent sept gentils nains travailleurs.
Version moderne, la belle mère est un homme, Yvetje Letermeke qui veut forcer la pov’ Joëlle à manger une pomme empoisonnée (d’une variété appelée BHV, la plus subventionnée de toutes les cultures.)
Voilà donc Joëlle fuyant Letermeke dans la grande forêt où elle tombe chez des petits êtres plus humanistes – c’est du moins ce qu’elle le croyait mais elle s’est vite rendu compte que les braves nains lui laisse le sale boulot. (Lire la suite…)

D’étranges aveux, de vous à moi

LACROIX_Nietzscheen_pt Quand j’étais nietzschéen, Alexandre Lacroix, Paris : Flammarion, 2009. 252 p. 19 €

Avec ce roman d’Alexandre Lacroix, aujourd’hui directeur d’une importante revue de philosophie, on touche aux frontières des genres, entre roman et autobiographie. Car à l’évidence, le narrateur est l’auteur, et l’adolescent de seize ans dont il nous raconte la vie, c’est lui. Mais il y a la construction, les choix, le ton, le style. L’utilisation de Nietzsche pour expliquer et excuser les dérives, les lâchetés, les médiocrités propres à cet âge (l’âge adulte en a d’autres), puis pour faire comprendre au narrateur, lors d’un examen à la fac, qu’il a trahi son dieu – celui-là même qui proclamait la mort de l’Autre – en le fondant dans le moule réducteur d’un exposé universitaire. (Lire la suite…)

L’increvable Vian

L'Ecume des joursL’écume des jours, Boris Vian, lu par Arthur H, éditions Audiolib, 17 €.

À en croire les bêtises de Sartre dans Qu’est-ce que la littérature ?, plus personne aujourd’hui ne devrait lire Boris Vian (ni d’ailleurs Jean-Paul Sartre ou Jean-Sol Partre). Et pourtant, voilà une œuvre « morte » qui vit plus que jamais ! Les rééditions se multiplient et l’on s’aperçoit que l’œuvre de Vian compte parmi les plus riches du XXe siècle. Parmi cette œuvre, L’écume des jours reste un chef-d’œuvre de tendresse, d’invention et d’ironie. (Lire la suite…)

Belga : une logique de désinformation

Ce qui s’est passé à l’agence Belga est extrêmement grave. Ce n’est certes par la première fois que le décès de la Reine Fabiola est annoncé par erreur. Et l’histoire de la presse est émaillée de nécrologies intempestives. Mais dans le cas qui nous préoccupe, ce n’est pas l’erreur humaine ou la précipitation désordonnée qui sont en cause mais un système mis en place à grand renfort de publicité. Et le media concerné n’est pas une quelconque feuille à scandales mais l’agence nationale de presse censée faire autorité et qui nourrit de ses dépêches l’ensemble de la presse belge. En inaugurant son nouveau système « I Have a news » (Lire la suite…)

L’inépuisable Dumas

AUDIO_Dumas_3MousquetairesLes trois mousquetaires d’Alexandre Dumas, éditions Autrement dit, lecture d’Alain Carré.

Je suis convaincu que les livres audio sont un moyen extraordinaire de découvrir et de faire découvrir la littérature ! Avec notre fils, sur les routes d’Italie, nous nous sommes régalés en écoutant la prodigieuse lecture des Trois Mousquetaires réalisée par Alain Carré pour la maison Autrement Dit. (Lire la suite…)