Florizoone, Horbaczewski et Massot nous font leur Cinéma Novo
L’ont-ils fait exprès ? A les voir marcher sur cette plage bien de chez nous, ou leurs reflets vibrants, brisés si on ne retourne pas la pochette, Tuur Florizoone, Marine Horbaczewski et Michel Massot semblent nous en dire long sur celles qu’ils nous livrent sur ce cd. Comme nos plages du Nord, grises sous les nuages, celles-ci cachent sous une sorte d’uniformité langoureuse, un kaléidoscope de reflets moirés, de nuances délicates et dégagent une sorte de mélancolie joyeuse. Comme sur la photo, Tuur entraîne le trio (Lire la suite…)
Bêtises pour le dessert
Les fins d’années sont redoutables. Qu’aurait-on dû faire et qu’on n’a pas fait ? Que fallait-il faire dans l’avenir immédiat, cette nouvelle année qui était à nos portes ? Que des questions angoissantes et une plaie supplémentaire pour les accompagner : les bêtisiers.
C’était devenu le passage obligé d’un millésime à un autre : on rediffusait, republiait ad nauseam toutes nos bêtises passées, ce qui en disait long sur l’état du goût et de la dépression ambiants.
D’où venait cette perversion ? D’autant qu’il fallait leur en rendre hommage, les gouvernants actuels du Beau pays fournissaient de bévues, de fautes, de lapsus, et d’erreurs de quoi largement remplir en une semaine une heure de télévision ou une page de journal, bref un bêtisier digne de ce nom.
Fallait-il remonter très loin pour se lamenter du lamentable débat interne à l’UMP où l’ancien Garde Clément avait été assez sot ou/et odieux pour provoquer par ses paroles le départ de Nora Berra, Secrétaire d’Etat aux Aînés dont, pour être honnête, on entendait parler pour la première fois. Le sujet ? Les minarets, vous dis-je !
Fallait-il remonter aux calendes pour entendre cette pertinente proposition révolutionnaire : et si on rebaptisait la région Paca, « Provence » ? Et dire qu’on avait payé un collège d’experts pour trouver ce que les habitants du sud-est savent depuis toujours ? (Lire la suite…)
Histoire de liberté
J’aime la fin novembre et le début de décembre pour le workshop que je donne aux étudiants de photographie à l’école d’art de La Cambre.
Cette année le sujet choisi est : « Raconter une histoire ». (Lire la suite…)
Quartiers de Paris
Le Paris qui nous fait rêver, nous qui n’y habitons pas, c’est celui des films, romans, chansons, bandes dessinées ou photos qui l’ont mythifié, le Paris de Doisneau, Prévert, Piaf, Tardi, Balzac et de tant d’autres (par exemple le trop peu connu Baptiste-Marey). C’est aussi celui porté par l’Histoire, la Commune, Mai 68 et tous ces événements charriant des noms de rues, places, monuments qui ont nourri notre imaginaire. Philippe Mellot l’a bien compris et, dans de beaux albums publiés chez Omnibus alliant photos et commentaires, plonge dans le passé de certains quartiers emblématiques en les dévoilant rue après rue. Après Montmartre l’an dernier, il arpente le Quartier latin. (Lire la suite…)
Soudain, comme…
Depuis quelques années, comme (j’imagine) tout écrivain consciencieux, je tiens des carnets : j’en suis au sixième. Pourtant, ce n’est pas le lieu où je note des idées pour des écrits futurs, et il n’y a dans les miens que fort peu de considérations intimes. A vrai dire, ils sont surtout composés de citations ou d’articles et d’images glanés ici et là dans des journaux. Au fond, c’est une sorte de portrait de l’époque, et peut-être un genre d’autoportrait par le choix des éléments que j’y consigne. (Lire la suite…)
Des bulles dans le débat sociétal
De temps en temps, la bande dessinée aborde des sujets de société, tels la prison, l’immigration, l’écologie, les violences conjugales, la drogue, etc., ou politiques, souvent sous le mode de la caricature comme dernièrement avec Sarkozy, Ségolène Royal ou Bush, pour rappeler que le 9ème art a aussi les deux pieds dans son époque. Les OGM et le sida sont ainsi au centre de deux albums récents. (Lire la suite…)
Nanar et Tina
Tina restera, pour l’histoire, le petit nom du cyclone idéologique ayant dévasté la planète plus d’un quart de siècle.
»There Is No Alternative » : l’ouragan doctrinal fut lancé par Margaret Thatcher, devant la Chambre des Commune, à l’aube des années 8O.
Elle put compter sur la complicité de ses collègues Reagan et Mitterrand pour faire souffler la tornade néolibérale dans les crânes du monde libre et démocratique.
C’est à Tonton, précisément, que revient l’honneur d’avoir porté le capitalisme de la séduction à son plus haut degré de perfection. La structure Mai 68-Mai 81 fut analysée dans maintes brochures d’un auteur inconnu. (Lire la suite…)
Dans la tiédeur de l’année qui s’écoule
Dans ce dernier numéro d’« un autre regard », je veux vous souhaiter à tous
DES FÊTES DE FIN D’ANNÉE ANIMÉES
Profiter d’ « être ensemble » avec la famille et les amis près des petites lampes clignotantes d’un sapin et peut-être avec une crèche traditionnelle chauffée par la petite flamme vacillante d’une bougie. (Lire la suite…)
Copenhague: Barnum of not Barnum? (Seconde partie)
A rapprocher de Copenhague: Barnum of not Barnum (1)? (première partie)
Berlusconi et la violence
« Pourquoi me haïssent-ils tant ? » a demandé Silvio Berlusconi à son confesseur qui était à son chevet après l’agression dont il a été victime à Milan dimanche dernier. On imagine la scène et on se demande si Don Verze, le confesseur en question, est le même qui l’a régulièrement absout de ses frasques privés et publics. En tous cas, si l’oreille ne pouvait être que complaisante, on ne sait pas ce que le prêtre a répondu au président du conseil. L’entourage de Berlusconi et les médias (Lire la suite…)
Climats
Que serait la vie d’un pays sans météorologie ? Que serait la vie d’une chronique sans coups de chaud et coups de froid ? Que serait la politique sans le vent, le vent qu’on prend, le vent qui tourne, le vent qui vous rend girouette, le vent qu’il faut sentir tourner, le vent qu’on rêve d’avoir en poupe dans les sondages, que serait le pouvoir sans avoir à lutter contre vents et marées ?
Il y eut le sommet de Copenhague dont le but était un accord pour empêcher la terre de prendre deux degrés de plus. A peine réunis, les grands et les petits de ce monde obtinrent -20°C à Strasbourg et un énorme blizzard sur Washington. La température était bien montée en flèche dans les rues où les manifestants voulaient faire plus et mieux pour sauver la planète. La police danoise leur administra sans état d’âme une sérieuse douche froide. (Lire la suite…)
Muurwerk — d’un séjour en novembre
Au vingtième siècle, c’était la ville historique par excellence : le terrain même sur lequel tous les conflits (politiques certes, mais aussi idéologiques et culturels) se sont accumulés en une gigantesque collision, l’un découlant immanquablement de l’autre, et disséminant leurs figures et leurs actes à tous les horizons. La carte de la ville est constellée de ces multiples indices, comme si la mémoire, sur ce plan-là, se montrait infaillible et devait tout retenir : la proclamation de la République de Weimar ; la révolution spartakiste et les assassinats de Karl Liebknecht et de Rosa Luxemburg ; le Berlin des années 20, hyperinflation et création artistique sans limites mêlées, les cafés littéraires, les cabarets de George Grosz et de Lola Lola, le théâtre de Max Reinhardt, (Lire la suite…)
Jugez par vous-mêmes
Tu ne jugeras point, Armel Job, Paris : Laffont, 2009. 285 p. 19 €
avec ce roman sensible et bien mené, Armel Job apporte une pierre majeure à la réflexion sur l’innocence et la construction du discours de la justice qui va échafauder, pièces à pièce, la culpabilité. Fouquier-Tinville, un des plus grands fournisseurs de la guillotine durant la terreur, (Lire la suite…)
Dadou ron ron
Silvio (au médecin): Ma gueule ? Qu’est-ce qu’elle a ma gueule ?
Johnny : Dis donc, mon gars, profite pas de ce que j’ai le disque cassé pour me voler mes chansons. Mon chirurgien a essayé ; ça ne lui a pas profité. L’est dans la chambre d’à côté.
Silvio (au médecin) : Si vous pouviez éviter de m’enlever ma vraie dent… (A Johnny) : Ah ! Johnny, ne crains rien. (Lire la suite…)
New York-gasme
S’il fallait ne garder qu’une ville sur cette terre, (Lire la suite…)
Devoir d’empathie, obligation de vigilance
Comme tout acte de violence, l’agression subie par Silvio Berlusconi, ce dimanche 13 décembre à Milan, doit être fermement condamnée. Elle doit l’être aussi au regard de sa portée symbolique, parce qu’elle porte atteinte aux fondements même de la démocratie, qui est avant toute chose confrontation d’idées, débats d’opinions, respect du droit d’autrui à faire valoir ses convictions. Mais il faut raison garder. Certains croient d’ores et déjà percevoir une atmosphère politique semblable à celle des années de plomb, ils ravivent à grands cris le spectre des brigades rouges (Lire la suite…)
Copenhague: Barnum of not Barnum (1)? (première partie)
Mes restes de critique historique me font toujours dire que finalement, dans la vie, les seules théories dont nous sommes sûres sont celles que l’on a démontrées comme fausses, et encore. La science n’est pas une foi et si l’on a généralement foi dans la science, peut-on en douter ? (Lire la suite…)
Sur la censure
Le 9 décembre, De Standaard a publié un article d’opinion écrit par Nicolas Sarkozy, président français, et publié antérieurement dans Le Monde. Le titre original était : « Respecter ceux qui arrivent, respecter ceux qui accueillent ». Dans le Standaard, le titre est devenu « Changer pour rester nous-mêmes », ce qui est quand même totalement différent et ne correspond pas au contenu de l’article. On aurait pu par exemple y accoler un titre clair et plus correct : « Respect réciproque ».
En bas de page, on peut lire : « Cet article d’opinion a été préalablement publié dans Le Monde ». Cela donne l’impression que l’article a été repris in extenso, d’autant plus qu’il n’est fait mention nulle part de citations ou extraits. Erreur. (Lire la suite…)





