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Abélard, le poussin qui rêvait d’ailleurs


Abélard, T1 La danse des petits papiers, Dillies & Hautière, Dargaud, 64 pages.

Le dessinateur tournaisien Renaud Dillies a créé, au fil d’albums publiés chez l’éditeur suisse Paquet, un univers tendre et charmant peuplé d’animaux à taille humaine. Il n’y déroge pas dans cette histoire réalisée avec Hautière dont vient de paraître, chez Dargaud, le premier des deux tomes. Abélard est un petit poussin qui vit en compagnie de quelques congénères au milieu des marais tout en rêvant de ce «là-bas» mystérieux et inconnu qu’il imagine tellement plus passionnant que cette vie tranquille mais désespérément immuable, faite des parties cartes, de cuites à la bière ou de journées de pêche peu fructueuses.
La rencontre avec des vacanciers de passage venus de la ville, et surtout avec une jeune fille dont il tombe éperdument amoureux, ne fait que renforcer son envie de départ, encouragé par les maximes qu’il découvre chaque matin dans son chapeau – «Ce n’est pas parce que les choses sont difficiles que nous n’osons pas, c’est parce que nous n’osons pas qu’elles sont difficiles», «Avant d’admettre l’absurde, on épuise toutes les solutions». Parti le baluchon sur l’épaule, il est recueilli par des artistes d’un cirque itinérant avec qui il découvre le racisme et l’intolérance. Toujours mu par le désir d’aller chercher en Amérique un cadeau «digne» de la femme de ses pensées.
Le dessin, simple et directement lisible, sert subtilement cette histoire pleine de bonté, de générosité et… d’humanité. On ne peut qu’être touché par son petit héros, être ingénu et crédule propulsé dans un monde cynique et méchant. Une bien belle philosophie de vie à conseiller aux jeunes lecteurs.

Réagissez

    • Il faut

      S’il faut revenir, dans cette série, à la politique belge, ce serait pour en repartir tout aussi vite, à la lumière (?) des récentes saillies de Philippe Moureaux, l’historien qui réintroduit le Docteur ès désinformation Goebbels dans le paysage, aux pugilats du même avec Didier Reynders, dérapant en direct sur la route menant de l’Afghanistan à la Wallonie. A ce compte, Molenbeek mérite mieux que d’être l’épicentre de ce monde plein de raccourcis…

    • Il faut

      A toutes les malédictions qui frappent la Grèce oubliée des Dieux, il faut ajouter celle d’avoir vu émerger aux législatives du 6 mai un parti néo-nazi, qui a très vite donné sa pleine mesure. D’abord, les journalistes ont été contraints de se lever quand le chef de cette clique est arrivé à la conférence de presse – ceux qui ont refusé étaient exclus de la salle. Ensuite, on l’a interrogé sur la manière dont il aborderait la question de l’immigration si son parti entrait au Gouvernement. Réponse : « Je vous laisse imaginer… » C’est parfaitement clair, dans son obscurité même…

    • Il faut

      Après avoir soufflé un grand coup en direction de Paris dimanche soir, il faudra à nouveau retenir sa respiration, cette fois pour une durée indéterminée, auvu du résultat des législatives en Grèce. Les deux partis (Pasok et Nouvelle Démocratie) qui ont approuvé les ukases de la Troika ont perdu, au bénéfice de partis (de la Gauche radicale aux néo-nazis) condamnant les mesures d’austérité sur les salaires et les retraites. L’UE, comme prévu, menace de ne plus verser l’aide promise : et pourtant, dans un sens comme dans l’autre, ce n’est pas un retour à la case zéro…