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Adoption réussie


9782070124633 Récit d’une rare élégance, le dernier livre d’Eric Fottorino pose la question de la filiation. L’auteur rend hommage à son père adoptif qui débarque dans sa vie lorsqu’il a neuf ans, et lui donne son nom. Découverte pour le petit garçon de la lumière du Sud et du mode de vie tunisien mais surtout de l’amour attentif et discret de ce nouveau père. Il reçoit une éducation pudique et joyeuse où la meilleure manière d’être proche, c’est de partager la passion de la bicyclette, et où les silences disent plus que les longs discours. Le narrateur a ses mots éclairants à propos de son père : Toi tu restes silencieux, dense dans ton silence, dans ton regard enveloppant qui effleure sans toucher, qui touche sans posséder (p.119).
L’Homme qui m’aimait tout bas raconte aussi la mort de ce père adoptif, par balle, 40 ans plus tard. Livre bouleversant sans être triste, le récit met le doigt sur la complexité des sentiments face au suicide d’un proche et sur les fissures de l’existence humaine, au travers d’une écriture intime et affective qui sonne particulièrement juste.

L’Homme qui m’aimait tout bas, Eric Fottorino, Gallimard, 148 p.

Réagissez

    • Il faut

      S’il faut revenir, dans cette série, à la politique belge, ce serait pour en repartir tout aussi vite, à la lumière (?) des récentes saillies de Philippe Moureaux, l’historien qui réintroduit le Docteur ès désinformation Goebbels dans le paysage, aux pugilats du même avec Didier Reynders, dérapant en direct sur la route menant de l’Afghanistan à la Wallonie. A ce compte, Molenbeek mérite mieux que d’être l’épicentre de ce monde plein de raccourcis…

    • Il faut

      A toutes les malédictions qui frappent la Grèce oubliée des Dieux, il faut ajouter celle d’avoir vu émerger aux législatives du 6 mai un parti néo-nazi, qui a très vite donné sa pleine mesure. D’abord, les journalistes ont été contraints de se lever quand le chef de cette clique est arrivé à la conférence de presse – ceux qui ont refusé étaient exclus de la salle. Ensuite, on l’a interrogé sur la manière dont il aborderait la question de l’immigration si son parti entrait au Gouvernement. Réponse : « Je vous laisse imaginer… » C’est parfaitement clair, dans son obscurité même…

    • Il faut

      Après avoir soufflé un grand coup en direction de Paris dimanche soir, il faudra à nouveau retenir sa respiration, cette fois pour une durée indéterminée, auvu du résultat des législatives en Grèce. Les deux partis (Pasok et Nouvelle Démocratie) qui ont approuvé les ukases de la Troika ont perdu, au bénéfice de partis (de la Gauche radicale aux néo-nazis) condamnant les mesures d’austérité sur les salaires et les retraites. L’UE, comme prévu, menace de ne plus verser l’aide promise : et pourtant, dans un sens comme dans l’autre, ce n’est pas un retour à la case zéro…