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annus mirabilis


On ne l’entend jamais quand ça va mal. Mais, dès que reviennent les hirondelles, le président de l’Europe montre le bout de son nez.
Faut croire que le printemps n’est pas loin puisque notre ex-furtif premier ministre sort de son long silence pour annoncer, devant les parlementaires européens ébahis, que 2011 était une « annus mirabilis ». Pour ceux qui en ont avalé leur latin, l’annus en question désigne l’année et mirabilis veut dire « miraculeuse » et non misérable comme l’aurait cru le vulgum pecus.
Des millions de travailleurs en Europe sans emploi et pour une partie d’entre eux sans aides publiques, l’effondrement de l’euro, auxquels s’ajoute une abominable contagion de tueurs en série de Liège à Oslo, voilà ce que M. Van Rompuy qualifie d’événements miraculeux ?
Dans plusieurs religions, il est vrai, le déclenchement de cataclysmes annonce la fin du monde. Une fin catastrophique pour les uns, heureuse pour les autres, comme dans la religion juive où l’apocalypse précède l’arrivée du messie, censé apporter la paix sur terre.
Est-ce à cette prophétie qu’a faite allusion Zen Herman à Strasbourg ? La connaissance de la mystique juive ne faisait pas jusqu’ici partie des innombrables lumières du plus haïku des hommes politiques.
Alors, de quel miracle parlait-il ?
De l’arrivée de la démocratie « à l’occidentale » dans des pays jusqu’ici connus pour leur système musclé ? Comme la Russie ou le Congo. Mais, les élections récentes de Kabila et des copains de Poutine ressemblent plutôt à un cauchemar qu’aux promesses de liberté que les Européens ont vendu aux citoyens russes et congolais comme le remède à tous leurs maux. Et les premières élections des ex-dictatures arabes exhalent elles aussi un parfum inquiétant.
Faut-il penser que notre Herman chéri est resté trop longtemps dans le bunker où, depuis son élection, Sarkozy et Merkel l’avaient enfermé, ligoté et bâillonné ? Ou a-t-il passé son temps à fumer la carpette de son abri ce qui explique pourquoi, depuis le nuage sur lequel il est perché, il ne voit que du rose : son salaire mensuel, sa réélection qui se profile sans souci dans l’annus qui vient, la fin très provisoire des nuits de négociation fédérale en Belgique, la montée irrésistible dans les sondages de la N-VA, la traversée du désert de Michel Daerden (ou Daerden au pays de la soif), le succès de Tintin au cinéma, l’autorisation donnée par le gouvernement au prince Laurent de voyager dans le sultanat d’Oman, tous événements que l’on peut en effet qualifier de miraculeux.
Où l’on voit que nous avons eu tort de laisser ce docteur-miracle quitter notre pays où il aurait dirigé un gouvernement de bonnes nouvelles au lieu d’un premier ministre qui ne nous promet que du sang et des larmes.

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Réagissez

    • Il faut

      S’il faut revenir, dans cette série, à la politique belge, ce serait pour en repartir tout aussi vite, à la lumière (?) des récentes saillies de Philippe Moureaux, l’historien qui réintroduit le Docteur ès désinformation Goebbels dans le paysage, aux pugilats du même avec Didier Reynders, dérapant en direct sur la route menant de l’Afghanistan à la Wallonie. A ce compte, Molenbeek mérite mieux que d’être l’épicentre de ce monde plein de raccourcis…

    • Il faut

      A toutes les malédictions qui frappent la Grèce oubliée des Dieux, il faut ajouter celle d’avoir vu émerger aux législatives du 6 mai un parti néo-nazi, qui a très vite donné sa pleine mesure. D’abord, les journalistes ont été contraints de se lever quand le chef de cette clique est arrivé à la conférence de presse – ceux qui ont refusé étaient exclus de la salle. Ensuite, on l’a interrogé sur la manière dont il aborderait la question de l’immigration si son parti entrait au Gouvernement. Réponse : « Je vous laisse imaginer… » C’est parfaitement clair, dans son obscurité même…

    • Il faut

      Après avoir soufflé un grand coup en direction de Paris dimanche soir, il faudra à nouveau retenir sa respiration, cette fois pour une durée indéterminée, auvu du résultat des législatives en Grèce. Les deux partis (Pasok et Nouvelle Démocratie) qui ont approuvé les ukases de la Troika ont perdu, au bénéfice de partis (de la Gauche radicale aux néo-nazis) condamnant les mesures d’austérité sur les salaires et les retraites. L’UE, comme prévu, menace de ne plus verser l’aide promise : et pourtant, dans un sens comme dans l’autre, ce n’est pas un retour à la case zéro…