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Asile ?


Opium Poppy, Hubert Haddad, Paris : Zulma, 2011. 176 p. 17 €

Il faut le talent d’Hubert Haddad pour insuffler de la magie et de la douceur dans les sujets les plus tragiques, et éviter ainsi le sensationnalisme et le sentimentalisme larmoyants. Qu’il s’agisse de défis personnels ou sociaux, cet écrivain incomparable traite la vie, ses joies et ses drames, en poète, c’est-à-dire qu’il révèle du quotidien ce qui en fait une exception.
Avec “Opium Poppy”, Haddad nous plonge dans le monde des réfugiés, ceux que certains politiciens nous présentent comme un grave danger pour notre société. Alam a quitté l’Afghanistan en guerre pour se retrouver chez nous, dans les centres d’accueil, dans la rue, confronté à un danger pas moins terrible que celui qu’il a fui. Des complicités, mais aussi de nouveaux ennemis, un monde complexe, indifférent, hostile, avec de trop rares lueurs d’humanité.
Alam a-t-il bien fait de quitter son pays et de croire qu’il trouverait ici un asile, à défaut d’un paradis ? Mais la vraie question est plutôt : pourquoi ne lui offrons-nous qu’un nouvel enfer ?

Une réaction sur “Asile ?”

  1. Etienne Payen dit :

    Bel article. Court , rapide et précis. Du Engel en pleine forme.

Réagissez

    • Il faut

      S’il faut revenir, dans cette série, à la politique belge, ce serait pour en repartir tout aussi vite, à la lumière (?) des récentes saillies de Philippe Moureaux, l’historien qui réintroduit le Docteur ès désinformation Goebbels dans le paysage, aux pugilats du même avec Didier Reynders, dérapant en direct sur la route menant de l’Afghanistan à la Wallonie. A ce compte, Molenbeek mérite mieux que d’être l’épicentre de ce monde plein de raccourcis…

    • Il faut

      A toutes les malédictions qui frappent la Grèce oubliée des Dieux, il faut ajouter celle d’avoir vu émerger aux législatives du 6 mai un parti néo-nazi, qui a très vite donné sa pleine mesure. D’abord, les journalistes ont été contraints de se lever quand le chef de cette clique est arrivé à la conférence de presse – ceux qui ont refusé étaient exclus de la salle. Ensuite, on l’a interrogé sur la manière dont il aborderait la question de l’immigration si son parti entrait au Gouvernement. Réponse : « Je vous laisse imaginer… » C’est parfaitement clair, dans son obscurité même…

    • Il faut

      Après avoir soufflé un grand coup en direction de Paris dimanche soir, il faudra à nouveau retenir sa respiration, cette fois pour une durée indéterminée, auvu du résultat des législatives en Grèce. Les deux partis (Pasok et Nouvelle Démocratie) qui ont approuvé les ukases de la Troika ont perdu, au bénéfice de partis (de la Gauche radicale aux néo-nazis) condamnant les mesures d’austérité sur les salaires et les retraites. L’UE, comme prévu, menace de ne plus verser l’aide promise : et pourtant, dans un sens comme dans l’autre, ce n’est pas un retour à la case zéro…