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Atteindre le bonheur avec Terranova


ph291ptEnfin un disque de jazz qui fait du bien aux oreilles, présentant autre chose qu’une musique pour midinettes, pour baba-cool habitués des hit-parades, ou pour intellectuels persistant à donner des explications sur des choses ou des notes qui n’en demandent pas autant.
Le nom de ce superbe album enregistré en France est “Triple Cross”.
fruit de la rencontre de trois musiciens qui ont pris plaisir à interpréter des morceaux de leur composition, de façon spontanée et sans partition.
Pas de crainte à avoir, car improvisation ne rime pas forcément avec mouvement” free” mais avec un style rappelant celui du groupe E.S.T, ou le Trio de Brad Meldhau. Et à ce niveau, reconnaissons qu’il y a pire comme référence musicale!
Chaque membre du trio jouit d’ailleurs de la possibilité de s’exprimer tout aussi librement au sein du groupe que lors des prises de solo. Un pour tous, tous pour un. Pas de premier, pas de dernier. Rien que du jazz, et du bon jazz.
Le groupe porte le nom de TLB, soit la fusion des initiales de ces trois musiciens de la place, qui n’ont rien de débutants. Ici ça sent l’expérience, le plaisir de jouer, de prendre son pied et d’emmener l’auditeur dans le bonheur de la première à la dernière note.

TLB avec T comme Claude Terranova.Personnage haut en couleurs, touche à tout du jazz, aussi brillant dans ce registre tonique et personnel qu’il était romantique dans son album précédent” Évanescence”.Un artiste de grande classe. Pas de maniérisme, pas d’effet de manche, Rapide et efficace. Côte d’amour: dix sur dix
TLB avec L comme Christian Lété ,batteur et percussionniste polymorphe, peut-être le plus discret du trio ce qui n’enlève rien à ses qualités intrinsèques
Enfin TLB, c‘est aussi le B de Tony Bonfils ,surprenant et excellent bassiste à l’aise dans l’art de distiller le rythme de base de cette musique improvisée que dans celui de naviguer dans ses propres soli.

Triple Cross est donc un excellent album qui plaira autant  au connaisseur qu’au novice qui désire faire ses premiers pas sur la planète jazz. De l’impro libre, mais qui reste néanmoins bien régulée par le répertoire composé des partitions personnelles du trio mais aussi par ces reprises étonnantes des Beatles, de Gershwin et de Miles Davis.
Rien que du bon et du très bon.Un album hautement recommandable qui sera  probablement une des agréables surprises des sorties jazz 2009.

Réagissez

    • Il faut

      En lisant ces quelques lignes de No Exit, traduction d’un article de Philip Gourevitch dans le New Yorker du 12 décembre 2011 (chez Allia) : « L’automne dernier, il a inauguré une exposition d’art moderne. Occasion pour lui de se montrer en homme du peuple, qui apporte l’art des élites au citoyen. Or, après avoir contemplé un carré orange d’Yves Klein, il a dit : Cà, c’est plusieurs millions ». Puis il a demandé : « Léger, c’est cher ? Klein, plus que Léger ? Moins que Matisse ? » Ses remarques ont provoqué les railleries consternées de la presse », il ne faut pas être grand clerc pour savoir de qui il s’agit, et de quelle « représidentialisation » ratée on parle…  

    • Il faut

      Il aurait fallu dire un mot de l’absurde prétention de DSK à demander réparation à son accusatrice (et à hauteur d’un million de dollars) pour « perte d’emploi » et « détresse émotionnelle ». Mais les choses vraiment sérieuses s’engagent désormais dans la zone euro. Tandis que les épargnants grecs retirent leur argent des banques, l’UE s’apprête à en exclure le pays (on appelle cela le « Greexit »), exactement comme si un quidam se voyait signifier sur l’écran d’un distributeur que son crédit est épuisé et que la machine va avaler sa carte. Preuve définitive que les mesures d’austérité pour les seuls bas revenus ne fonctionnent pas…

    • Il faut

      S’il faut revenir, dans cette série, à la politique belge, ce serait pour en repartir tout aussi vite, à la lumière (?) des récentes saillies de Philippe Moureaux, l’historien qui réintroduit le Docteur ès désinformation Goebbels dans le paysage, aux pugilats du même avec Didier Reynders, dérapant en direct sur la route menant de l’Afghanistan à la Wallonie. A ce compte, Molenbeek mérite mieux que d’être l’épicentre de ce monde plein de raccourcis…