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Au coeur des ténèbres


Jours de tremblement, François Emmanuel, Paris : Seuil, 2010. 180 p. 16 €

Il y a du Joseph Conrad dans le dernier roman de François Emmanuel, un Conrad qui plongerait dans les ténèbres africains de ce début de XXIe siècle, et non plus aux heures enténébrées de la colonisation. Les Européens pris en otages sur un yacht de plaisance, dans un pays en plein coup d’État, découvrent l’Afrique telle qu’ils ne pensaient pas la visiter – celle des querelles de pouvoir, des guerres fratricides, des relations complexes et parfois sordides avec les anciennes puissances coloniales. L’occasion pour ces passagers de se découvrir eux aussi, tels qu’ils ne se soupçonnaient pas. Le tout servi par une écriture ondoyante et sinueuse comme ce fleuve énorme – un lien de plus avec Conrad – qui s’offre autant en voie de communication qu’en métaphore l’Afrique et du cheminement intérieur du narrateur et de ses compagnons d’infortune.
À l’image de notre monde, les Blancs s’en sortiront plutôt bien, tandis que les Noirs resteront noyés, entre révolution et corruption…

Réagissez

    • Il faut

      En lisant ces quelques lignes de No Exit, traduction d’un article de Philip Gourevitch dans le New Yorker du 12 décembre 2011 (chez Allia) : « L’automne dernier, il a inauguré une exposition d’art moderne. Occasion pour lui de se montrer en homme du peuple, qui apporte l’art des élites au citoyen. Or, après avoir contemplé un carré orange d’Yves Klein, il a dit : Cà, c’est plusieurs millions ». Puis il a demandé : « Léger, c’est cher ? Klein, plus que Léger ? Moins que Matisse ? » Ses remarques ont provoqué les railleries consternées de la presse », il ne faut pas être grand clerc pour savoir de qui il s’agit, et de quelle « représidentialisation » ratée on parle…  

    • Il faut

      Il aurait fallu dire un mot de l’absurde prétention de DSK à demander réparation à son accusatrice (et à hauteur d’un million de dollars) pour « perte d’emploi » et « détresse émotionnelle ». Mais les choses vraiment sérieuses s’engagent désormais dans la zone euro. Tandis que les épargnants grecs retirent leur argent des banques, l’UE s’apprête à en exclure le pays (on appelle cela le « Greexit »), exactement comme si un quidam se voyait signifier sur l’écran d’un distributeur que son crédit est épuisé et que la machine va avaler sa carte. Preuve définitive que les mesures d’austérité pour les seuls bas revenus ne fonctionnent pas…

    • Il faut

      S’il faut revenir, dans cette série, à la politique belge, ce serait pour en repartir tout aussi vite, à la lumière (?) des récentes saillies de Philippe Moureaux, l’historien qui réintroduit le Docteur ès désinformation Goebbels dans le paysage, aux pugilats du même avec Didier Reynders, dérapant en direct sur la route menant de l’Afghanistan à la Wallonie. A ce compte, Molenbeek mérite mieux que d’être l’épicentre de ce monde plein de raccourcis…