Facebook

Au-delà des clichés


Albert Camus, solitaire et solidaire, Catherine Camus, Paris : Michel Lafon, 2010. 205 p. 40 €

Difficile d’imaginer ce que Camus aurait pensé des commémorations qui fleurissent aujourd’hui, cinquante ans après sa disparition prématurée et tragique. Ce qui est sûr, c’est qu’il aurait trouvé la question… absurde. Seule comptait pour lui la vie, la lutte et le bonheur qu’elle offrait. Ce qui est également sûr, c’est qu’il aura fallu cinquante ans pour que l’on commence à se débarrasser de la chape d’incompréhension, pour ne pas dire de bêtise intégrale, qu’auront fait peser sur cette œuvre exceptionnelle l’idéologie et l’appareil sociologique et intellectuel dictatorial mis en place par Jean-Paul Sartre, à travers Les temps modernes.
Le livre organisé par sa fille Catherine n’évite pas les clichés, et pour cause : la part des photographies, connues ou privées, y est majeure. Ainsi, le sous-titre, “Solitaire et solidaire”, est un des plus convenus et des plus souvent lus à propos de Camus. Cela dit, pourquoi se priver de dire des vérités sous prétexte qu’on les a déjà entendues ? Et au-delà, le livre propose un parcours sensible et juste à travers la vie de cet homme, venu du milieu le plus populaire pour prendre sa place au soleil de l’intelligentsia parisienne – laquelle, peut-être, ne lui aura peut-être pas pardonné de n’être pas bourgeois, dans ce milieu où il fallait en être un pour cracher sur la bourgeoisie.
Un très beau livre donc, soigné, précis, parfaitement documenté, qui ne se contente pas de collectionner les images, mais présente une synthèse digeste de l’évolution de la pensée et de l’œuvre de celui que je considère (et je ne suis pas le seul) comme le plus grand écrivain français du XXe siècle.

Mots-clefs :

Réagissez

    • Il faut

      En lisant ces quelques lignes de No Exit, traduction d’un article de Philip Gourevitch dans le New Yorker du 12 décembre 2011 (chez Allia) : « L’automne dernier, il a inauguré une exposition d’art moderne. Occasion pour lui de se montrer en homme du peuple, qui apporte l’art des élites au citoyen. Or, après avoir contemplé un carré orange d’Yves Klein, il a dit : Cà, c’est plusieurs millions ». Puis il a demandé : « Léger, c’est cher ? Klein, plus que Léger ? Moins que Matisse ? » Ses remarques ont provoqué les railleries consternées de la presse », il ne faut pas être grand clerc pour savoir de qui il s’agit, et de quelle « représidentialisation » ratée on parle…  

    • Il faut

      Il aurait fallu dire un mot de l’absurde prétention de DSK à demander réparation à son accusatrice (et à hauteur d’un million de dollars) pour « perte d’emploi » et « détresse émotionnelle ». Mais les choses vraiment sérieuses s’engagent désormais dans la zone euro. Tandis que les épargnants grecs retirent leur argent des banques, l’UE s’apprête à en exclure le pays (on appelle cela le « Greexit »), exactement comme si un quidam se voyait signifier sur l’écran d’un distributeur que son crédit est épuisé et que la machine va avaler sa carte. Preuve définitive que les mesures d’austérité pour les seuls bas revenus ne fonctionnent pas…

    • Il faut

      S’il faut revenir, dans cette série, à la politique belge, ce serait pour en repartir tout aussi vite, à la lumière (?) des récentes saillies de Philippe Moureaux, l’historien qui réintroduit le Docteur ès désinformation Goebbels dans le paysage, aux pugilats du même avec Didier Reynders, dérapant en direct sur la route menant de l’Afghanistan à la Wallonie. A ce compte, Molenbeek mérite mieux que d’être l’épicentre de ce monde plein de raccourcis…