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Au quartier de Monsieur Tavares


Qu’est-ce qu’O Bairro? Un quartier. Mais attention, pas celui d’une ville ou d’une quelconque localité. Il n’a rien de physique. Le Bairro est un quartier purement littéraire imaginé par l’écrivain portugais (né en 1970), Gonçalo M. Tavares. «Un lieu où l’on tente de résister à l’entrée de la barbarie.» Bien. Mais qui l’habite? Des individus qui ont pour patronyme Valéry, Kraus, Calvino, Walser, Brecht, Breton ou Sallinger. Qui possèdent donc des accointances avec des personnages dont nous avons entendu parler. Sans leur prénom. On les appelle tout simplement «Monsieur».

Fantastique entreprise que celle menée depuis 2002 par ce Tavares (prolifique auteur d’une trentaine de livres appartenant à différents domaines): créer un quartier fictionnel dont les occupants sont des projections littéraires d’écrivains internationaux bien réels. Ce monde a d’ailleurs donné lieu à des pièces de théâtre, des objets d’art, des opéras et même à un projet architectural mené par plusieurs centaines d’étudiants de l’université de Lisbonne.

C’est l’éditrice Viviane Hamy qui permet au lecteur francophone de pénétrer dans cet univers bien étrange. Après Monsieur Valéry et la logique, viennent ainsi de paraître Monsieur Calvino et la promenade et Monsieur Kraus et la politique, deux livres aussi différents que réjouissants. Le premier met en scène, en une suite de scènes extraites du quotidien, un rêveur philosophe. Si, pendant une semaine, Monsieur Calvino emporte avec lui un ballon bien gonflé, sans jamais le lâcher ou le perdre de vue, c’est pour lui permettre «d’aiguiser son regard sur les choses du monde». Cultivant une compétence tant physique que métaphysique, il parcourt, chaque samedi matin, le quartier avec une barre métallique qu’à l’aller il tient de la main droite en veillant à ce qu’elle reste perpendiculaire au sol et qu’au retour, il laisse négligemment se balancer au bout de son bras gauche. Il prouve ainsi qu’un individu «est capable de placer sa main au centre des choses». Sous ses dehors fantasques, Monsieur Calvino est un intellectuel.

Journaliste politique chargé de couvrir une campagne électorale et ses suites, Monsieur Kraus publie des chroniques de revigorante causticité autour du Chef, un dirigeant politique particulièrement imbécile et imbu de sa personne uniquement identifié par sa fonction. Défait, lorsqu’il est remplacé par un autre Chef, les choses reprennent (quasiment) comme avant. Ce Chef, donc, qui déteste toutes les disciplines, ne faisant confiance qu’à l’Instinct et se mouchant avec la carte de son pays dont il ne connaît rien, est entouré de deux assesseurs chargé tant de le conseiller que de le flatter. En lui cherchant, par exemple, quelque chose à inaugurer parce que les sondages sont mauvais. Le nouveau Chef, ou l’ancien revenu, on s’y perd tant ils se ressemblent, lance le concept de «démolition constructive» (on abat d’un côté, on construit de l’autre) tout en voulant inventer une loi «qui ne lèse personne».

Ce subtil pamphlet s’avère tout à fait fidèle à l’esprit de l’auteur des Derniers jours de l’humanité, de même que la fable «calviniste» l’était à celui du Baron perché.

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    • Olé…
      juil 29 2010

      Le parlement catalan interdit la corrida. Les gens du voyage sont interdit de séjour dans la cité humaniste de Dour. Le PDG de BP semble ne pas s’en sortir si mal, mieux que Schouppe. Les chroniques de Paul Hermant seront bientôt un souvenir. Tout cela ne fait pas un billet totalement joyeux.

    • Il faut
      juil 27 2010

      trancher. Monsanto a fait don de 475 tonnes de semences hybrides à Haïti. Les paysans locaux l’accusent de profiter du délabrement du pays suite au tremblement de terre de janvier. Bizarrement, ces semences ne seraient utilisables qu’un an – largement assez pour contaminer les autres cultures. En plus, le siège de Monsanto est sur le site de Creve Cœur, dans le Missouri.

    • Mon oncle, un fameux bricoleur, faisait en amateur des bombes atomiques
      juil 22 2010

      L’AIEA confirme la sécurité de l’approvisionnement en uranium à long terme. Les Nigériens sont heureux d’apprendre qu’Areva leur fera encore longtemps l’honneur de sa présence. Les générations futures sont, elles aussi, très heureuses de ces nouveaux cadeaux. L’association des amateurs de bombes sales l’est tout autant.
      http://www.nea.fr/press/2010/2010-03-FR.html