À propos de toupet et de larmes séchées

Les morts de Buizingen n’étaient pas encore complètement comptés et voici que le pilier de notre VRT nationale exige durant le journal de 8 heures, de manière aggressive et non nuancée, que Inge Vervotte donne les noms des responsables. Comment est-ce possible qu’un journalisme de basse investigation puisse avoir sa chance sur la VRT ? Inge Vervotte, malgré sa colère devant un tel manque de respect et de savoir-vivre, se comporta comme une grande dame. Elle continua à le faire dans toutes les émissions suivantes où les vedettes de Canvas fulminaient encore.  Au diable De Vilder et compagnie, chapeau, petite Inge. Une nouvelle preuve que les gens de petite taille peuvent être grands. (Lire la suite…)

Brussel-Bruxelles

Une école d’Anderlecht ferme temporairement ses portes en raison d’une trop grande dangerosité pour les élèves. Sur le chemin de l’école, ils sont régulièrement et vivement importunés, volés et parfois même frappés. On se révolterait à moins.

Echange de coups de feu lors d’un braquage ; un peu plus tard, un policier est blessé lors d’une arrestation à Laeken. Voici les ingrédients pour un petit tour bruxellois de la castagne.

« Aux armes ! », appellent les journaux flamands. Le Standaard écrit en lettres majuscules sur sa une du 27 janvier : « TOLERANCE ZERO ». Un fait divers, grave certes, mais un fait divers dans une grande ville, déclare le bourgmestre PS de Bruxelles, M. Thielemans. Philippe Moureaux (PS), bourgmestre de Molenbeek, croit y voir à nouveau des flamingants qui n’aiment pas Bruxelles et qui utilisent toutes les occasions pour en faire une caricature. Tout va très bien, madame la marquise, tout va très bien.

Le silence. On réfléchit, ma foi, maintenant que la fumée des premiers coups de canon s’est dissipée. Le gouvernement fédéral de coopération se hâte pour passer la patate chaude. L’Intérieur regarde vers la Justice. La Justice déclare, par la bouche d’un magistrat bruxellois, que la tolérance zéro est tout bonnement impossible en raison du manque de moyens. Bruxelles doit résoudre ses propres problèmes, entend-on ça et là. Trop peu d’argent et trop peu de policiers. Trop de gaspillage, trop de tolérance et de belles paroles entend-on d’autre part. La cacophonie n’est pas inhabituelle dans une ville morcellée et multilingue qui se compare trop volontiers avec de véritables grandes villes.

Il y a quand même quelque chose de changé. Les Bruxellois qui s’étaient tus jusqu’à présent semblent aussi avoir une opinion. Plus même, il semble qu’il ne soit pas question d’une différence entre Flamands et Francophones.  Ouf ! Ce n’est pas un problème communautaire. Le journaliste progressiste Claude Demelenne et la rédactrice Véronique Lamquin, du Soir, écrivent le  4 février dans le Standaard un billet d’opinion au titre éloquent : « Amis flamands, les Francophones pensent comme vous » : Les Flamands disent tout haut ce que les Francophones pensent tout bas. Nous aussi, nous constatons les faits : émeutes violentes à Molenbeek et Anderlecht, policiers blessés et attaqués, les autorités défiées, des habitants de certains immeubles assiégés… Il n’y a pas de solution miracle : le calme ne reviendra pas tant que les personnes “politiquement correctes” de gauche refuseront de voir la réalité.

Quelque chose doit changer dans l’esprit des Bruxellois francophones, expliquent-ils en dix points. J’en cite un en exemple, pour montrer l’évolution des mentalités : Il faut oser les nommer. Pourquoi se taire davantage ? Presque tous les jeunes fauteurs de troubles sont d’origine arabo-musulmane. Ils sont une minorité, mais extrêmement agressifs. Nouvelle donne : de plus en plus de parents de ces jeunes prennent parti pour les délinquants.

L’article se termine par : La sécurité à Bruxelles est trop importante pour la laisser aux mains des Francophones de gauche; nous avons besoin de vous, pour que Bruxelles ne devienne pas le Far-West.

François Xavier De Donnea en a encore rajouté une couche dans le programme de la VRT  « De Zevende dag », le dimanche 7 fevrier : les Flamands ont raison, il faut aussi s’occuper de la structure. Une zone de police unique. Mais, par contre, un bourgmestre unique est pour lui encore un pas de trop. L’eau est profonde et ramener les 975 fonctions politiques à Bruxelles à 250, comme certains le suggèrent, ne semble pas encore pour demain. Tenons à l’oeil la réalité et les causes à l’arrière plan, dit-il: J’ai déjà proposé il y a dix ans d’envoyer dans un internat les enfants qui traînent en rue et ne vont pas à l’école et dont les parents ne s’occupent pas. Sans quoi ils n’ont aucune chance.

Si les gens le savent, si toujours plus de politiciens le savent, si les medias exercent leur fonction de contrôle comme il convient et continuent à dénoncer les faits divers, qui ou qu’est-ce qui peut empêcher Brussel–Bruxelles de mettre de l’ordre dans ses affaires ?

Les Caliméro flamands et la stratégie walonne de Bart Maddens

Sous le titre « Bye Bye BHV », (De Standaard) Alain Gerlache, journaliste à la RTBF, écrit dan sa rubrique que BHV doit être scindé. Il ne précise pas le prix la Flandre doit payer ; Il écrit cependant : Les Flamands devraient enfin rompre avec le passé et reconnaître que les Wallons et les Bruxellois de 2010 ne sont pas responsables de la tentative de la classe gouvernante du 19ème siècle de faire de la Belgique un pays unilingue francophone.

Je ne pense pas que ce soit le problème. Les Flamands ne perdent pas le sommeil en raison de ce qui a été fait à leurs lointains ancêtres, pour la simple raison que la grande majorité ne le sait même pas. Les leçons d’histoire se taisent à ce propos, tout comme elles le font pour les pratiques humainement humiliantes au Congo belge. (Lire la suite…)

Belgique, LE pays de la deuxième chance

Lorsque Béatrice Delvaux, rédactrice en chef du Soir, écrivait que la communauté française ne voyait pas d’un bon œil Yves Leterme succéder à Herman Van Rompuy, une réaction se fit jour immédiatement en Flandre : une deuxième chance.

Et il n’a pas fallu longtemps pour que la Wallonie semble lui accorder une deuxième chance. Les Francophones auraient-ils ajusté leur opinion, ou Leterme a-t-il fait volte-face et renié tout ce qu’il préconisait ? Maintenant que la Wallonie ouvre ses bras en hésitant, en Flandre, les bras se sont croisés. Même avant que Dehaene ne chante trois fois, Leterme a renié ses engagements antérieurs. C’est quand même dommage qu’il ne puisse pas – et avec lui tout le CD&V – faire du bien aux deux en même temps. (Lire la suite…)

Analyse de l’analyse : le lecteur reste en rade

Chers lecteurs francophones,

Je ne  sais pas combien de journaux et périodiques différents vous devez lire pour être sûrs d’être bien informés sur l’actualité, mais en Flandre un journal ou un périodique ne suffit plus. Lisons ensemble :

Le résultat de l’enquête post-électorale, réalisée par Mail Panel/Jury TNS/Dimarso entre le 13 et le 31 juillet 2009, donc après les élections flamandes, est assez surprenant et est sujet, en fonction des  sphères d’incidence, à des interprétations contradictoires. (Lire la suite…)

Dans la tiédeur de l’année qui s’écoule

Dans ce dernier numéro d’« un autre regard », je veux vous souhaiter à tous

DES FÊTES DE FIN D’ANNÉE ANIMÉES

Profiter d’ « être ensemble » avec la famille et les amis près des petites lampes clignotantes d’un sapin et peut-être avec une crèche traditionnelle chauffée par la petite flamme vacillante d’une bougie. (Lire la suite…)

Sur la censure

Mgr LéonardLe 9 décembre, De Standaard a publié un article d’opinion écrit par Nicolas Sarkozy, président français, et publié antérieurement dans Le Monde. Le titre original était : « Respecter ceux qui arrivent, respecter ceux qui accueillent ». Dans le Standaard, le titre est devenu «  Changer pour rester nous-mêmes », ce qui est quand même totalement différent et ne correspond pas au contenu de l’article. On aurait pu par exemple y accoler un titre clair et plus correct : « Respect réciproque ».

En bas de page, on peut lire : « Cet article d’opinion a été préalablement publié dans Le Monde ». Cela donne l’impression que l’article a été repris in extenso, d’autant plus qu’il n’est fait mention nulle part de citations ou extraits. Erreur. (Lire la suite…)

À quand l’interdiction légale de la peur ?

linterdiction-laffiche-anti-minarets-escamote-L-1Scandale unanime : les minarets sont désormais interdits par la constitution en Suisse.
Essayons de prendre du recul et de jeter « un autre regard » sur ce raté d’informations.
Les journaux ne pouvaient rien faire d’autre que de relater cette information étonnante, d’origine suisse. À lire le peu d’avis nuancés sur cet étonnant résultat d’un processus de démocratie directe, il apparaît à l’évidence que la presse a été surprise. Pour plus de nuances, il nous faut dépasser les tabous et regarder au-delà des frontières. Faisons d’abord un tour d’horizon des réactions : (Lire la suite…)

Plus de contenu, moins de BVtude*

Il n’y a pas si longtemps, « un autre regard » plaidait pour un emploi approprié des titres et références dans la présentation des éditorialistes et des chroniqueurs du Standaard.

Puisque personne de la rédaction ne lit « un autre regard », c’est par un pur hasard que, peu après, on a opté pour une autre présentation des éditorialistes ; Qui, Quoi ? Pourquoi ? – au lieu des titres ronflants qui parfois n’apportaient rien. Qui sait si cet appel-ci – tout aussi peu lu et tout à fait fortuit – ne nous fera pas regarder encore une fois dans le miroir. (Lire la suite…)