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Bastien Vivès, si jeune et déjà grand


Bastien Vivès, qui aura 26 ans dans quelques jours, crée des bandes dessinées qui ne ressemblent pas aux autres. «Crée», c’est vraiment le mot tant il fait preuve d’inventivité, comme le prouvent les deux albums publiés à quelques mois d’intervalles, Dans mes yeux et Amitiéétroite» (en un seul mot), ses quatre et cinquième dans la collection «djeun» de Casterman, KSTR, après notamment Le Goût du chlore qui l’a véritablement révélé en 2008.

Dans mes yeux est un album exceptionnel, au sens propre du terme, qui fait réellement exception. Et pourtant, l’histoire est bête comme chou: un jeune homme rencontre une jeune fille qui prépare son partiel dans une bibliothèque et en tombe amoureux. Ils mangent dans un snack (chinois), vont chez des copains à elle, il l’attend à la sortie du lycée, ils vont au cinéma voir un film noir et blanc (où ils s’embrassent), il va chez elle (et détaille son appartement), ils vont à une boum, au zoo, dans un autre restaurant (plus chic) et finissent par faire l’amour (même si elle n’est pas très sûre de vouloir). Que du classique, quoi, pas de quoi en faire tout en fromage. Et justement, oui, car l’histoire, dessinée au pastel semble-t-il, est vue exclusivement par les yeux du garçon, qu’on n’aperçoit donc jamais. Quand ils s’embrassent, par exemple, on voit sa bouche à elle approcher et plus c’est le noir. Vivès joue sur des couleurs tranchées et une mise en page formée de cases aux contours flous bien séparées les unes des autres, ce qui renforce le caractère singulier de cet album très réussi et captivant.

C’est une histoire d’amitié que raconte son album le plus récent, Amitiéétroite. L’amitié entre un garçon et une fille d’une vingtaine d’années qui se confient tout, leurs secrets, leurs chagrins, leurs amours. Sans que jamais il soit question d’amour entre eux, un amour charnel s’entend. Le point de vue est celui de Francesca pour qui Bruno compte plus que tout, même que son nouveau «mec» ou ses copines. Le récit est entrecoupé de scènes au dessin imprécis, à l’instar des souvenirs, mise en image des deux héros au moment de leur enfance et de leur scolarité qui a construit cette complicité indéfectible. Un très bel album, très juste dans la description des sentiments et parfaitement en phase avec la jeunesse d’aujourd’hui.

Réagissez

    • Il faut

      Si Marine Le Pen ne réunit pas les 500 signatures nécessaires à sa candidature à la Présidentielle, tant mieux ! En 2002, Chirac avait donné des instructions pour que le père les obtienne et puisse concourir : on a vu les conséquences le 21 avril. Il faut récuser l’argument selon lequel « je suis contre vos idées, mais je me battrai jusqu’au bout pour que vous puissiez les défendre » : car eux, ne demandent qu’à se débarrasser de nous…

    • Il faut

      Rien ne dit que le sémillant Wade, qui brigue un troisième mandat présidentiel alors que la Constitution du pays ne l’autorise à en accomplir que deux, ne postulera pas, le moment venu, pour un quatrième. Il ne faut pas décourager les vocations, fût-ce à 85 ans (déclarés) comme lui ; d’ailleurs, il y a trop de jeunes au Sénégal…

    • Est-il politiquement correct de se dire que

      des gens à la rue par ce froid n’est pas acceptable. Maggie ne joue pas les enchanteresses. Peter refuse que les bus de l’armée servent aux transports, concurrence avec de Lijn oblige. Et les bien-pensants estiment que « les bobos gauchos » … doivent prendre « en charge, chez eux et à leurs frais, quelques réfugiés économiques ». Triste pays, tristes sires. Personnellement, je préférerais que mes impôts leur servent à quelque chose, plutôt qu’à financer les intérêts notionnels et particuliers de certaines entreprises.