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Being There by Tord Gustavsen


Certaines musiques sont comme ces chocolats ordinaires,uniquement créés pour être avalés rapidement, sans réfléchir, des chocolats qui n’ont finalement d’autre prétention que de procurer satisfaction et plaisir immédiats. Et en soi, c’est déjà magnifique si ce but est atteint.

Mais il en existe d’autres plus subtils, plus raffinés, conçus pour être d’abord regardés, désirés, gourmandises suaves devant lesquelles on hésite avant de les mordiller et les sucer pour se laisser envahir doucement par l’extase, moment de plaisir intense et rare, qui grave dans la mémoire un souvenir indélébile de sensualité.

L’album “ Being there” du pianiste norvégien Tord Gustavsen est, sans conteste, à verser dans cette seconde catégorie de pure sensualité. On y découvre un piano, une basse et une batterie pour des compositions personnelles, pures et aériennes, enivrantes comme leparfum d’une femme inconnue, reposantes comme une tasse de thé au soleil.

« Being there », c’est une présence rare, un jeu éthéré et une interprétation délicate de douces ballades, une caresse magique et légère des touches du clavier, c’est un album exceptionnel, un album de tous les instants, qu’on soit branché jazz ou pas…car il est impossible de ne pas succomber au charme de ce brillant pianiste et de son trio.

« Being there », c’est enfin une invitation au voyage, à la confidence, à la douceur sans jamais tomber dans la zen attitude, ni dans le soporifique, tout maniérisme étant par ailleurs soigneusement évité. Bref, un excellentissime enregistrement, hors classe.

A savourer, à aimer, à laisser fondre doucettement en bouche, et à garder près de soi pour les grands moments de la vie.

Réagissez

    • Il faut

      En lisant ces quelques lignes de No Exit, traduction d’un article de Philip Gourevitch dans le New Yorker du 12 décembre 2011 (chez Allia) : « L’automne dernier, il a inauguré une exposition d’art moderne. Occasion pour lui de se montrer en homme du peuple, qui apporte l’art des élites au citoyen. Or, après avoir contemplé un carré orange d’Yves Klein, il a dit : Cà, c’est plusieurs millions ». Puis il a demandé : « Léger, c’est cher ? Klein, plus que Léger ? Moins que Matisse ? » Ses remarques ont provoqué les railleries consternées de la presse », il ne faut pas être grand clerc pour savoir de qui il s’agit, et de quelle « représidentialisation » ratée on parle…  

    • Il faut

      Il aurait fallu dire un mot de l’absurde prétention de DSK à demander réparation à son accusatrice (et à hauteur d’un million de dollars) pour « perte d’emploi » et « détresse émotionnelle ». Mais les choses vraiment sérieuses s’engagent désormais dans la zone euro. Tandis que les épargnants grecs retirent leur argent des banques, l’UE s’apprête à en exclure le pays (on appelle cela le « Greexit »), exactement comme si un quidam se voyait signifier sur l’écran d’un distributeur que son crédit est épuisé et que la machine va avaler sa carte. Preuve définitive que les mesures d’austérité pour les seuls bas revenus ne fonctionnent pas…

    • Il faut

      S’il faut revenir, dans cette série, à la politique belge, ce serait pour en repartir tout aussi vite, à la lumière (?) des récentes saillies de Philippe Moureaux, l’historien qui réintroduit le Docteur ès désinformation Goebbels dans le paysage, aux pugilats du même avec Didier Reynders, dérapant en direct sur la route menant de l’Afghanistan à la Wallonie. A ce compte, Molenbeek mérite mieux que d’être l’épicentre de ce monde plein de raccourcis…