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Berlusconi, encore une fois…


« Berlusconi, l’ha fatta, ancora  una volta ! » Comme on dit en Italie, « Berlusconi l’a fait, encore une fois ! ». Une fois encore, en effet, Silvio Berlusconi a réussi à  transformer un scrutin – régional pour le coup, en un referendum sur sa personne. Et cela a marché, malgré les affaires, les scandales, les mauvais sondages et une forte abstention. Le premier ministre avait abordé ces élections affaibli, il en sort renforcé puisque sa coalition remporte 6 régions dont quatre prises à la gauche. Il faut cependant nuancer cette victoire inattendue. D’abord parce le Parti de la Liberté perd des voix  par rapport aux scrutins précédents et surtout parce que l’axe de sa majorité s’est déplacé. Car le grand vainqueur est bien La Ligue du Nord, le parti populiste et xénophobe de Umberto Bossi. La ligue triomphe dans ses fiefs de Vénétie et de Lombardie mais elle emporte aussi le Piémont. La Padanie, ce territoire virtuel et inventé de toutes pièces prend des allures de réalité.  Bossi peut s’exclamer  sans être démenti que  désormais dans le Nord « les ouvriers ne votent plus à gauche ». De plus, la Ligue étend son territoire faisant des scores appréciables jusqu’en  Emilie Romagne et en Toscane, ces anciennes places fortes de la culture communiste. Face à un Berlusconi toujours leader mais déclinant, Bossi devient l’homme fort de la coalition à qui il ne manquera pas d’en faire payer le prix. La gauche, elle, minimise sa défaite. Il est vrai qu’elle conserve le contrôle de 7 régions sur les 13 qui étaient en jeu et qu’en voix elle talonne le Parti de la Liberté. Mais le centre-gauche, le Parti Démocrate n’est apparu ni comme une formation  capable de recueillir la forte opposition à Berlusconi, ni  comme alternative crédible à celui-ci. Et elle a perdu des bataillons d’électeurs au profit du mouvement antipolitique de Beppe Grillo, un comique bouffon incarnant en quelque sorte le miroir inversé du berlusconisme qui réussit jusqu’à forger des opposants à son image. L’hégémonie culturelle et politique reste plus que jamais  marquée à droite. Et si Berlusconi doit désormais  la partager avec Bossi, ce n’est pas plus rassurant pour la démocratie italienne.

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Réagissez

    • Il faut

      En lisant ces quelques lignes de No Exit, traduction d’un article de Philip Gourevitch dans le New Yorker du 12 décembre 2011 (chez Allia) : « L’automne dernier, il a inauguré une exposition d’art moderne. Occasion pour lui de se montrer en homme du peuple, qui apporte l’art des élites au citoyen. Or, après avoir contemplé un carré orange d’Yves Klein, il a dit : Cà, c’est plusieurs millions ». Puis il a demandé : « Léger, c’est cher ? Klein, plus que Léger ? Moins que Matisse ? » Ses remarques ont provoqué les railleries consternées de la presse », il ne faut pas être grand clerc pour savoir de qui il s’agit, et de quelle « représidentialisation » ratée on parle…  

    • Il faut

      Il aurait fallu dire un mot de l’absurde prétention de DSK à demander réparation à son accusatrice (et à hauteur d’un million de dollars) pour « perte d’emploi » et « détresse émotionnelle ». Mais les choses vraiment sérieuses s’engagent désormais dans la zone euro. Tandis que les épargnants grecs retirent leur argent des banques, l’UE s’apprête à en exclure le pays (on appelle cela le « Greexit »), exactement comme si un quidam se voyait signifier sur l’écran d’un distributeur que son crédit est épuisé et que la machine va avaler sa carte. Preuve définitive que les mesures d’austérité pour les seuls bas revenus ne fonctionnent pas…

    • Il faut

      S’il faut revenir, dans cette série, à la politique belge, ce serait pour en repartir tout aussi vite, à la lumière (?) des récentes saillies de Philippe Moureaux, l’historien qui réintroduit le Docteur ès désinformation Goebbels dans le paysage, aux pugilats du même avec Didier Reynders, dérapant en direct sur la route menant de l’Afghanistan à la Wallonie. A ce compte, Molenbeek mérite mieux que d’être l’épicentre de ce monde plein de raccourcis…