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Berlusconi et la violence


Clipboard 14« Pourquoi me haïssent-ils tant ? » a demandé Silvio Berlusconi à son confesseur qui était à son chevet après l’agression dont il a été victime à Milan dimanche dernier. On imagine la scène et on se demande si Don Verze, le confesseur en question, est le même qui l’a régulièrement absout de ses frasques privés et publics. En tous cas, si l’oreille ne pouvait être que complaisante, on ne sait pas ce que le prêtre a répondu au président du conseil. L’entourage de Berlusconi et les médias qu’ils contrôlent ont, eux, fourni l’explication : la violence d’un déséquilibré solitaire s’explique par le climat de haine qu’attiserait l’opposition. Rosy Bindi, la présidente du Parti Démocrate, a répondu en souhaitant que « le premier ministre ne joue pas la victime, lui qui est un des artisans de la violence », s’attirant ainsi les foudres de la majorité mais aussi d’une partie de l’opposition qui, au-delà de la condamnation évidente de la violence, ne sait trop comment agir ou réagir vis-à-vis de Berlusconi. Comme d’habitude, a-t-on envie d’ajouter. Un double facteur peut expliquer, par ailleurs, l’indéniable climat de tension politique qui règne aujourd’hui en Italie. Depuis toujours Berlusconi a personnalisé la politique à l’extrême, transformant chaque épreuve électorale en un référendum pour ou contre lui. D’autre part, les agressions verbales du premier ministre à l’encontre de ses adversaires sont légion. L’opposition de centre-gauche, ou du centre, les journaux indépendants qui posent des questions gênantes, les magistrats régulièrement taxés de communistes, la Cour Constitutionnelle qualifiée de « gauchiste », jusqu’au président de la république, bref tous ceux qui ont manifesté des réserves ou des critiques vis-à-vis de Berlusconi ou ont tout simplement rappelé les prescrits de la loi, tous sont la cible du président du conseil. En fait, Berlusconi ne supporte pas les contre-pouvoirs. Toute contestation est considérée par lui comme un outrage à sa popularité, par ailleurs bien réelle. Voilà aussi une violence faite ici à la démocratie. Au moment où il traversait une passe difficile sur le plan des affaires publiques et privées, politiques et judiciaires, le statut de victime parachève l’étonnante hégémonie culturelle d’un homme qui a fait de la télévision la continuation de la politique par d’autres moyens.

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Réagissez

    • Il faut

      En lisant ces quelques lignes de No Exit, traduction d’un article de Philip Gourevitch dans le New Yorker du 12 décembre 2011 (chez Allia) : « L’automne dernier, il a inauguré une exposition d’art moderne. Occasion pour lui de se montrer en homme du peuple, qui apporte l’art des élites au citoyen. Or, après avoir contemplé un carré orange d’Yves Klein, il a dit : Cà, c’est plusieurs millions ». Puis il a demandé : « Léger, c’est cher ? Klein, plus que Léger ? Moins que Matisse ? » Ses remarques ont provoqué les railleries consternées de la presse », il ne faut pas être grand clerc pour savoir de qui il s’agit, et de quelle « représidentialisation » ratée on parle…  

    • Il faut

      Il aurait fallu dire un mot de l’absurde prétention de DSK à demander réparation à son accusatrice (et à hauteur d’un million de dollars) pour « perte d’emploi » et « détresse émotionnelle ». Mais les choses vraiment sérieuses s’engagent désormais dans la zone euro. Tandis que les épargnants grecs retirent leur argent des banques, l’UE s’apprête à en exclure le pays (on appelle cela le « Greexit »), exactement comme si un quidam se voyait signifier sur l’écran d’un distributeur que son crédit est épuisé et que la machine va avaler sa carte. Preuve définitive que les mesures d’austérité pour les seuls bas revenus ne fonctionnent pas…

    • Il faut

      S’il faut revenir, dans cette série, à la politique belge, ce serait pour en repartir tout aussi vite, à la lumière (?) des récentes saillies de Philippe Moureaux, l’historien qui réintroduit le Docteur ès désinformation Goebbels dans le paysage, aux pugilats du même avec Didier Reynders, dérapant en direct sur la route menant de l’Afghanistan à la Wallonie. A ce compte, Molenbeek mérite mieux que d’être l’épicentre de ce monde plein de raccourcis…