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Berlusconi : le corps craquelé du Roi


Mardi prochain, le sort du berlusconisme sera en jeu. Ce jour-là on votera au parlement italien sur deux motions de censure présentées par l’opposition : l’une par le centre-gauche du Parti Démocratique, l’autre par la droite et le centre droite regroupés autour de Gianfranco Fini, l’ancien allié de Berlusconi dont la rupture avec ce dernier a précipité la crise actuelle. Arithmétiquement le gouvernement du Cavaliere  peut être renversé. Politiquement la chose et plus complexe en raison des manœuvres de dernière minute et le rôle de francs-tireurs que pourrait encore circonvenir le premier ministre, spécialiste en la matière.  Si le gouvernement est mis en échec, plusieurs hypothèses se présenteront : gouvernement minoritaire avec ou sans Berlusconi, équipe technique de transition, majorité alternative regroupant toute l’opposition (c’est la plus improbable), ou élections anticipées mais qui n’enthousiasment personne  en dehors de la Ligue du Nord, forte de sa progression constante. Et l’issue d’un tel scrutin serait des plus incertains car même s’il est en crise profonde le berlusconisme n’a peut-être pas dit son dernier mot, tant il a imprégné la société italienne depuis près de 20 ans. D’autant  que face à un centre de gauche en panne de leader et de projets et une droite légaliste encore en formation, il n’a pas en face de lui une alternative crédible. Cela dit, le 14 décembre, au parlement italien, on assistera de toute manière à un tournant qui marquera la fin d’une suprématie absolue de l’anomalie démocratique que représente Berlusconi et ses conflits d’intérêts. Le berlusconisme en sortira de toute manière affaibli. Il est déjà en crise dans une société dont il a pourtant parfaitement interprété les changements des décennies 80 et 90.  Même si l’entrée en politique de Berlusconi répondait d’abord à la nécessité d’une protection juridique personnelle face aux affaires, il a su à la fois remplir le vide crée par la disparition des partis traditionnels, répondre à la montée en puissance des petits entrepreneurs du Nord et incarner la formation d’un nouveau capitalisme basé sur la communication, la finance et les assurances. Tout cela allait bien au-delà de la seule puissance des télévisions berlusconiennes. Berlusconi avait réussi  a incarné le rêve italien d’un ultralibéralisme américanisé. Aujourd’hui  face à ses échecs, ses frasques et la crise qui nécessite une protection collective, le rêve fait place au désenchantement. Le corps même du Roi, lui si attentif à sa restauration permanente, semble se craqueler. On le dirait presque déjà embaumé. Il suffit d’en regarder les images d’hier et d’aujourd’hui : le miroir est cruel pour celui qui s’y voyait si beau. Mais attention, l’Italie berlusconienne vit aujourd’hui la définition même de la crise telle que la définissait Gramsci : cet état particulier lorsque le vieux refuse de mourir et le nouveau peine à naître.

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    • Il faut

      S’il faut revenir, dans cette série, à la politique belge, ce serait pour en repartir tout aussi vite, à la lumière (?) des récentes saillies de Philippe Moureaux, l’historien qui réintroduit le Docteur ès désinformation Goebbels dans le paysage, aux pugilats du même avec Didier Reynders, dérapant en direct sur la route menant de l’Afghanistan à la Wallonie. A ce compte, Molenbeek mérite mieux que d’être l’épicentre de ce monde plein de raccourcis…

    • Il faut

      A toutes les malédictions qui frappent la Grèce oubliée des Dieux, il faut ajouter celle d’avoir vu émerger aux législatives du 6 mai un parti néo-nazi, qui a très vite donné sa pleine mesure. D’abord, les journalistes ont été contraints de se lever quand le chef de cette clique est arrivé à la conférence de presse – ceux qui ont refusé étaient exclus de la salle. Ensuite, on l’a interrogé sur la manière dont il aborderait la question de l’immigration si son parti entrait au Gouvernement. Réponse : « Je vous laisse imaginer… » C’est parfaitement clair, dans son obscurité même…

    • Il faut

      Après avoir soufflé un grand coup en direction de Paris dimanche soir, il faudra à nouveau retenir sa respiration, cette fois pour une durée indéterminée, auvu du résultat des législatives en Grèce. Les deux partis (Pasok et Nouvelle Démocratie) qui ont approuvé les ukases de la Troika ont perdu, au bénéfice de partis (de la Gauche radicale aux néo-nazis) condamnant les mesures d’austérité sur les salaires et les retraites. L’UE, comme prévu, menace de ne plus verser l’aide promise : et pourtant, dans un sens comme dans l’autre, ce n’est pas un retour à la case zéro…