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Blanche Joëlle et les sept nains


C’est l’histoire d’une gentille fille qui a fui son horrible belle-mère et s’est réfugiée dans une cabane où habitent sept gentils nains travailleurs.
Version moderne, la belle mère est un homme, Yvetje Letermeke qui veut forcer la pov’ Joëlle à manger une pomme empoisonnée (d’une variété appelée BHV, la plus subventionnée de toutes les cultures.)
Voilà donc Joëlle fuyant Letermeke dans la grande forêt où elle tombe chez des petits êtres plus humanistes – c’est du moins ce qu’elle le croyait mais elle s’est vite rendu compte que les braves nains lui laisse le sale boulot.
Or, la gentille Joëlle, elle en a marre de faire la vaisselle et la lessive, de ramasser chaussettes et caleçons, d’apprendre aux nains à lire et à compter et de leur lire des petites histoires avant de s’endormir (celles d’oncle Herman pour les bercer ou celles de l’affreux Yvetje pour leur faire peur). Bref, d’être au four et au moulin pendant que les nains passent tranquillement leur journée à siffler en travaillant, tralalala, siffler en travaillant.
Alors, un jour, elle propose que l’un des nains reprenne le boulot, la vaisselle et le reste et moi, c’est bien mon tour, je vais siffler en travaillant, lalala.
Oh ! Mais les gentils nains, ils se rebiffent. La vaisselle, les chaussettes, c’est l’affaire des gentilles filles. Et siffler en travaillant, c’est réservé aux nains. C’est le bon Dieu qui l’a dit. Et le bon Dieu, même si les nains l’ont caché dans un placard de leur cabane, il est toujours là à veiller sur eux et à intervenir quand il le faut.
Joëlle n’est pas du genre à se laisser marcher sur les pieds et elle insiste. Elle propose qu’on tire au sort. Timide, Prof, Grincheux, Atchoum, Simplet, Joyeux ou Dormeur. Lequel va lui succéder ?
Le hasard tombe d’abord sur Atchoum. Mais, avec l’épidémie de grippe, mieux vaut éviter qu’il prépare les repas. Puis, sur Grincheux. Tous les nains se récrient, pas lui ! Prof ? S’il devient chef, il passera la journée à faire la leçon aux autres, non merci ! Simplet ? Les géants de la forêt, le terrible Didgé, le fourbe Elio ou le mielleux Jean-Mi auront vite fait de lui arracher les clés de la maison et tout ce qu’elle contient. Même chose pour Dormeur et Joyeux, toujours trop bonasse. Reste Timide. C’est le meilleur, disons le moins mauvais. Mais il résiste. J’ose pas, j’sais pas parler, j’sais pas lire, j’ai peur des méchants Flamoutches, de l’affreux Yvetje, de Dieu dans le placard et des géants.
Ca va, j’ai compris ! a dit Joëlle.
Elle a repris son torchon, mis en route la machine à laver le linge, empoigné les casseroles et ramassé les chaussettes. Pendant ce temps, les p’tis nains sont partis en sifflotant, tralala.

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