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Burgertop / Sommet citoyen G1000


Comme le dénonce très justement le manifeste du G1000, notre modèle démocratique est dépassé. Fondamentalement, il n’a guère évolué depuis le XIXe siècle. Ou plutôt, si évolution il y a eu, celle-ci fut négative : la « professionnalisation » de la politique, voire l’instauration de véritables dynasties, et l’apparition de la publicité dans les campagnes qui a transformé les politiciens en produits – qui plus est constamment menacé d’être démodés — et le discours politique en slogan. Il y a encore un demi-siècle, un élu pouvait s’installer dans son mandat et travailler, avant de présenter son bilan aux élections suivantes ; comme l’explique David Van Reybrouck, l’initiateur de ce Sommet citoyen, « deux siècles après, nous nous heurtons aux limites de cette formule. Les élections ne permettent plus la constitution d’un gouvernement, mais font au contraire, et paradoxalement, obstacle à une gestion politique valable. Les partis ne rationalisent plus la société, mais se coincent mutuellement en permanence. La politique est devenue un métier de chien, une forme spirituelle de danse de Saint-Guy. Nous nous rendons aux urnes plus souvent que par le passé, la pression des médias est bien plus grande, l’électeur est plus émancipé et plus critique qu’auparavant, la fidélité au parti n’existe plus. On entend donc en temps de campagne des promesses douces aux oreilles mais difficiles à réaliser. L’élu de 1911 goûtait au pouvoir, celui ou celle de 2011 à l’angoisse. »

 

Depuis plus d’un an, nous patinons ; mais la Belgique, en ce sens, n’est pas un cas particulier, juste un exemple extrême de cette impasse politique.

Que peuvent les responsables aujourd’hui ? Face aux crises majeures, ainsi qu’on a pu le constater en 2008, ils sont les petites mains des institutions financières qui leur dictent leurs conditions et imposent des plans d’austérité aux populations, à cause du spectre d’une faillite des banques et des pays. Aujourd’hui, on a l’impression que les banques n’ont rien retenu de la leçon et de nouvelles rumeurs inquiétantes agitent les milieux financiers sur les risques d’une rechute plus grave encore. Impuissants, les responsables politiques en sont réduits, pour justifier leur mandat, à promouvoir des actions à un échelon plus petit. Le Décret « inscription » de la Communauté française est un parfait exemple de ce besoin d’exprimer son pouvoir ; sous prétexte que 3 ou 4 écoles à Bruxelles géraient de manière abusive leurs inscriptions, on a mis en place une usine à gaz, au nom de la justice et de la mixité sociale. Résultat ? Beaucoup d’argent gaspillé et des centaines d’enfants obligés de subir un stress inutile, parce qu’ils n’auront pas d’école secondaire avant la rentrée. À l’arbitraire snob de quelques écoles, on a préféré l’arbitraire administratif, qui ne souffre aucune protestation. À cause des réseaux, le Décret est truffé d’invraisemblances qui conduisent à des discriminations et des injustices ; mais la Ministre se réfugie derrière la langue de bois de la transparence et de la justice. Pour ce qui est de la mixité sociale, le bilan est nul, voire largement négatif ; en effet, pour contourner les absurdités du Décret, les parents riches sont évidemment favorisés, ne serait-ce que parce qu’ils ont la possibilité d’acheter un appartement proche de l’école désirée et de s’y domicilier « pour du beurre », comme on dit dans les cours de récré.

Dans les deux cas — être les domestiques des banques ou montrer ses biceps face aux citoyens —, on constate une même lacune démocratique fondamentale : le mépris du citoyen, le refus de lui faire confiance. Les peuples manifestent un peu partout contre les mesures d’austérité imposées par ce sauvetage des banques, mais rien n’arrêtera la mise en œuvre de ces politiques socialement injustes ; à l’autre bout, les parents ne peuvent plus avoir de projets pédagogiques pour leurs enfants, et les directeurs d’école ne peuvent plus avoir aucune initiative.

 

Si on écoutait les citoyens, pas sûr qu’on aurait sauvé les banques de cette manière – ce qui ne veut pas dire qu’on ne les aurait pas sauvées. Si on écoutait les citoyens, il y a gros à parier également que l’école fonctionnerait mieux. L’école, les arts, la justice. Tous les secteurs. Car la démocratie est notre affaire à tous ; il était temps qu’on se souvienne de cette vérité fondamentale, au coeur même de la définition du mot et du projet qu’elle désigne.

C’est dans cet esprit que s’inscrit l’initiative du Burgertop / Sommet citoyen G1000. Chacun de vous pour y participer, soit en donnant des idées, soit en versant de l’argent, soit en offrant du temps. Rendez-vous sur le site !

 

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    • Il faut

      S’il faut revenir, dans cette série, à la politique belge, ce serait pour en repartir tout aussi vite, à la lumière (?) des récentes saillies de Philippe Moureaux, l’historien qui réintroduit le Docteur ès désinformation Goebbels dans le paysage, aux pugilats du même avec Didier Reynders, dérapant en direct sur la route menant de l’Afghanistan à la Wallonie. A ce compte, Molenbeek mérite mieux que d’être l’épicentre de ce monde plein de raccourcis…

    • Il faut

      A toutes les malédictions qui frappent la Grèce oubliée des Dieux, il faut ajouter celle d’avoir vu émerger aux législatives du 6 mai un parti néo-nazi, qui a très vite donné sa pleine mesure. D’abord, les journalistes ont été contraints de se lever quand le chef de cette clique est arrivé à la conférence de presse – ceux qui ont refusé étaient exclus de la salle. Ensuite, on l’a interrogé sur la manière dont il aborderait la question de l’immigration si son parti entrait au Gouvernement. Réponse : « Je vous laisse imaginer… » C’est parfaitement clair, dans son obscurité même…

    • Il faut

      Après avoir soufflé un grand coup en direction de Paris dimanche soir, il faudra à nouveau retenir sa respiration, cette fois pour une durée indéterminée, auvu du résultat des législatives en Grèce. Les deux partis (Pasok et Nouvelle Démocratie) qui ont approuvé les ukases de la Troika ont perdu, au bénéfice de partis (de la Gauche radicale aux néo-nazis) condamnant les mesures d’austérité sur les salaires et les retraites. L’UE, comme prévu, menace de ne plus verser l’aide promise : et pourtant, dans un sens comme dans l’autre, ce n’est pas un retour à la case zéro…