Facebook

Car Mao sait tout


Mise en page 1
La dure loi du Karma, Yan Mo, Paris : Seuil, 2009. 761 p. 28 €

Étonnant roman ! A travers les avatars de Ximen Nao, injustement exécuté en 1950 par les révolutionnaires, et ses multiples réincarnations, c’est toute l’histoire de la Chine communiste, de 1950 à nos jours que brosse Mo Yan. Âne, boeuf, cochon, chien, singe et enfin bébé à la tête énorme, Ximen revient inlassablement dans son village et vit les différentes “réformes” imposées par le Parti. Dans la communauté, parfois triomphent les plus intransigeants, parfois les plus malins. Son fils adoptif, Lan Lian, jusqu’au bout refuse de rentrer dans la communauté, comme l’y autorise Mao, et reste paysan indépendant, sur un champ de plus en plus petit et qui, génération après génération, se transforme en cimetière.
C’est extraordinaire d’humour, d’intelligence et de construction. Les animaux parlent et pensent, partagés entre leur double nature. Les souvenirs s’aiguisent ou s’effacent, les êtres vieillissent, les idéologies s’usent ou s’affinent. Ce n’est pas un jugement sur la Chine communiste, mais une réflexion sur l’universelle nature humaine soumise à ses contradictions, mais toujours guidée par ce vent, plus fort que tout, qui s’enchevêtre autour des abricotiers en fleur…

Mots-clefs :,

Une réaction sur “Car Mao sait tout”

  1. [...] chefs-d’oeuvre du XXe siècle : Le Maître et Marguerite. Et l’on peut découvrir aujourd’hui un extraordinaire roman chinois, signé par Mo Yan, La dure loi du karma paru aux éditions du Seuil. Dans cet énorme roman, qui commence par [...]

Réagissez

    • Il faut

      En lisant ces quelques lignes de No Exit, traduction d’un article de Philip Gourevitch dans le New Yorker du 12 décembre 2011 (chez Allia) : « L’automne dernier, il a inauguré une exposition d’art moderne. Occasion pour lui de se montrer en homme du peuple, qui apporte l’art des élites au citoyen. Or, après avoir contemplé un carré orange d’Yves Klein, il a dit : Cà, c’est plusieurs millions ». Puis il a demandé : « Léger, c’est cher ? Klein, plus que Léger ? Moins que Matisse ? » Ses remarques ont provoqué les railleries consternées de la presse », il ne faut pas être grand clerc pour savoir de qui il s’agit, et de quelle « représidentialisation » ratée on parle…  

    • Il faut

      Il aurait fallu dire un mot de l’absurde prétention de DSK à demander réparation à son accusatrice (et à hauteur d’un million de dollars) pour « perte d’emploi » et « détresse émotionnelle ». Mais les choses vraiment sérieuses s’engagent désormais dans la zone euro. Tandis que les épargnants grecs retirent leur argent des banques, l’UE s’apprête à en exclure le pays (on appelle cela le « Greexit »), exactement comme si un quidam se voyait signifier sur l’écran d’un distributeur que son crédit est épuisé et que la machine va avaler sa carte. Preuve définitive que les mesures d’austérité pour les seuls bas revenus ne fonctionnent pas…

    • Il faut

      S’il faut revenir, dans cette série, à la politique belge, ce serait pour en repartir tout aussi vite, à la lumière (?) des récentes saillies de Philippe Moureaux, l’historien qui réintroduit le Docteur ès désinformation Goebbels dans le paysage, aux pugilats du même avec Didier Reynders, dérapant en direct sur la route menant de l’Afghanistan à la Wallonie. A ce compte, Molenbeek mérite mieux que d’être l’épicentre de ce monde plein de raccourcis…