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Carnets (4)


«Banksy a entièrement retouché 500 exemplaires de l’album de Paris Hilton. La robe dorée qu’elle porte sur la pochette originale disparaît, laissant pendre deux seins disgracieux. Dans le livret, il la fait parader devant des SDF. Sur l’étiquette de l’emballage, il substitue les titres originaux des morceaux par d’existentielles interrogations : « Why am I famous ? What have I done ? What am I for ? » La pop sirupeuse du CD d’origine fait place à un remix rudimentaire. Après avoir remballé les versions piratées en prenant soin de conserver le code-barres d’origine, Banksy a redéposé discrètement les CD corrigés dans les grosses enseignes et boutiques indépendantes à Bristol, Brighton, Birmingham, Newcastle, Glasgow et Londres. D’après un porte-parole d’une grande enseigne de disques cité par la BBC, «aucun client ne s’est plaint ou n’a demandé à échanger la version frelatée ».

Sur le site d’enchères eBay, le collector s’arrache à plus de mille euros »

«On sait que la censure étatique tout autant que l’auto-censure individuelle sont des révélateurs. On raconte que, lorsque la fameuse pièce de Sartre La P… respectueuse fut jouée pour la première fois en Suisse, les responsables du théâtre avaient affiché à l’entrée La Putain r… Il serait pour autant présomptueux d’en tirer des conclusions sur l’évolution de la politique intérieure de la Confédération helvétique»

«Si on meurt jeune, on est épargné. Je ne pensais pas que je vivrais si vieux, et j’aime vivre. Je suis tellement heureux d’être comédien, de jouer, et cela compte aussi dans mes rapports avec ma femme. Nous vivons dans les Cévennes, et je ne suis pas manuel, alors elle me méprise un peu. Mais quand elle me voit jouer, elle se dit, il n’est pas si con que ça, et ça compte beaucoup pour moi» (Jean-Louis Trintignant)

« Je suis tombé sur Salinger ; il est sorti de sa voiture et il a dit : « Qu’est-ce que vous voulez ? ». Je me suis présenté. « Fichez le camp », a-t-il lancé. De cette interview de cinq secondes, j’ai tiré le plus long papier que j’ai jamais écrit en vingt ans de métier (John Sherwood, du Washington Post)

«Brian Molko, chanteur du groupe de rock Placebo, vient de porter plainte contre un hebdomadaire people qui avait publié une photo de lui en train de promener son bébé en poussette dans les allées du zoo de Vincennes. Le motif ? Atteinte à son image de marginal. Prière de ne pas rire. Brian Molko a demandé réparation non parce qu’on a dit du mal de lui, mais parce qu’on n’a pas dit du mal de lui» (Le Monde)

«Définir Tony Blair est aussi difficile que de punaiser de la gelée sur un mur» (un député conservateur britannique)

«La performance idéale, pour moi, c’est l’âne d’Au hasard Balthazar de Bresson: une présence pure, qui invite à se projeter sur elle. Évidemment, lui, c’est un âne. Mais lui ressembler peut être un bel exercice : il apparaît comme s’il n’était pas observé, comme s’il n’y avait pas de caméra. C’est difficile de s’abstraire de la caméra et c’est cette qualité d’inconscience que je recherche» (Tilda Swinton)

Réagissez

    • Il faut

      S’il faut revenir, dans cette série, à la politique belge, ce serait pour en repartir tout aussi vite, à la lumière (?) des récentes saillies de Philippe Moureaux, l’historien qui réintroduit le Docteur ès désinformation Goebbels dans le paysage, aux pugilats du même avec Didier Reynders, dérapant en direct sur la route menant de l’Afghanistan à la Wallonie. A ce compte, Molenbeek mérite mieux que d’être l’épicentre de ce monde plein de raccourcis…

    • Il faut

      A toutes les malédictions qui frappent la Grèce oubliée des Dieux, il faut ajouter celle d’avoir vu émerger aux législatives du 6 mai un parti néo-nazi, qui a très vite donné sa pleine mesure. D’abord, les journalistes ont été contraints de se lever quand le chef de cette clique est arrivé à la conférence de presse – ceux qui ont refusé étaient exclus de la salle. Ensuite, on l’a interrogé sur la manière dont il aborderait la question de l’immigration si son parti entrait au Gouvernement. Réponse : « Je vous laisse imaginer… » C’est parfaitement clair, dans son obscurité même…

    • Il faut

      Après avoir soufflé un grand coup en direction de Paris dimanche soir, il faudra à nouveau retenir sa respiration, cette fois pour une durée indéterminée, auvu du résultat des législatives en Grèce. Les deux partis (Pasok et Nouvelle Démocratie) qui ont approuvé les ukases de la Troika ont perdu, au bénéfice de partis (de la Gauche radicale aux néo-nazis) condamnant les mesures d’austérité sur les salaires et les retraites. L’UE, comme prévu, menace de ne plus verser l’aide promise : et pourtant, dans un sens comme dans l’autre, ce n’est pas un retour à la case zéro…