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La BD en état de guerre (2): Amère patrie

Amère patrie, Blier et Lax, Dupuis/Aire Libre, 2 tomes, 56 et 60 p., 15,50 € chaque. La Première Guerre mondiale, ses tranchées et ses poilus, et les tragédies humaines qui en découlent sont depuis quelques années l’objet d’un réel intérêt de la part de la bande dessinée. Amère patrie, le diptyque dessiné par Blier sur [...]

La BD en état de guerre (1): Chroniques de Jérusalem

Chroniques de Jérusalem, Guy Delisle, Delcourt/Shampooing, 334 pages, 25 € Les différents conflits qui secouent la planète, hier ou aujourd’hui, sont au centre de bandes dessinées de qualité. Par exemple Chroniques de Jérusalem de Guy Delisle, primé ces jours-ci à Angoulême. Après des albums sans paroles nés de son travail dans l’animation (Albert et les [...]

Les Intégrales BD au rayon nostalgie

Les Intégrales font désormais partie intégrante du paysage de la bande dessinée. Elles permettent aux maisons d’édition de revitaliser leur fonds tout au jouant sur la fibre nostalgique des lecteurs plus âgés – il est en effet douteux qu’elles touchent un nouveau public, même passionné, qui a déjà beaucoup à faire avec les trop nombreuses [...]

Dérangements

Dahlia, Hitonari Tsuji, Paris : Seuil, 2011. 133 p. 16 € Il y avait longtemps que je n’avais plus lu un livre aussi dense et dérangeant. Au point que j’ai eu, au terme du deuxième chapitre, l’impression de lire un recueil de nouvelles… Mais non, c’est un roman, et d’une force exemplaire que celui de Hitonari [...]

Marquise, si ces 10 pages…

Variations Valéry : les cadences de la marquise, Jean Charlent, Bruxelles : Le cri, 2011. 212 p. 18 € Il faut parfois se rappeler que la littérature, c’est aussi voire surtout une affaire de style et d’écriture. Chaque écrivain a les siens, d’autant plus reconnaissables que l’écrivain est de talent. Et comme disait Gary, il n’y [...]

Les battements d’aile du papillon

L’amant de Salammbô, Jacques Machiels, Tellin : Traces de vie, 2011. 165 p. 18 € J’ai la plus grande méfiance pour les éditeurs qui pratiquent, plus ou moins ouvertement, le compte d’auteur. Pourtant, certains textes de qualité ne pourraient pas trouver d’éditeur “classique”, parce qu’ils sont aux marges – des sensibilités, des genres, des attentes. Dans [...]

Rêver un impossible rêve

Nos rêves sont plus grands que le ciel, Jean Cavé, Paris : Plon, 2011. 321 p. 20 € Qui se souvient de Percival Lowell ? Ce chevalier d’une table ronde à la taille de l’univers est une de ces extraordinaires figures américaines qui, grâce à leur énorme fortune, ont pu pousser jusqu’aux limites les plus extrêmes [...]

Une guerre sans nom

Skoda, Olivier Sillig, Buchet Chastel, 101 pages Le Suisse Olivier Sillig nous propose un récit poignant. Une fable sur la guerre, quelque part dans le monde, en Europe ou ailleurs. On n’en connait ni les motifs, ni le contexte, ni les protagonistes. Le roman commence avec cette image: un homme reprend conscience au milieu de [...]

Un roman rêvé

La femme et l’ours, Philippe Jaenada, Paris : Grasset, 2011. 311 p. 18 € Il y a quelque chose de “After hours”, le film de Scorsese, dans ce roman ; la chute du personnage semble guidée par d’incroyables coïncidences, qui l’entraînent toujours plus profondément dans la déglingue, la déchéance et l’absurde. Bix — c’est son nom [...]

Hommage rendu

Œuvres complètes (vol 1 et 2), Irène Némirovsky, coffret Le Livre de Poche, collection La Pochothèque. Édition établie par Olivier Philipponnat et préfacée par Denise Epstein, 3900 pages. Ca y est, c’est foutu, on y est ! Plus moyen de faire un pas dehors sans être confrontés à ces horribles décorations lumineuses de Noël. Entre les [...]

Un livre rouge

Grenouilles, Mo Yan, Paris : Seuil, 2011. 408 p. 22 € Mo Yan est un écrivain chinois éblouissant. Truculent et inventif, il offre, à travers ses romans — comme son précédent et fabuleux “La dure loi du Karma” —, à dresser le tableau historique de la Chine communiste, depuis les temps révolutionnaires des pionniers jusqu’à l’ère [...]

Prix Rossel tout frais

Si tu passes la rivière, Geneviève Damas, Luce Wilquin, 114 pages Premier roman de la Belge Geneviève Damas et couronné hier du prix Rossel, Si tu passes la rivière nous entraîne dans un univers rural et socialement défavorisé. Si l’écriture peut décontenancer de prime à bord, elle cadre parfaitement avec le milieu qu’elle décrit : garde-cochon [...]

Le souffle de l’imaginaire

Les villes de la plaine, Diane Meur, Paris : Sabine Wespieser, 2011. 372 p. 23 € On se demande parfois si quelque chose distingue, aujourd’hui, la littérature de France et celle de Belgique. Diane Meur permet de répondre positivement ; son dernier roman qui ose s’emparer de la plus vaste des matières qui soit : à [...]

Baby-sitting

Premier chagrin, Eva Kavian, Mijade, 189 pages Eva Kavian a une plume redoutable pour débusquer les émois adolescents, pour traquer les joies et les chagrins de cet âge compliqué, pour dépeindre le monde de l’enfance avec pertinence et tendresse. Dans son dernier roman pour adolescent, Premier chagrin, elle nous raconte l’histoire de Sophie. Gamine délurée, [...]

La grande Colette

L’aimer ou le fuir, Delphine de Malherbe, Plon, 124 pages Que faire quand on a 47 ans et qu’on tombe amoureuse de son beau-fils de 17 ans ? L’aimer ou le fuir ? C’est la question lancinante que se pose l’écrivain Colette lorsqu’elle s’éprend du fils de son second mari de 30 ans son cadet. [...]

Encore et toujours

Franz Stangl et moi, Dominique Sigaud, Paris : Stock, 2011. 220 p. 18 € Après HHhH de Laurent Binet et Les sentinelles de Bruno Tessarech, Dominique Sigaud ajoute sa pierre à cette nouvelle manière d’aborder ce “passé qui ne passe pas”, celui de la guerre et de l’extermination. Sigaud recourt, pour ce faire, à un terme [...]

Hors champ

Cheyenn, François Emmanuel, Paris : Seuil, 2011. 124 p. 14 € Je suis las de cette littérature parisienne qui ne s’intéresse qu’au nombril de leurs auteurs, dans un univers aussi déconnecté de la réalité que les frigos du Fouquet’s. Alors, le livre d’Emmanuel est une raison de revivifier son goût pour les bons romans, ceux qui [...]

Hymne à la jeunesse blessée

Dans le lieu d’aisance de ma maison, il y a toujours une pile de revues et de journaux de toutes sortes. Depuis des semaines, au sommet de la pile, un numéro spécial Collector de Top People, Amy Winehouse, l’album photo souvenir : La malédiction des 27 ans. Il existe, paraît-il, un club sinistre, le Club 27, [...]

L’autre Marilyn

Jayne Mansfield, 1967, Simon Liberati, Paris : Grasset, 2011. 196 p. 18 € Le cinéma américain a forgé quelques-unes des grandes légendes du siècle passé : celles qui, à travers leurs folies, leurs déviances autant que par leurs talents (et parfois davantage), ont défrayé la chronique et exercé une fonction cathartique auprès d’un public qui découvrait [...]

Into the white

Banquises, Valentine Goby, Paris : Albin Michel, 2011. 247 p. 18 € Sarah est folle de musique et d’acoustique. Folle aussi de Diane. Laquelle meurt. Pour guérir de la dépression qui suit ce deuil, à 20 ans, elle décide de partir pour le Groenland. Ses parents et sa jeune sœur l’accompagne à l’aéroport. Et là commence [...]

    • Il faut

      Rien ne dit que le sémillant Wade, qui brigue un troisième mandat présidentiel alors que la Constitution du pays ne l’autorise à en accomplir que deux, ne postulera pas, le moment venu, pour un quatrième. Il ne faut pas décourager les vocations, fût-ce à 85 ans (déclarés) comme lui ; d’ailleurs, il y a trop de jeunes au Sénégal…

    • Est-il politiquement correct de se dire que

      des gens à la rue par ce froid n’est pas acceptable. Maggie ne joue pas les enchanteresses. Peter refuse que les bus de l’armée servent aux transports, concurrence avec de Lijn oblige. Et les bien-pensants estiment que « les bobos gauchos » … doivent prendre « en charge, chez eux et à leurs frais, quelques réfugiés économiques ». Triste pays, tristes sires. Personnellement, je préférerais que mes impôts leur servent à quelque chose, plutôt qu’à financer les intérêts notionnels et particuliers de certaines entreprises.

    • Il faut

      Si, comme il l’a confié en Guyane, Nicolas Sarkozy envisage « la fin de sa carrière », et ainsi sa défaite à la Présidentielle de 2012, il sera facile de deviner ce qu’il dirait lors de ses adieux : à savoir que ce n’est pas sa faute si les français sont si allergiques aux réformes – bref, qu’ils ne le méritaient pas ! Et de conclure : « Je vous quitte, car maintenant, il faut que je me fasse de l’argent… »