Belga Bordeelo, 8

Le jour même (jeudi 28 janvier) de la première à Gand, De Standaard consacre une page entière (la dernière) de son édition nationale au spectacle. Rédigé dans le cadre d’un partenariat avec Le Soir, cet article, plutôt que d’en donner une grille de lecture ou de répondre à la question de son titre («Zijn er nog Belgen ? – Y a-t-il encore des Belges ?») s’attache à faire parler les acteurs et la metteure en scène, soulignant ainsi, par l’observation et la description de scènes de répétitions, certains aspects de la méthode de travail de Frédérique. Kija, qui a fui la Bosnie, n’est pas convaincue que les problèmes, ici, trouveront toujours une solution, comme cela a été le cas jusqu’ici, car «dans mon pays aussi, tout a commencé dans les média ». Milo, d’origine serbe, est plus direct : «Les problèmes commencent quand les gens vous demandent d’où vous venez…». (Lire la suite…)

Belga Bordeelo, 7

Jeudi soir, lors de la générale de Mons, tout est encore aléatoire. Marie-Jeanne est partie trois jours auparavant : la séquence des deux commères qu’elle formait avec Carla, qui revenait plusieurs fois dans le spectacle, doit être abandonnée – une variante avec Carla et Maman Marie, testée pour l’occasion pour achever le spectacle s’avèrera infructueuse. Ewoud apporte son énergie au rôle du meneur de jeu, pour remplacer Walid lors de la première ; Jean-Pierre, qui prend le relais de Marie-Jeanne, apporte sa stature. (Lire la suite…)

Belga Bordeelo, 6


J’assiste à deux nouvelles repétitions, samedi 16 et dimanche 17 janvier, à Mons. Nous avons embarqué Ewout, comédien et metteur en scène qui remplacera le gantois walid pour la première représentation, vendredi prochain. Je montre à tous l’entretien de Frédérique dans Victoire, le supplément hebdomadaire du Soir, où elle déclare notamment : «Objectif : décloisonnement ! Cela dit, lors des premières improvisations, je n’ai pas senti de conflit majeur, mais bien une réponse commune : la peur de perdre son emploi, de manquer, de tomber malade… (Lire la suite…)

Belga Bordeelo, 5

Dans la voiture qui nous mène à Mons, vendredi 8 janvier, Frédérique me confie qu’il y a, à ce stade (outre les doutes sur la pertinence et le contenu du projet) trois problèmes non résolus pour que le spectacle prenne véritablement forme : a. certains acteurs (Walid, Karla, Jo, les deux Mamas) n’ont pas encore leur personnage et ne se détachent pas du choeur ; b. elle me dit avoir tendance, soit à écourter une scène si elle ne fonctionne pas, soit à saturer l’espace par plusieurs scènes à la fois, ce qui permet certes d’atténuer le fait que l’une d’entre elles ne fonctionne pas mais, en revanche, risque de provoquer un encombrement pour le spectateur et de diluer son attention ; c. il faut absolument éviter le pathétique dès qu’on parle de la Belgique, car cela induit aussitôt une sorte de nostalgie qui n’est pas de mise dans Belga Bordeelo. A cet égard, dès notre arrivée au Manège, nous tenons à rectifier les termes du communiqué de presse, qui nous paraissait trop centré sur la revendication de l’unité du pays, ce qui n’est pas à proprement parler l’essence du spectacle. (Lire la suite…)

Belga Bordeelo, 4

Du point de vue de la préparation du spectacle, nous sommes maintenant dans la ligne droite opposée. Dans une course de fond, au dernier tour de piste, c’est le moment où, après avoir consolidé les acquis de départ, on adopte une trajectoire propre et bien en ligne, et où l’on se fie à la régularité des foulées pour prendre l’élan nécessaire à l’accélération en fin de parcours. Question de souffle et question de rythme mêlées ! Mais, dans la création au théâtre, les choses ne peuvent qu’être moins linéaires et moins limpides : le temps risque de manquer, les acteurs sont à revoir ou à tenir, la matière est trop abondante, il y a des doutes sur ce que l’on veut dire exactement, le problème récurrent de trouver l’émotion n’a pas encore trouvé sa solution, la faculté d’entraîner la mise en scène du côté du «bordeelo» et ainsi, de rester fidèle au titre du spectacle, n’est pas assurée. Bref, on se rend compte que, à rebours de la piste des athlètes, notre ligne droite est en pente. (Lire la suite…)

Belga Bordeelo, 3

BELGABORDEELO_pt
Discussion au téléphone avec Frédérique, après ses premières répétitions avec le groupe de Gand (du 4 au 6 décembre), auxquelles je n’ai pu assister. C’est l’occasion de préciser les axes et les options de Belga Bordeelo, ce qui n’est pas de refus.

Quoique partant du «conflit» que l’on sait, le principe du spectacle est, de manière aussi non paradoxale que possible, de s’extirper de la «problématique belge » et de tendre vers la requalification des existences mises en scène, tant individuelles qu’au sein du groupe. La raison en est simple : la matière est ingrate, et le thème en tant que tel n’a pas une grande profondeur et pourrait facilement se réduire à un jeu de massacre. (Lire la suite…)

Belga Bordeelo, 2

BELGABORDEELO_ptPosons que le processus de création de Belga Bordeelo est désormais lancé. Depuis la première livraison de ce journal, nous avons, Frédérique (Lecomte, la metteur en scène), Christine (Mobers, la scénographe) et moi opéré une sélection plus resserrée des stimuli à suggérer aux comédiens pour leurs improvisations, visionné Au feu les pompiers de Forman et une partie du Playtime de Jacques Tati pour les costumes et la conception des décors, et répondu à un entretien pour la presse régionale (Le Soir, édition de Mons). Celui-ci ne donne qu’une vision très plate du projet : Frédérique met souvent en avant «l’ironie de la catastrophe » qui va traverser le spectacle ; à quoi j’ajouterais que celui-ci ne saurait se résumer ou se réduire à la simple question de la belgitude : il s’agit bien de mettre en scène la réalité d’un conflit, et l’essence du spectacle n’aboutira pas à organiser une réconciliation finale. L’affiche et le flyer, chacun pourvu d’une présentation du spectacle dans les deux langues, sont quasiment prêts. (Lire la suite…)

Belga Bordeelo : présentation

Belga BordeeloJe me propose de tenir pour quelque temps une chronique de la préparation et des représentations d’un spectacle qui sera à l’affiche en janvier 2010, à Mons et à Gand.

Le projet Belga Bordeelo n’est pas réellement une adaptation de D’outre-Belgique, le livre que j’ai publié en août 2007. Mais il en reprend le motif majeur : la fin de la Belgique. Je ferai la dramaturgie de ce spectacle.

Celui-ci misera sur une approche différente de la problématique belge et, du coup, se confrontera directement à la réalité de son présent et au présent de sa réalité. (Lire la suite…)