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Sous l’emprise de Karen Blixen

Karen et moi, Nathalie Skowronek, Arléa, 146 pages, 15 € Voici avec retard – le livre est paru en septembre – un rapide écho sur un bref et dense texte particulièrement touchant et juste dans son écriture. Il n’est pas nécessaire d’avoir lu La Ferme africaine, l’oeuvre la plus connue de Karen Blixen (devenue Out [...]

La BD en état de guerre (3) : Les cerfs-volants de Kaboul

Les cerfs-volants de Kaboul, Khaled Hosseini, Fabio Celoni et Mirka Andolfo, Belfond, 134 p., 19 € Le best-seller de l’Afghan Khaled Hosseini, traduit en plus de cinquante langues, dont en français en 2005, et vendu à vingt-trois millions d’exemplaires à travers le monde, est adapté en bande dessinée chez son éditeur français Belfond. L’occasion, pour [...]

Ce que la guerre fait de nous

Rêves oubliés, Léonor De Récondo, Paris : Sabine Wespieser, 2011. 169 p. 17 € Le livre de Léonor De Récondo aurait pu être un roman de 800 pages, romanesque à souhait, plein de tensions et de drames ; une famille espagnole plutôt aisée, mais républicaine, doit tout abandonner pour se réfugier en France pendant la guerre [...]

La BD en état de guerre (2): Amère patrie

Amère patrie, Blier et Lax, Dupuis/Aire Libre, 2 tomes, 56 et 60 p., 15,50 € chaque. La Première Guerre mondiale, ses tranchées et ses poilus, et les tragédies humaines qui en découlent sont depuis quelques années l’objet d’un réel intérêt de la part de la bande dessinée. Amère patrie, le diptyque dessiné par Blier sur [...]

La BD en état de guerre (1): Chroniques de Jérusalem

Chroniques de Jérusalem, Guy Delisle, Delcourt/Shampooing, 334 pages, 25 € Les différents conflits qui secouent la planète, hier ou aujourd’hui, sont au centre de bandes dessinées de qualité. Par exemple Chroniques de Jérusalem de Guy Delisle, primé ces jours-ci à Angoulême. Après des albums sans paroles nés de son travail dans l’animation (Albert et les [...]

Les Intégrales BD au rayon nostalgie

Les Intégrales font désormais partie intégrante du paysage de la bande dessinée. Elles permettent aux maisons d’édition de revitaliser leur fonds tout au jouant sur la fibre nostalgique des lecteurs plus âgés – il est en effet douteux qu’elles touchent un nouveau public, même passionné, qui a déjà beaucoup à faire avec les trop nombreuses [...]

Dérangements

Dahlia, Hitonari Tsuji, Paris : Seuil, 2011. 133 p. 16 € Il y avait longtemps que je n’avais plus lu un livre aussi dense et dérangeant. Au point que j’ai eu, au terme du deuxième chapitre, l’impression de lire un recueil de nouvelles… Mais non, c’est un roman, et d’une force exemplaire que celui de Hitonari [...]

Marquise, si ces 10 pages…

Variations Valéry : les cadences de la marquise, Jean Charlent, Bruxelles : Le cri, 2011. 212 p. 18 € Il faut parfois se rappeler que la littérature, c’est aussi voire surtout une affaire de style et d’écriture. Chaque écrivain a les siens, d’autant plus reconnaissables que l’écrivain est de talent. Et comme disait Gary, il n’y [...]

Les battements d’aile du papillon

L’amant de Salammbô, Jacques Machiels, Tellin : Traces de vie, 2011. 165 p. 18 € J’ai la plus grande méfiance pour les éditeurs qui pratiquent, plus ou moins ouvertement, le compte d’auteur. Pourtant, certains textes de qualité ne pourraient pas trouver d’éditeur “classique”, parce qu’ils sont aux marges – des sensibilités, des genres, des attentes. Dans [...]

Rêver un impossible rêve

Nos rêves sont plus grands que le ciel, Jean Cavé, Paris : Plon, 2011. 321 p. 20 € Qui se souvient de Percival Lowell ? Ce chevalier d’une table ronde à la taille de l’univers est une de ces extraordinaires figures américaines qui, grâce à leur énorme fortune, ont pu pousser jusqu’aux limites les plus extrêmes [...]

Une guerre sans nom

Skoda, Olivier Sillig, Buchet Chastel, 101 pages Le Suisse Olivier Sillig nous propose un récit poignant. Une fable sur la guerre, quelque part dans le monde, en Europe ou ailleurs. On n’en connait ni les motifs, ni le contexte, ni les protagonistes. Le roman commence avec cette image: un homme reprend conscience au milieu de [...]

Un roman rêvé

La femme et l’ours, Philippe Jaenada, Paris : Grasset, 2011. 311 p. 18 € Il y a quelque chose de “After hours”, le film de Scorsese, dans ce roman ; la chute du personnage semble guidée par d’incroyables coïncidences, qui l’entraînent toujours plus profondément dans la déglingue, la déchéance et l’absurde. Bix — c’est son nom [...]

Hommage rendu

Œuvres complètes (vol 1 et 2), Irène Némirovsky, coffret Le Livre de Poche, collection La Pochothèque. Édition établie par Olivier Philipponnat et préfacée par Denise Epstein, 3900 pages. Ca y est, c’est foutu, on y est ! Plus moyen de faire un pas dehors sans être confrontés à ces horribles décorations lumineuses de Noël. Entre les [...]

Un livre rouge

Grenouilles, Mo Yan, Paris : Seuil, 2011. 408 p. 22 € Mo Yan est un écrivain chinois éblouissant. Truculent et inventif, il offre, à travers ses romans — comme son précédent et fabuleux “La dure loi du Karma” —, à dresser le tableau historique de la Chine communiste, depuis les temps révolutionnaires des pionniers jusqu’à l’ère [...]

Prix Rossel tout frais

Si tu passes la rivière, Geneviève Damas, Luce Wilquin, 114 pages Premier roman de la Belge Geneviève Damas et couronné hier du prix Rossel, Si tu passes la rivière nous entraîne dans un univers rural et socialement défavorisé. Si l’écriture peut décontenancer de prime à bord, elle cadre parfaitement avec le milieu qu’elle décrit : garde-cochon [...]

Le souffle de l’imaginaire

Les villes de la plaine, Diane Meur, Paris : Sabine Wespieser, 2011. 372 p. 23 € On se demande parfois si quelque chose distingue, aujourd’hui, la littérature de France et celle de Belgique. Diane Meur permet de répondre positivement ; son dernier roman qui ose s’emparer de la plus vaste des matières qui soit : à [...]

Baby-sitting

Premier chagrin, Eva Kavian, Mijade, 189 pages Eva Kavian a une plume redoutable pour débusquer les émois adolescents, pour traquer les joies et les chagrins de cet âge compliqué, pour dépeindre le monde de l’enfance avec pertinence et tendresse. Dans son dernier roman pour adolescent, Premier chagrin, elle nous raconte l’histoire de Sophie. Gamine délurée, [...]

La grande Colette

L’aimer ou le fuir, Delphine de Malherbe, Plon, 124 pages Que faire quand on a 47 ans et qu’on tombe amoureuse de son beau-fils de 17 ans ? L’aimer ou le fuir ? C’est la question lancinante que se pose l’écrivain Colette lorsqu’elle s’éprend du fils de son second mari de 30 ans son cadet. [...]

Encore et toujours

Franz Stangl et moi, Dominique Sigaud, Paris : Stock, 2011. 220 p. 18 € Après HHhH de Laurent Binet et Les sentinelles de Bruno Tessarech, Dominique Sigaud ajoute sa pierre à cette nouvelle manière d’aborder ce “passé qui ne passe pas”, celui de la guerre et de l’extermination. Sigaud recourt, pour ce faire, à un terme [...]

Hors champ

Cheyenn, François Emmanuel, Paris : Seuil, 2011. 124 p. 14 € Je suis las de cette littérature parisienne qui ne s’intéresse qu’au nombril de leurs auteurs, dans un univers aussi déconnecté de la réalité que les frigos du Fouquet’s. Alors, le livre d’Emmanuel est une raison de revivifier son goût pour les bons romans, ceux qui [...]

    • Il faut

      Si Marine Le Pen ne réunit pas les 500 signatures nécessaires à sa candidature à la Présidentielle, tant mieux ! En 2002, Chirac avait donné des instructions pour que le père les obtienne et puisse concourir : on a vu les conséquences le 21 avril. Il faut récuser l’argument selon lequel « je suis contre vos idées, mais je me battrai jusqu’au bout pour que vous puissiez les défendre » : car eux, ne demandent qu’à se débarrasser de nous…

    • Il faut

      Rien ne dit que le sémillant Wade, qui brigue un troisième mandat présidentiel alors que la Constitution du pays ne l’autorise à en accomplir que deux, ne postulera pas, le moment venu, pour un quatrième. Il ne faut pas décourager les vocations, fût-ce à 85 ans (déclarés) comme lui ; d’ailleurs, il y a trop de jeunes au Sénégal…

    • Est-il politiquement correct de se dire que

      des gens à la rue par ce froid n’est pas acceptable. Maggie ne joue pas les enchanteresses. Peter refuse que les bus de l’armée servent aux transports, concurrence avec de Lijn oblige. Et les bien-pensants estiment que « les bobos gauchos » … doivent prendre « en charge, chez eux et à leurs frais, quelques réfugiés économiques ». Triste pays, tristes sires. Personnellement, je préférerais que mes impôts leur servent à quelque chose, plutôt qu’à financer les intérêts notionnels et particuliers de certaines entreprises.