Ou bien… Ou bien…
Dans La part de l’autre, Eric-Emmanuel Schmitt imagine ce qu’aurait pu devenir Hitler s’il n’avait pas été recalé aux beaux-arts. Dans Smoking / No Smoking, Alain Resnais, adaptant une pièce de l’Anglais Peter Ayckbourn, proposent six fins différentes à partir d’un point de départ commun selon que telle ou telle chose se produise ou non. Viennent de paraître chez Glénat deux très bonnes bandes dessinées reposant sur le même principe, L’alternative et Destins. (Lire la suite…)







Jean-Claude Servais le sait-il ? Le nom de famille « Vaes » est le diminutif du prénom flamand « Servaes » qui a donné en français « Servais ». Même s’il est léger, on peut donc faire un rapprochement patronymique entre le dessinateur gaumais et Henry Vaes, ingénieur-architecte qui construisit à partir de 1929 la nouvelle abbaye d’Orval. Or d’Orval il est justement question dans le dernier album du bédéiste belge.
L’humour est né avec la bande dessinée: Monsieur Jabot (illu) ou le Docteur Festus du Suisse Töpffer dans les années 1830-40, The Yellow Kid et The Katzenjammer Kids (Pim Pam Poum) aux Etats-Unis à la fin du XIXe siècle, suivis par Little Nemo, Popeye ou Bicot. Et en France, au début du XXe, Bécassine, Les Pieds Nickelés, Bibi Fricotin ou Zig et Puce. Il a bien sûr constamment évolué, notamment grâce aux revues adultes apparues au cours des décennies 1960-70 – Pilote, Hara-Kiri, Charlie Hebdo, L’Echo des Savanes, Métal Hurlant, Fluide Glacial... C’est de là que sont issus quelques-uns parmi ses meilleurs représentants qui n’hésitent pas à flirter avec le non-sens.
Non, ce n’est pas pour vous parler du Chat que je consacre ce billet à son créateur – même si vient de sortir un nouveau best-of du célèbre félidé, Le Top du Chat – mais pour vous conseiller la lecture d’Alerte sur Fangataufa, le premier tome d’une nouvelle série BD dont il signe le scénario, Les aventures de Scott Leblanc (Casterman). Ce qui frappe d’emblée, avant même de plonger dans l’histoire elle-même, c’est le dessin très «Ligne claire» de Devig (Christophe de Viguerie). Une ligne claire extrêmement dépouillée, comme celle d’Hergé mais plus encore celle de ceux qu’il a inspirés, Joost Swarte (inventeur du terme, je crois), Ted Benoît ou Yves Chaland, et dont l’apparente simplicité et la franche lisibilité conviennent parfaitement à l’histoire racontée, riche d’un humour évidemment décalé.
Parallèlement à la publication de nouveautés, les éditeurs historiques de bandes dessinées ont besoin de raviver sans cesse leur fonds par le biais soit d’intégrales, soit de la poursuite de séries classiques dont le ou les auteur(s) sont morts. Pour pouvoir relire Tif et Tondu ou Gil Jourdan, par exemple, il faut se rabattre sur leurs intégrales (au demeurant fort bien faites) dont chaque volume reprend trois ou quatre épisodes. Dupuis, très en verve dans ce domaine, revigore aussi Johan et Pirlouit, le Spirou et Fantasio de Franquin, ainsi que Natacha ou Yoko Tsuno, tandis que le Lombard se charge de Michel Vaillant, Jonathan, Luc Orient et même du très peu connu Pythagore et Cie de Derib et Job. Pourquoi pas? Ce sont à chaque fois de très beaux albums avec des documents rares, des dossiers historiques, etc. Mais la BD change alors de nature, devenant une sorte d’objet de luxe. Et si l’entreprise est justifiable pour des séries terminées, pourquoi le mener avec d’autres toujours en cours comme Jeremiah, Ric Hochet, Chick Bill ou Victor Sackville?
Dans le monde la bande dessinée, Christian Durieux (né à Bruxelles en 1965) s’est, en vingt ans, petit à petit fait un nom grâce à deux séries, Avel (scénario de Jean Dufaux) et Oscar (Scénario de Denis Lapière), à des récits complets réalisés seuls (Benito Mambo, Le Pont) ou aux Gens honnêtes, une histoire écrite par Jean-Pierre Gibrat dont le premier tome est paru l’an dernier. Il vient de signer deux albums importants, l’un comme dessinateur, Appelle-moi Ferdinand, l’autre comme scénariste, La maison d’Ether, tous deux chez Futuropolis.
En 2006, l’année de ses soixante ans, le Lombard a réédité en fac-similé douze albums représentatifs de quelques-unes de ses séries phares (Blake et Mortimer, Michel Vaillant, Clifton, Bruno Brazil, Corentin, Modeste et Pompon, etc). Poursuivant sur sa lancée, l’éditeur bruxellois à publié, sous la même présentation, des histoires des moins connus Prudence Petitpas, Jari, Spaghetti ou Strapontin. Et c’est aujourd’hui Thyl Ulenspiegel qui fait l’honneur de cette collection Millésime.
Maurice Tillieux (1921-1978) est le « quatrième homme » de l’âge d’or de la BD franco-belge (selon le terme usité, en fait plus belge que française) qui correspond peu ou prou aux trente glorieuses, soit du lendemain de la guerre au milieu des années 1970. Moins connu du grand public que Goscinny (Astérix, Lucky Luke, etc.), Greg (Achille Talon, Comanche, Bernard Prince and co) ou Jean-Michel Charlier (Blueberry, Barbe-Bleue…) – ces deux derniers étant Belges, l’un né à Ixelles, l’autre à Liège -, trois scénaristes sans lesquels la bande dessinée ne serait pas ce qu’elle a été et est devenue, il a néanmoins laissé une empreinte indélébile sur son art.
