Facebook

Ce que la guerre fait de nous

Rêves oubliés, Léonor De Récondo, Paris : Sabine Wespieser, 2011. 169 p. 17 € Le livre de Léonor De Récondo aurait pu être un roman de 800 pages, romanesque à souhait, plein de tensions et de drames ; une famille espagnole plutôt aisée, mais républicaine, doit tout abandonner pour se réfugier en France pendant la guerre [...]

Dérangements

Dahlia, Hitonari Tsuji, Paris : Seuil, 2011. 133 p. 16 € Il y avait longtemps que je n’avais plus lu un livre aussi dense et dérangeant. Au point que j’ai eu, au terme du deuxième chapitre, l’impression de lire un recueil de nouvelles… Mais non, c’est un roman, et d’une force exemplaire que celui de Hitonari [...]

Marquise, si ces 10 pages…

Variations Valéry : les cadences de la marquise, Jean Charlent, Bruxelles : Le cri, 2011. 212 p. 18 € Il faut parfois se rappeler que la littérature, c’est aussi voire surtout une affaire de style et d’écriture. Chaque écrivain a les siens, d’autant plus reconnaissables que l’écrivain est de talent. Et comme disait Gary, il n’y [...]

Les battements d’aile du papillon

L’amant de Salammbô, Jacques Machiels, Tellin : Traces de vie, 2011. 165 p. 18 € J’ai la plus grande méfiance pour les éditeurs qui pratiquent, plus ou moins ouvertement, le compte d’auteur. Pourtant, certains textes de qualité ne pourraient pas trouver d’éditeur “classique”, parce qu’ils sont aux marges – des sensibilités, des genres, des attentes. Dans [...]

Rêver un impossible rêve

Nos rêves sont plus grands que le ciel, Jean Cavé, Paris : Plon, 2011. 321 p. 20 € Qui se souvient de Percival Lowell ? Ce chevalier d’une table ronde à la taille de l’univers est une de ces extraordinaires figures américaines qui, grâce à leur énorme fortune, ont pu pousser jusqu’aux limites les plus extrêmes [...]

Un roman rêvé

La femme et l’ours, Philippe Jaenada, Paris : Grasset, 2011. 311 p. 18 € Il y a quelque chose de “After hours”, le film de Scorsese, dans ce roman ; la chute du personnage semble guidée par d’incroyables coïncidences, qui l’entraînent toujours plus profondément dans la déglingue, la déchéance et l’absurde. Bix — c’est son nom [...]

Un livre rouge

Grenouilles, Mo Yan, Paris : Seuil, 2011. 408 p. 22 € Mo Yan est un écrivain chinois éblouissant. Truculent et inventif, il offre, à travers ses romans — comme son précédent et fabuleux “La dure loi du Karma” —, à dresser le tableau historique de la Chine communiste, depuis les temps révolutionnaires des pionniers jusqu’à l’ère [...]

Le souffle de l’imaginaire

Les villes de la plaine, Diane Meur, Paris : Sabine Wespieser, 2011. 372 p. 23 € On se demande parfois si quelque chose distingue, aujourd’hui, la littérature de France et celle de Belgique. Diane Meur permet de répondre positivement ; son dernier roman qui ose s’emparer de la plus vaste des matières qui soit : à [...]

Encore et toujours

Franz Stangl et moi, Dominique Sigaud, Paris : Stock, 2011. 220 p. 18 € Après HHhH de Laurent Binet et Les sentinelles de Bruno Tessarech, Dominique Sigaud ajoute sa pierre à cette nouvelle manière d’aborder ce “passé qui ne passe pas”, celui de la guerre et de l’extermination. Sigaud recourt, pour ce faire, à un terme [...]

Hors champ

Cheyenn, François Emmanuel, Paris : Seuil, 2011. 124 p. 14 € Je suis las de cette littérature parisienne qui ne s’intéresse qu’au nombril de leurs auteurs, dans un univers aussi déconnecté de la réalité que les frigos du Fouquet’s. Alors, le livre d’Emmanuel est une raison de revivifier son goût pour les bons romans, ceux qui [...]

L’autre Marilyn

Jayne Mansfield, 1967, Simon Liberati, Paris : Grasset, 2011. 196 p. 18 € Le cinéma américain a forgé quelques-unes des grandes légendes du siècle passé : celles qui, à travers leurs folies, leurs déviances autant que par leurs talents (et parfois davantage), ont défrayé la chronique et exercé une fonction cathartique auprès d’un public qui découvrait [...]

Into the white

Banquises, Valentine Goby, Paris : Albin Michel, 2011. 247 p. 18 € Sarah est folle de musique et d’acoustique. Folle aussi de Diane. Laquelle meurt. Pour guérir de la dépression qui suit ce deuil, à 20 ans, elle décide de partir pour le Groenland. Ses parents et sa jeune sœur l’accompagne à l’aéroport. Et là commence [...]

Les nouveaux appâts

Tout, tout de suite, Morgan Sportès, Paris : Fayard, 2011. 379 p. 20 € Après le succès, en 1990, de son roman L’Appât, adapté par Tavernier, Sportès a imposé une manière très personnelle et particulière de traiter les “faits” — ce qu’il appelle un “conte de faits”. Il revendique haut et clair que ses livres, tous [...]

Asile ?

Opium Poppy, Hubert Haddad, Paris : Zulma, 2011. 176 p. 17 € Il faut le talent d’Hubert Haddad pour insuffler de la magie et de la douceur dans les sujets les plus tragiques, et éviter ainsi le sensationnalisme et le sentimentalisme larmoyants. Qu’il s’agisse de défis personnels ou sociaux, cet écrivain incomparable traite la vie, ses [...]

À la recherche du corps perdu

L’homme qui n’y croyait pas, Michel Manière, Paris : Seuil, 2011. 252 p. 18 € De la littérature avant toute chose… Le roman de Manière est un chef-d’œuvre du genre, qui nous rappelle que la littérature est d’abord une affaire de style. Et quel style ! À travers le récit intime d’un homme qui cherche sa [...]

Bonjour, tristesse ?

La petite, Michèle Halberstadt, Paris : Albin Michel, 2011. 148 p. 13 € Au début, on se dit : encore une histoire de pauvre petite fille triste, un de ces drames bourgeois dont la littérature française nous inonde… Mais ce serait oublier le talent et la sensibilité de Michèle Halberstadt. Cette “petite” — et qu’elle soit [...]

Peintre d’émotions

Le Turquetto, Metin Arditi, Arles : Actes Sud, 2011. 285 p. 20 € Avec “Parlez-leur de batailles, de rois et d’éléphants”, Énard, à partir d’une scorie, avait construit un magnifique roman racontant la visite de Michel Ange à Constantinople. À partir d’une autre scorie (une signature énigmatique au bas d’un tableau attribué au Titien) Arditi fait [...]

Un tramway nommé soupir

Eléctrico W, Hervé Le Tellier, Paris : Lattès, 2011. 286 p. 18 € Vincent est un raté. Vous imaginez ce qu’il m’en coûte d’écrire cette phrase… Pigiste dans un journal, il se retrouve à Lisbonne, en 1985, avec Antonio, un photographe. Tous les deux trimbalent leurs histoires d’amour. Amours ratées, amours amorcées. Celles du passé, celles [...]

Mourir d’aimer

La voix des êtres aimés, Isabelle Jarry, Paris : Stock, 2011. 300 p. 19 € Paul et Céleste ont été amants. Il était son professeur de philosophie ; elle était jeune et brûlante de vie. Puis, la rupture, et pour lui l’exil en Amérique. Alors qu’il se sait condamné, il revient en France et appelle Céleste [...]

Que la vie demeure

Contrepoint, Anna Enquist, Arles : Actes Sud, 2011. 231 p. 20 € J’ai toujours été passionné par les rapports privilégiés – mais si délicats à établir – qui existent entre la musique et la littérature. Pas simplement raconter qu’un personnage va au concert ou joue d’un instrument ; trouver la vraie “symphonie”. C’est ce miracle qu’accomplit [...]

    • Il faut

      Si Marine Le Pen ne réunit pas les 500 signatures nécessaires à sa candidature à la Présidentielle, tant mieux ! En 2002, Chirac avait donné des instructions pour que le père les obtienne et puisse concourir : on a vu les conséquences le 21 avril. Il faut récuser l’argument selon lequel « je suis contre vos idées, mais je me battrai jusqu’au bout pour que vous puissiez les défendre » : car eux, ne demandent qu’à se débarrasser de nous…

    • Il faut

      Rien ne dit que le sémillant Wade, qui brigue un troisième mandat présidentiel alors que la Constitution du pays ne l’autorise à en accomplir que deux, ne postulera pas, le moment venu, pour un quatrième. Il ne faut pas décourager les vocations, fût-ce à 85 ans (déclarés) comme lui ; d’ailleurs, il y a trop de jeunes au Sénégal…

    • Est-il politiquement correct de se dire que

      des gens à la rue par ce froid n’est pas acceptable. Maggie ne joue pas les enchanteresses. Peter refuse que les bus de l’armée servent aux transports, concurrence avec de Lijn oblige. Et les bien-pensants estiment que « les bobos gauchos » … doivent prendre « en charge, chez eux et à leurs frais, quelques réfugiés économiques ». Triste pays, tristes sires. Personnellement, je préférerais que mes impôts leur servent à quelque chose, plutôt qu’à financer les intérêts notionnels et particuliers de certaines entreprises.