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Ce bon Monsieur Rodwell


Nick Rodwell est sans aucun doute ce qui est arrivé de pire à Tintin, tout le monde le sait, le dit et l’écrit, sauf ses amis, sa femme, Fanny ex-Remi, et évidemment les employés de sa société Moulinsart SA (c’est d’autant plus dommage que figurent parmi eux des gens très bien). On connaît ses plus récents faits d’armes, tels son mépris affiché à l’égard des photographes du monde entiers interdits de faire leur métier lors de l’inauguration du Musée Hergé à Louvain-la-Neuve (même si des photos libres de droits leur ont été distribuées) ou la farce ubuesque de son blog, qui serait simplement ridicule si elle n’était aussi nauséabonde, où il s’attaquait à la vie privée de journalistes osant critiquer ses méthodes intolérables. Ouvert début juillet 2009 sur Tintin.com, ce blog a suscité un tel tollé qu’il a d’ailleurs été fermé un mois plus tard. Les derniers fruits de sa paranoïa d’autant plus dangereuse qu’elle se manifeste par un désir sadique de «tuer» sont, hélas, autrement plus graves, comme on peut un juger par cette lettre de Bob Garcia reprise par Pierre Assouline (auteur d’une biographie de Tintin) sur son excellent blog, La République des Livres (http://passouline.blog.lemonde.fr/page/2). On pourra aussi se reporter au dossier très complet réalisé par Actua BD (http://www.actuabd.com/Bob-Garcia-perd-la-bataille-face-a).

«Je suis auteur de polars aux éditions du Rocher, Payot-Rivage, etc. (Testament de Sherlock Holmes, Duel en enfer, etc.) En marge de mon travail d’écrivain, j’ai publié par passion cinq petites études tintinophiles, tirées en moyenne à 500 exemplaires chacune, dans le cadre d’une  association loi 1901 (Promocom) dont le but est de faire connaître Tintin auprès du jeune public. Certains de ces ouvrages contiennent quelques vignettes de Hergé au titre de la courte citation graphique et conformément à la convention de Berne de 1974 (Acte de Paris), afin d’illustrer le propos. Ni Promocom, ni moi-même n’avons gagné un centime avec ces publications quasi confidentielles. Un premier jugement – Tribunal de Nanterre – dans le procès opposant Moulinsart/Rodwell à Promocom/Garcia a admis le principe de la courte citation graphique. Moulinsart a fait appel.  Le jugement en appel – Tribunal de Versailles – infirme sur le principe de courte citation graphique et me condamne à payer 48.619,76 euros pour contrefaçon, sur des accusations mensongères et non démontrées de Moulinsart (on me demande par exemple de retirer des images de Tintin d’un de mes ouvrages qui n’en contient aucune !)

L’association Promocom étant acculée au dépôt de bilan, et ne pouvant pas moi-même payer cette somme (je ne suis pas imposable en 2009), j’ai donc proposé par voie d’avocat une solution de conciliation à Moulinsart qui connaît fort bien ma situation financière. Réponse de Moulinsart : commandement de payer avec saisie-vente de ma maison, au plus tard mercredi 28 octobre. Je souhaite dénoncer les procédés orduriers de Rodwell et de Moulinsart, en montrant la violence et l’acharnement dont ils font preuve à mon égard. Un proche de Rodwell a annoncé publiquement devant témoins que « Rodwell veut la peau de Bob Garcia. Jusqu’à quand les juges vont-ils donner raison à un tel personnage ?”

Je ne connais pas Bob Garcia, je n’ai lu aucun de ses livres sur Tintin, mais la question n’est pas là. Elle est de deux ordres, au moins. Pourquoi Nick Rodwell s’acharne-t-il systématiquement, et avec une frénésie quasiment pathologique, refusant tout accord à l’amiable, sur des gens qui, de bonne foi, et sans visée pécuniaire, veulent communiquer leur amour pour l’univers d’Hergé? Et pourquoi leur réclame-t-il de telles sommes (et non, par exemple, un euro de dommages et intérêts), lui qui, selon Alain de Kuyssche dans une réponse à Vincent Engel (http://edern.be/wordpress/musee-herge-gogos-en-stock/), ne peut être accusé de radinerie ? Sans doute est-ce grâce à ces sommes aussi mirobolantes qu’injustes et injustifiées que Moulinsart parvient «à faire vivre plus d’une centaine de personnes»? L’argent a vraiment une drôle d’odeur chez les héritiers d’Hergé.

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Une réaction sur “Ce bon Monsieur Rodwell”

  1. Michel MOSER dit :

    Bonjour,
    Je suis tout à fait d’accord avec votre analyse en ce qui concerne Nick Rodwell la formule « ce qui est arrivé de pire à Tintin » est très juste… (ce monsieur a dit qu’il lirait Tintin quand il serait en retraite) mais je suis ADH (association Amis de Hergé) et je connais Bob Garcia qui écrit 2 bouquins par an sur Tintin mauvais et bourrés de fautes, plus des parodies aux titres improbables (saint-tin et son ami lou) à des années lumières d’un Benoit Peeters ou d’un Philippe Goddin.
    Il est comme ce vieux Nick ce qui le motive c’est le fric et la provoc mais dans le cas présent c’est le pot de fer contre le pot de terre… NR a une armée d’avocats dont Mr Alain Berenboom qui est dans la liste des chroniqueurs.
    Pour être clair je ne dis pas que Bob a ce qu’il mérite mais il cherche la bagarre puis se présente comme victime.

    M MOSER

Réagissez

    • Il faut

      En lisant ces quelques lignes de No Exit, traduction d’un article de Philip Gourevitch dans le New Yorker du 12 décembre 2011 (chez Allia) : « L’automne dernier, il a inauguré une exposition d’art moderne. Occasion pour lui de se montrer en homme du peuple, qui apporte l’art des élites au citoyen. Or, après avoir contemplé un carré orange d’Yves Klein, il a dit : Cà, c’est plusieurs millions ». Puis il a demandé : « Léger, c’est cher ? Klein, plus que Léger ? Moins que Matisse ? » Ses remarques ont provoqué les railleries consternées de la presse », il ne faut pas être grand clerc pour savoir de qui il s’agit, et de quelle « représidentialisation » ratée on parle…  

    • Il faut

      Il aurait fallu dire un mot de l’absurde prétention de DSK à demander réparation à son accusatrice (et à hauteur d’un million de dollars) pour « perte d’emploi » et « détresse émotionnelle ». Mais les choses vraiment sérieuses s’engagent désormais dans la zone euro. Tandis que les épargnants grecs retirent leur argent des banques, l’UE s’apprête à en exclure le pays (on appelle cela le « Greexit »), exactement comme si un quidam se voyait signifier sur l’écran d’un distributeur que son crédit est épuisé et que la machine va avaler sa carte. Preuve définitive que les mesures d’austérité pour les seuls bas revenus ne fonctionnent pas…

    • Il faut

      S’il faut revenir, dans cette série, à la politique belge, ce serait pour en repartir tout aussi vite, à la lumière (?) des récentes saillies de Philippe Moureaux, l’historien qui réintroduit le Docteur ès désinformation Goebbels dans le paysage, aux pugilats du même avec Didier Reynders, dérapant en direct sur la route menant de l’Afghanistan à la Wallonie. A ce compte, Molenbeek mérite mieux que d’être l’épicentre de ce monde plein de raccourcis…