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Ce que la guerre fait de nous


Rêves oubliés, Léonor De Récondo, Paris : Sabine Wespieser, 2011. 169 p. 17 €

Le livre de Léonor De Récondo aurait pu être un roman de 800 pages, romanesque à souhait, plein de tensions et de drames ; une famille espagnole plutôt aisée, mais républicaine, doit tout abandonner pour se réfugier en France pendant la guerre d’Espagne. Ama, l’épouse d’Aïta, tient un journal. Avec leurs enfants et des proches, ils se retrouvent dans une ferme, et y passent la guerre.
Mais l’auteur a choisi une voie de traverse, presque de résistance au romanesque. La voie et la voix de l’épure. De petites touches, où les pensées des personnages s’immiscent dans la narration sans la faire trébucher. Au final, un tableau touchant d’une guerre au quotidien, avec toute la tension mais sans pathos excessif. L’impression que le lecteur éprouve est celle de la justesse ; pendant ces pages, nous sommes tous avec cette famille, entre peur et vie, tout simplement. Car le propre de la nature humaine est de s’adapter, n’est-ce pas ?
Une belle résilience au goût de prose.

Réagissez

    • Il faut

      S’il faut revenir, dans cette série, à la politique belge, ce serait pour en repartir tout aussi vite, à la lumière (?) des récentes saillies de Philippe Moureaux, l’historien qui réintroduit le Docteur ès désinformation Goebbels dans le paysage, aux pugilats du même avec Didier Reynders, dérapant en direct sur la route menant de l’Afghanistan à la Wallonie. A ce compte, Molenbeek mérite mieux que d’être l’épicentre de ce monde plein de raccourcis…

    • Il faut

      A toutes les malédictions qui frappent la Grèce oubliée des Dieux, il faut ajouter celle d’avoir vu émerger aux législatives du 6 mai un parti néo-nazi, qui a très vite donné sa pleine mesure. D’abord, les journalistes ont été contraints de se lever quand le chef de cette clique est arrivé à la conférence de presse – ceux qui ont refusé étaient exclus de la salle. Ensuite, on l’a interrogé sur la manière dont il aborderait la question de l’immigration si son parti entrait au Gouvernement. Réponse : « Je vous laisse imaginer… » C’est parfaitement clair, dans son obscurité même…

    • Il faut

      Après avoir soufflé un grand coup en direction de Paris dimanche soir, il faudra à nouveau retenir sa respiration, cette fois pour une durée indéterminée, auvu du résultat des législatives en Grèce. Les deux partis (Pasok et Nouvelle Démocratie) qui ont approuvé les ukases de la Troika ont perdu, au bénéfice de partis (de la Gauche radicale aux néo-nazis) condamnant les mesures d’austérité sur les salaires et les retraites. L’UE, comme prévu, menace de ne plus verser l’aide promise : et pourtant, dans un sens comme dans l’autre, ce n’est pas un retour à la case zéro…