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Clearstream : une image


L’image de la semaine n’est pas celle que vous croyiez : non ce n’est pas la course médiatique à la Justine ! Encore que cette image-là n’était pas sans signification sur l’état des priorités de l’information. Mais donc l’image de la semaine est celle d’un homme en colère. Colère feinte ou réelle ? Allez-savoir ! C’est en tous cas une image recherchée, fabriquée, mise en scène jusque dans les derniers détails malgré le désordre ambiant qui régnait en début de semaine dans les couloirs du Palais de Justice de Paris pour l’ouverture du procès Clearstream, cette sombre affaire de listes trafiquées de comptes bancaires à l’étranger. Cette image, donc : la crinière flamboyante, entouré de femme et enfants, l’ancien premier ministre et principal inculpé lançait telle une gasconnade son défi guerrier. « Je suis ici par l’acharnement d’un homme, Nicolas Sarkozy et j’en sortirai libre et blanchi par le peuple français » s’écriait Dominique de Villepin. Etrange procès pour une étrange affaire. Il y a certes la question de fond : Dominique de Villepin a-t-il oui ou non trafiqué ces listes pour compromettre Nicolas Sarkozy ? Avec l’ancien président Chirac, son ami, l’ancien premier ministre a-t-il fomenté un complot contre son rival ? La réponse n’est évidemment pas sans importance. S’il y a des indices, il n’y a en tous cas pas de preuve et il peu probable que de ce procès sorte autre chose qu’une vérité judiciaire. Et là, les choses se corsent, si l’on peut dire, puisque ce procès est unique dans les annales de la justice française. Car Nicolas Sarkozy veut sa revanche et est donc partie prenante au procès. Jamais jusqu’ici un Président de la République en exercice ne s’était porté partie civile. Et pour cause puisque le Président préside le Conseil supérieur de la Magistrature, nomme des magistrats et jouit d’une immunité juridique durant son mandat. « Rupture du principe de procès équitable », ont dit les avocats de Dominique de Villepin qui joue son avenir politique dans l’affaire. En tous cas curieuse confusion des genres qui indique encore une fois que Nicolas Sarkozy accorde plus d’importance aux revendications de l’homme prédisent qu’aux exigences de sa fonction.
Il y aura encore de fortes images dans ce procès qui charrie haine, mensonge et trahison et à tout pour se transformer en une série télévisée.

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Réagissez

    • Il faut

      En lisant ces quelques lignes de No Exit, traduction d’un article de Philip Gourevitch dans le New Yorker du 12 décembre 2011 (chez Allia) : « L’automne dernier, il a inauguré une exposition d’art moderne. Occasion pour lui de se montrer en homme du peuple, qui apporte l’art des élites au citoyen. Or, après avoir contemplé un carré orange d’Yves Klein, il a dit : Cà, c’est plusieurs millions ». Puis il a demandé : « Léger, c’est cher ? Klein, plus que Léger ? Moins que Matisse ? » Ses remarques ont provoqué les railleries consternées de la presse », il ne faut pas être grand clerc pour savoir de qui il s’agit, et de quelle « représidentialisation » ratée on parle…  

    • Il faut

      Il aurait fallu dire un mot de l’absurde prétention de DSK à demander réparation à son accusatrice (et à hauteur d’un million de dollars) pour « perte d’emploi » et « détresse émotionnelle ». Mais les choses vraiment sérieuses s’engagent désormais dans la zone euro. Tandis que les épargnants grecs retirent leur argent des banques, l’UE s’apprête à en exclure le pays (on appelle cela le « Greexit »), exactement comme si un quidam se voyait signifier sur l’écran d’un distributeur que son crédit est épuisé et que la machine va avaler sa carte. Preuve définitive que les mesures d’austérité pour les seuls bas revenus ne fonctionnent pas…

    • Il faut

      S’il faut revenir, dans cette série, à la politique belge, ce serait pour en repartir tout aussi vite, à la lumière (?) des récentes saillies de Philippe Moureaux, l’historien qui réintroduit le Docteur ès désinformation Goebbels dans le paysage, aux pugilats du même avec Didier Reynders, dérapant en direct sur la route menant de l’Afghanistan à la Wallonie. A ce compte, Molenbeek mérite mieux que d’être l’épicentre de ce monde plein de raccourcis…