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Chine, croissance surréaliste


© P. Pellizzari, Sichuan

Durant mes divers reportages photographiques en Chine, il m’était impossible de ne pas penser au système politique. J’étais impressionné par l’efficacité avec laquelle certains projets d’intérêt commun étaient réalisés, et j’étais néanmoins troublé par le traitement de la liberté et du bonheur. Hier soir en écoutant et voyant une rétrospective sur Satie, mon trouble a pris une autre dimension. À l’époque du compositeur, l’Europe, forte de sa croissance, explosait de joie ( malgré les guerres). Les surréalistes rivalisaient d’ingéniosité pour être drôles, des projets artistiques en tous genres naissaient, l’aisance de la croissance donnait à certains des ailes.
Aujourd’hui, la Chine jouit de la même croissance économique, mais absolument rien de joyeux, de créatif et surtout de léger n’en sort. Certains vous diront que c’est leur passé qui pèse; je pense au contraire que c’est le présent, voire l’avenir qui les attristent.
C’est peut-être aussi cela la liberté: pouvoir être surréaliste.

Une réaction sur “Chine, croissance surréaliste”

  1. Bonjour Pablo,
    « Etre libre en Chine c’est être surréaliste..??? » L’idée me plait.
    « Etre surréaliste en Europe c’est être libre… »L’idée me plait aussi, elle nous est plus familière façon Cocteau /de Noaille, le sans interdit, sans entrave, sans promesse …moins grave aussi.
    Une admiratrice de vos merveilleux témoignages visuels.
    Laurence

Réagissez

    • Il faut

      En lisant ces quelques lignes de No Exit, traduction d’un article de Philip Gourevitch dans le New Yorker du 12 décembre 2011 (chez Allia) : « L’automne dernier, il a inauguré une exposition d’art moderne. Occasion pour lui de se montrer en homme du peuple, qui apporte l’art des élites au citoyen. Or, après avoir contemplé un carré orange d’Yves Klein, il a dit : Cà, c’est plusieurs millions ». Puis il a demandé : « Léger, c’est cher ? Klein, plus que Léger ? Moins que Matisse ? » Ses remarques ont provoqué les railleries consternées de la presse », il ne faut pas être grand clerc pour savoir de qui il s’agit, et de quelle « représidentialisation » ratée on parle…  

    • Il faut

      Il aurait fallu dire un mot de l’absurde prétention de DSK à demander réparation à son accusatrice (et à hauteur d’un million de dollars) pour « perte d’emploi » et « détresse émotionnelle ». Mais les choses vraiment sérieuses s’engagent désormais dans la zone euro. Tandis que les épargnants grecs retirent leur argent des banques, l’UE s’apprête à en exclure le pays (on appelle cela le « Greexit »), exactement comme si un quidam se voyait signifier sur l’écran d’un distributeur que son crédit est épuisé et que la machine va avaler sa carte. Preuve définitive que les mesures d’austérité pour les seuls bas revenus ne fonctionnent pas…

    • Il faut

      S’il faut revenir, dans cette série, à la politique belge, ce serait pour en repartir tout aussi vite, à la lumière (?) des récentes saillies de Philippe Moureaux, l’historien qui réintroduit le Docteur ès désinformation Goebbels dans le paysage, aux pugilats du même avec Didier Reynders, dérapant en direct sur la route menant de l’Afghanistan à la Wallonie. A ce compte, Molenbeek mérite mieux que d’être l’épicentre de ce monde plein de raccourcis…