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Comme elles disent…


Le bleu est une couleur chaude, Julie Maroh, Glénat, 156 pages, 15 €

Dire que la première BD de la jeune Julie Maroh, native d’Arras mais installée à Bruxelles où elle a fait Saint-Luc, parle de l’homosexualité féminine, c’est exact, bien sûr, mais un peu réducteur. Car Le bleu est une couleur chaude est d’abord un album sur l’adolescence, précisément sur une adolescente en quête de ce qu’elle est profondément.

C’est un très bel album de 156 pages qui joue sur deux époques correspondant à deux tonalités différentes, la couleur pour leprésent, le noir et blanc pour le passé. Une jeune femme se rend chez les parents de celle qui l’aimait mais qui, comprend-on vite, est morte et dont on entend la voix à travers le texte de la lettre qu’elle lui a laissée. C’est par la lecture de son journal conservé dans sa chambre d’enfant qu’Emma va retrouver Clémentine. Et va réellement découvrir celle avec qui elle a partagé plus d’une décennie de vie. Le journal intime révèle une adolescente lilloise comme beaucoup d’autres, qui croit tomber amoureuse d’un garçon avant de se rendre compte que quelque chose cloche, quelque chose sur laquelle elle ne parvient pas à mettre de mots.

Lorsqu’un soir dans un bar gay où l’a emmené son meilleur ami homosexuel, elle rencontre une jeune fille plus âgée qu’elle – et aux cheveux bleus -, déjà croisée quelques temps plus tôt, elle est troublée. Naît ainsi entre elles, progressivement, difficilement, une complicité secrète qui se mue bientôt en amour, la cadette étant profondément attachée, donc très demandeuse, tandis que son aînée, déjà en couple, tend à tergiverser, se méfie des emportements de l’adolescente.

Voilà, c’est tout, et c’est déjà beaucoup, mais c’est beaucoup plus, en fait. L’auteure, elle-même homosexuelle, a trouvé les mots justes pour décrire la fragilité de sa jeune héroïne, sa recherche de sa personnalité, ses rapports avec ses parents, ses copines de classe, son pote homo et bien sûr son initiatrice. Si quelques dessins son maladroits – c’est un premier album -, les textes et dialogues sonnent toujours vrais. Sûr que Julie Maroh est promise à un bel avenir dans le 9ème art.

Réagissez

    • Il faut

      En lisant ces quelques lignes de No Exit, traduction d’un article de Philip Gourevitch dans le New Yorker du 12 décembre 2011 (chez Allia) : « L’automne dernier, il a inauguré une exposition d’art moderne. Occasion pour lui de se montrer en homme du peuple, qui apporte l’art des élites au citoyen. Or, après avoir contemplé un carré orange d’Yves Klein, il a dit : Cà, c’est plusieurs millions ». Puis il a demandé : « Léger, c’est cher ? Klein, plus que Léger ? Moins que Matisse ? » Ses remarques ont provoqué les railleries consternées de la presse », il ne faut pas être grand clerc pour savoir de qui il s’agit, et de quelle « représidentialisation » ratée on parle…  

    • Il faut

      Il aurait fallu dire un mot de l’absurde prétention de DSK à demander réparation à son accusatrice (et à hauteur d’un million de dollars) pour « perte d’emploi » et « détresse émotionnelle ». Mais les choses vraiment sérieuses s’engagent désormais dans la zone euro. Tandis que les épargnants grecs retirent leur argent des banques, l’UE s’apprête à en exclure le pays (on appelle cela le « Greexit »), exactement comme si un quidam se voyait signifier sur l’écran d’un distributeur que son crédit est épuisé et que la machine va avaler sa carte. Preuve définitive que les mesures d’austérité pour les seuls bas revenus ne fonctionnent pas…

    • Il faut

      S’il faut revenir, dans cette série, à la politique belge, ce serait pour en repartir tout aussi vite, à la lumière (?) des récentes saillies de Philippe Moureaux, l’historien qui réintroduit le Docteur ès désinformation Goebbels dans le paysage, aux pugilats du même avec Didier Reynders, dérapant en direct sur la route menant de l’Afghanistan à la Wallonie. A ce compte, Molenbeek mérite mieux que d’être l’épicentre de ce monde plein de raccourcis…