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Copenhague: Barnum of not Barnum (1)? (première partie)


La rumeur, c’est un arbre sans racines, à la sève de venin, avec des feuilles d’épines et des pommes à pépins.
Yves Duteil, La rumeur

Mes restes de critique historique me font toujours dire que finalement, dans la vie, les seules théories dont nous sommes sûres sont celles que l’on a démontrées comme fausses, et encore. La science n’est pas une foi et si l’on a généralement foi dans la science, peut-on en douter ?

Combien de chroniques n’ai-je écrites pour me gausser des climato sceptiques, des écolos sceptiques ? Mais ne me serais-je pas trompé ? N’auraient-ils pas eu raison contre tout le monde ? N’aurais-je pas dû suivre leurs lumières plutôt que les ténèbres du GIEC ? Aurait-on surpris me religion ?

Comme en suis-je arrivé à douter de mes croyances ? Parce que l’on m’a trompé. Si, si ! En novembre, des personnes bien intentionnées, qui luttent contre les gourous du climat, ont piraté en tout bien, tout honneur, les serveurs mails de la Climatic Research Unit et récupéré 13 ans de mails qui le démontrent. (Ce sont des gens bien ordonnés ces scientifiques anglais).  Le Professeur Phil Jones, directeur de l’unité de recherche climatique à l’Université d’East Anglia va bientôt recevoir le surnom de tricky Phil.

Ce n’est bien entendu qu’anecdotique de savoir que les mails dérobés ont été stockés sur des serveurs russes ou saoudiens. Il faut seulement savoir que le réchauffement climatique est une vaste blague et que surtout, nous ne sommes en rien responsables. Que l’on en finisse avec ce complot écolo-gaucho-impériolo-malthusianiste. Il faut que Copenhague échoue. Il ne faut pas remettre en question le modèle économique. Il n’y a aucune raison puisque tricky Phil a triché, tous les scientifiques du GIEC ont triché pour permettre à l’empire de renaître.

Ils s’engouffrent tous là-dedans : les vendeurs de pétrole, les amateurs de complots, Claude Allègre, les pollueurs de tous crins. Sur les forums, des « spécialistes » réclament les chiffres bruts qu’ils vont étudier dans leur arrière-cuisine. Les amateurs de défonce motorisée exultent. Les tenants de la croissance sont heureux. Certains assènent que l’on pourra s’occuper enfin des vrais problèmes : l’eau, la faim, la peste, les autres…

Qu’ils s’arrêtent pourtant pour réfléchir un tout petit peu.

Admettons même que le réchauffement ne soit pas le fait des hommes, ou alors si peu, que cela soit le fait du soleil, de la migraine des belles-mères ou de toute autre cause. Il est pourtant bien là à nos portes et il faudra bien faire quelque chose. Et tout ce que nous faisons demande tellement d’énergie, de l’énergie facile, du pétrole, lequel me suis-je laissé dire aurait dépassé son pic. Il verra son prix grimper avant de se tarir. Qu’importe, il y a du charbon, il y aura de l’agro carburant, il y aura, il y aura…  Il y a aussi, et surtout, cette inconscience à croire qu’un monde fini peut connaître une évolution infinie. Des gens meurent de faim. La biodiversité s’épuise peu à peu. Les matières premières ne sont pas éternelles. Le désert avance en bien des endroits…

Le Climate Gate est-il alors un scandale sans importance ? Non, dans la mesure où l’on ne pourrait défendre le mensonge supposé de quelques-uns, mais oui dans la mesure où ce sont quand même des milliers de scientifiques qui estiment œuvre humaine le réchauffement climatique.  Ce ne sont pas quelques faussaires présumés qui peuvent remettre cela en question.

« Les lettres volées peuvent faire perdre toute clairvoyance aux meilleurs esprits », comme l’a bien conté Edgar Poe. La paranoïa qui semble être le mode d’expression d’une partie de la blogosphère ne peut faire oublier l’essentiel : si une dose de scepticisme est indispensable à la science, une masse considérable de travaux pointe la responsabilité humaine dans le réchauffement en cours. Alors qu’un sommet historique s’ouvre pour tenter de l’enrayer, il importe de le garder à l’esprit. » lisait-on dans un édito du Monde.

Et puis, si comme beaucoup de ses détracteurs le considèrent, la croyance en un changement climatique anthropique devait tenir plus de la religion que de la réalité,scientifique ,j’y appliquerais bien le pari de Pascal. J’ai plus d’intérêt à y croire qu’à ne pas y croire. Les peuples ont plus d’intérêt à y croire qu’à ne pas y croire. Les objectifs et surtout les solutions apportées respectant critères éthiques et écologiques, pourraient être bénéfiques à la planète et à ses habitants. Parole d’agnostique.

Denis MARION.


On en profitera pour exploiter les sables bitumeux si respectueux des eaux et de l’environnement.

Paul Herman a bien illustré dans une récente chronique la relation entre le bien, le mal et le juste.

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    • Il faut

      En lisant ces quelques lignes de No Exit, traduction d’un article de Philip Gourevitch dans le New Yorker du 12 décembre 2011 (chez Allia) : « L’automne dernier, il a inauguré une exposition d’art moderne. Occasion pour lui de se montrer en homme du peuple, qui apporte l’art des élites au citoyen. Or, après avoir contemplé un carré orange d’Yves Klein, il a dit : Cà, c’est plusieurs millions ». Puis il a demandé : « Léger, c’est cher ? Klein, plus que Léger ? Moins que Matisse ? » Ses remarques ont provoqué les railleries consternées de la presse », il ne faut pas être grand clerc pour savoir de qui il s’agit, et de quelle « représidentialisation » ratée on parle…  

    • Il faut

      Il aurait fallu dire un mot de l’absurde prétention de DSK à demander réparation à son accusatrice (et à hauteur d’un million de dollars) pour « perte d’emploi » et « détresse émotionnelle ». Mais les choses vraiment sérieuses s’engagent désormais dans la zone euro. Tandis que les épargnants grecs retirent leur argent des banques, l’UE s’apprête à en exclure le pays (on appelle cela le « Greexit »), exactement comme si un quidam se voyait signifier sur l’écran d’un distributeur que son crédit est épuisé et que la machine va avaler sa carte. Preuve définitive que les mesures d’austérité pour les seuls bas revenus ne fonctionnent pas…

    • Il faut

      S’il faut revenir, dans cette série, à la politique belge, ce serait pour en repartir tout aussi vite, à la lumière (?) des récentes saillies de Philippe Moureaux, l’historien qui réintroduit le Docteur ès désinformation Goebbels dans le paysage, aux pugilats du même avec Didier Reynders, dérapant en direct sur la route menant de l’Afghanistan à la Wallonie. A ce compte, Molenbeek mérite mieux que d’être l’épicentre de ce monde plein de raccourcis…