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Cuba : non, non, rien n’a changé !


© P. Pellizzari : Bistrot à La Havane, 1999

Je retournais à Cuba douze ans plus tard, fin 2010. Depuis, nous avions eu Bush, la crise financière, des libertés en moins, du rationnement, une économie sans grandes perspectives, la crainte de conflits religieux, la Chine qui attire toute notre attention, beaucoup d’incapacités à gouverner et… j’avais 12 ans de plus. Les amis m’avaient dit: « Tu vas voir, Cuba a changé, dépêche-toi avant que cela ne soit trop tard ».
Pourtant rien de significatif : les gens restent pauvres, les maisons bourgeoises en ruines, divisées en appartements, la salsa sort des fenêtres, on continue à voler pour subvenir…
Mes filles et mon épouse étaient du voyage, je voulais leur montrer un des derniers témoins vivants du communisme et leur offrir un voyage dans le temps… Dans ma culture politique, pas nécessairement dans mes convictions. Nous avions loué une voiture pour voir du pays, pour mieux comprendre ce que c’est d’aller au bout d’une idéologie.
Il y a quinze ans, je tirais à boulet rouge sur tout ce que le système communiste produisait, car j’étais certain que notre système capitaliste était robuste et générateur de libertés. Cette fois, mon analyse était plus nuancée, à peine… mais plus nuancée. Mis à part le romantisme du voyage dans le temps, je voyais dans cette économie de moyens avec laquelle ils vivent une quiétude quasi écologique. je décelais par contraste à notre mode de pensée, un esprit en nous modelé par la concurrence intense, spéculateur et complexe… bref, sans m’en rendre compte, leur situation, même si bien loin d’être enviable, contenait peut-être une part de vérité.
Il ne faudrait pas, comme eux, que les effets secondaires de notre système deviennent supérieurs aux bénéfices que l’on en retire! Vigilance et créativité sont de mise.

© P. Pellizzari : distribution d'eau à Trinidad, Cuba 2011

Réagissez

    • Il faut

      S’il faut revenir, dans cette série, à la politique belge, ce serait pour en repartir tout aussi vite, à la lumière (?) des récentes saillies de Philippe Moureaux, l’historien qui réintroduit le Docteur ès désinformation Goebbels dans le paysage, aux pugilats du même avec Didier Reynders, dérapant en direct sur la route menant de l’Afghanistan à la Wallonie. A ce compte, Molenbeek mérite mieux que d’être l’épicentre de ce monde plein de raccourcis…

    • Il faut

      A toutes les malédictions qui frappent la Grèce oubliée des Dieux, il faut ajouter celle d’avoir vu émerger aux législatives du 6 mai un parti néo-nazi, qui a très vite donné sa pleine mesure. D’abord, les journalistes ont été contraints de se lever quand le chef de cette clique est arrivé à la conférence de presse – ceux qui ont refusé étaient exclus de la salle. Ensuite, on l’a interrogé sur la manière dont il aborderait la question de l’immigration si son parti entrait au Gouvernement. Réponse : « Je vous laisse imaginer… » C’est parfaitement clair, dans son obscurité même…

    • Il faut

      Après avoir soufflé un grand coup en direction de Paris dimanche soir, il faudra à nouveau retenir sa respiration, cette fois pour une durée indéterminée, auvu du résultat des législatives en Grèce. Les deux partis (Pasok et Nouvelle Démocratie) qui ont approuvé les ukases de la Troika ont perdu, au bénéfice de partis (de la Gauche radicale aux néo-nazis) condamnant les mesures d’austérité sur les salaires et les retraites. L’UE, comme prévu, menace de ne plus verser l’aide promise : et pourtant, dans un sens comme dans l’autre, ce n’est pas un retour à la case zéro…