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Dans le désert, j’arrose la pelouse


© P. Pellizzari

J’avais toujours pensé que Dubai était politiquement incorrecte, qu’elle n’avait aucune éthique environnementale, qu’il était absurde d’allouer des moyens aussi importants pour une localisation désertique, que le modèle Las Vegas ne me correspondait pas.
Sur la carte, Dubai est idéalement située, au centre de gravité de la démographie humaine et du monde de demain. Alors d’accord pour un port, un aéroport, un free shop, quelques banques, un centre de séminaires et les quartiers généraux d’Halliburton, mais pas plus. Pas de pistes de ski artificielles, pas de grand prix de formule 1, pas de souks en plastique, pas de bâtiments dont la hauteur dépasse les records, pas de plages où l’on se repose à 50° à l’ombre, pas de fausses îles en palmier et pas de slogans de rêve.
Manhattan s’est construite avec ses immigrés, Little Italy, China Town en font le charme. Où sont Little Bangladesh, Little Sri Lanka ? Dans des baraquements. On ne vit pas d’événements que l’on importe, on a beau avoir le plus grand gratte-ciel du monde, cela reste un désert sans une couche de terre arable. Dans le désert, une pelouse, cela s’arrose.

Réagissez

    • Il faut

      En lisant ces quelques lignes de No Exit, traduction d’un article de Philip Gourevitch dans le New Yorker du 12 décembre 2011 (chez Allia) : « L’automne dernier, il a inauguré une exposition d’art moderne. Occasion pour lui de se montrer en homme du peuple, qui apporte l’art des élites au citoyen. Or, après avoir contemplé un carré orange d’Yves Klein, il a dit : Cà, c’est plusieurs millions ». Puis il a demandé : « Léger, c’est cher ? Klein, plus que Léger ? Moins que Matisse ? » Ses remarques ont provoqué les railleries consternées de la presse », il ne faut pas être grand clerc pour savoir de qui il s’agit, et de quelle « représidentialisation » ratée on parle…  

    • Il faut

      Il aurait fallu dire un mot de l’absurde prétention de DSK à demander réparation à son accusatrice (et à hauteur d’un million de dollars) pour « perte d’emploi » et « détresse émotionnelle ». Mais les choses vraiment sérieuses s’engagent désormais dans la zone euro. Tandis que les épargnants grecs retirent leur argent des banques, l’UE s’apprête à en exclure le pays (on appelle cela le « Greexit »), exactement comme si un quidam se voyait signifier sur l’écran d’un distributeur que son crédit est épuisé et que la machine va avaler sa carte. Preuve définitive que les mesures d’austérité pour les seuls bas revenus ne fonctionnent pas…

    • Il faut

      S’il faut revenir, dans cette série, à la politique belge, ce serait pour en repartir tout aussi vite, à la lumière (?) des récentes saillies de Philippe Moureaux, l’historien qui réintroduit le Docteur ès désinformation Goebbels dans le paysage, aux pugilats du même avec Didier Reynders, dérapant en direct sur la route menant de l’Afghanistan à la Wallonie. A ce compte, Molenbeek mérite mieux que d’être l’épicentre de ce monde plein de raccourcis…