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Des bulles dans le débat sociétal


De temps en temps, la bande dessinée aborde des sujets de société, tels la prison, l’immigration, l’écologie, les violences conjugales, la drogue, etc., ou politiques, souvent sous le mode de la caricature comme dernièrement avec Sarkozy, Ségolène Royal ou Bush, pour rappeler que le 9ème art a aussi les deux pieds dans son époque. Les OGM et le sida sont ainsi au centre de deux albums récents.

La guerre des OGM de Le Galli et Mike (Delcourt) raconte, sur 160 pages, ce que l’on sait aujourd’hui de ces fameuses trois lettres. Les auteurs retracent leur histoire depuis la découverte en 1972, par une équipe américaine, des premières bactéries génétiquement modifiées en laboratoire. Ils rappellent les différentes réactions dans le monde, de Georges Bush père qui les avalise sans contrôle sanitaire préalable, relayé par le Conseil international pour la Science ou par l’ONU, aux mouvements qui s’y opposent à travers la planète, et notamment Via Campesina né au Nicaragua en avril 1992. On découvre les conséquences néfastes de leur culture en Inde ou de leur dissémination en Amérique latine, ainsi que les actions menées par José Bové et la loi récemment votée en France. Cet album clair, pédagogique et très bien documenté présente, en conclusion, les perspectives et enjeux pour demain.

Nous sommes dans un genre très différent avec l’ouvrage Les artistes s’engagent contre le sida coédité par Glénat et l’association Aides. Une soixantaine de dessinateurs, souvent peu connus (sinon Plantu, Cabu, Davodeau, Ralph König ou Frédéric Boilet), ont offert qui un dessin, qui une planche évoquant avec humour un aspect de la maladie: les traitements, la prévention, l’épidémie ou la discrimination. C’est inégal, comme toujours dans ce type d’album collectif, mais souvent très créatif, certains dessins sont magnifiques. Et de brefs textes viennent rappeler que 35 millions de personnes sont séropositives dans le monde mais que seuls quatre millions d’entre elles ont accès à un traitement.

Réagissez

    • Il faut

      En lisant ces quelques lignes de No Exit, traduction d’un article de Philip Gourevitch dans le New Yorker du 12 décembre 2011 (chez Allia) : « L’automne dernier, il a inauguré une exposition d’art moderne. Occasion pour lui de se montrer en homme du peuple, qui apporte l’art des élites au citoyen. Or, après avoir contemplé un carré orange d’Yves Klein, il a dit : Cà, c’est plusieurs millions ». Puis il a demandé : « Léger, c’est cher ? Klein, plus que Léger ? Moins que Matisse ? » Ses remarques ont provoqué les railleries consternées de la presse », il ne faut pas être grand clerc pour savoir de qui il s’agit, et de quelle « représidentialisation » ratée on parle…  

    • Il faut

      Il aurait fallu dire un mot de l’absurde prétention de DSK à demander réparation à son accusatrice (et à hauteur d’un million de dollars) pour « perte d’emploi » et « détresse émotionnelle ». Mais les choses vraiment sérieuses s’engagent désormais dans la zone euro. Tandis que les épargnants grecs retirent leur argent des banques, l’UE s’apprête à en exclure le pays (on appelle cela le « Greexit »), exactement comme si un quidam se voyait signifier sur l’écran d’un distributeur que son crédit est épuisé et que la machine va avaler sa carte. Preuve définitive que les mesures d’austérité pour les seuls bas revenus ne fonctionnent pas…

    • Il faut

      S’il faut revenir, dans cette série, à la politique belge, ce serait pour en repartir tout aussi vite, à la lumière (?) des récentes saillies de Philippe Moureaux, l’historien qui réintroduit le Docteur ès désinformation Goebbels dans le paysage, aux pugilats du même avec Didier Reynders, dérapant en direct sur la route menant de l’Afghanistan à la Wallonie. A ce compte, Molenbeek mérite mieux que d’être l’épicentre de ce monde plein de raccourcis…