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Désamour maternel


Vite, rattrapez votre retard si vous n’avez pas encore lu La Pluie, avant qu’elle tombe. Coup de cœur assuré pour le dernier roman sorti en poche de Jonathan Coe. L’auteur britannique nous a habitués à de grands moments littéraires mais là il se surclasse avec un roman plus grave et plus féminin. A ce titre c’est avec maîtrise qu’il se met dans la peau d’une narratrice, l’attachante Rosamond. Il sonde le désamour maternel de génération en génération, et ses implications psychologiques sur chaque destinée.

Rosamond laisse à sa mort vingt photographies et des cassettes qui les décrivent, le tout destiné à une jeune femme aveugle, Imogen. Gill, la nièce de Rosamond et par ailleurs son exécutrice testamentaire, doit retrouver Imogen et lui confier les cassettes sans savoir au juste quel est le lien qui unit les deux femmes, Ne parvenant pas à trouver trace d’elle, Gill et ses filles écoutent le testament de Rosamond et découvrent sa vie. Elles entrevoient petit à petit un siècle jalonné de trois mères incapables d’aimer leur fille.

Découpé en autant de chapitres que de photos, le roman offre une structure très balisée qui paradoxalement permet à un grand souffle passionnel (sentimental, romanesque, appelez cela comme vous voulez) de se déployer. Richesse sensorielle aussi (sons, odeurs et images sont décrits avec minutie) et subtilité narrative font de ce douloureux et tendre roman une attaque douce contre ce qui peut arriver de pire dans les relations humaines : l’indifférence.  

La Pluie, avant qu’elle tombe, Jonathan Coe, traduit de l’anglais par Serge Chaumin et Djamila Chauvin, Folio, avril 2010, 267 p.

Réagissez

    • Il faut

      En lisant ces quelques lignes de No Exit, traduction d’un article de Philip Gourevitch dans le New Yorker du 12 décembre 2011 (chez Allia) : « L’automne dernier, il a inauguré une exposition d’art moderne. Occasion pour lui de se montrer en homme du peuple, qui apporte l’art des élites au citoyen. Or, après avoir contemplé un carré orange d’Yves Klein, il a dit : Cà, c’est plusieurs millions ». Puis il a demandé : « Léger, c’est cher ? Klein, plus que Léger ? Moins que Matisse ? » Ses remarques ont provoqué les railleries consternées de la presse », il ne faut pas être grand clerc pour savoir de qui il s’agit, et de quelle « représidentialisation » ratée on parle…  

    • Il faut

      Il aurait fallu dire un mot de l’absurde prétention de DSK à demander réparation à son accusatrice (et à hauteur d’un million de dollars) pour « perte d’emploi » et « détresse émotionnelle ». Mais les choses vraiment sérieuses s’engagent désormais dans la zone euro. Tandis que les épargnants grecs retirent leur argent des banques, l’UE s’apprête à en exclure le pays (on appelle cela le « Greexit »), exactement comme si un quidam se voyait signifier sur l’écran d’un distributeur que son crédit est épuisé et que la machine va avaler sa carte. Preuve définitive que les mesures d’austérité pour les seuls bas revenus ne fonctionnent pas…

    • Il faut

      S’il faut revenir, dans cette série, à la politique belge, ce serait pour en repartir tout aussi vite, à la lumière (?) des récentes saillies de Philippe Moureaux, l’historien qui réintroduit le Docteur ès désinformation Goebbels dans le paysage, aux pugilats du même avec Didier Reynders, dérapant en direct sur la route menant de l’Afghanistan à la Wallonie. A ce compte, Molenbeek mérite mieux que d’être l’épicentre de ce monde plein de raccourcis…