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Désamour maternel


Vite, rattrapez votre retard si vous n’avez pas encore lu La Pluie, avant qu’elle tombe. Coup de cœur assuré pour le dernier roman sorti en poche de Jonathan Coe. L’auteur britannique nous a habitués à de grands moments littéraires mais là il se surclasse avec un roman plus grave et plus féminin. A ce titre c’est avec maîtrise qu’il se met dans la peau d’une narratrice, l’attachante Rosamond. Il sonde le désamour maternel de génération en génération, et ses implications psychologiques sur chaque destinée.

Rosamond laisse à sa mort vingt photographies et des cassettes qui les décrivent, le tout destiné à une jeune femme aveugle, Imogen. Gill, la nièce de Rosamond et par ailleurs son exécutrice testamentaire, doit retrouver Imogen et lui confier les cassettes sans savoir au juste quel est le lien qui unit les deux femmes, Ne parvenant pas à trouver trace d’elle, Gill et ses filles écoutent le testament de Rosamond et découvrent sa vie. Elles entrevoient petit à petit un siècle jalonné de trois mères incapables d’aimer leur fille.

Découpé en autant de chapitres que de photos, le roman offre une structure très balisée qui paradoxalement permet à un grand souffle passionnel (sentimental, romanesque, appelez cela comme vous voulez) de se déployer. Richesse sensorielle aussi (sons, odeurs et images sont décrits avec minutie) et subtilité narrative font de ce douloureux et tendre roman une attaque douce contre ce qui peut arriver de pire dans les relations humaines : l’indifférence.  

La Pluie, avant qu’elle tombe, Jonathan Coe, traduit de l’anglais par Serge Chaumin et Djamila Chauvin, Folio, avril 2010, 267 p.

Réagissez

    • Il faut

      Si Marine Le Pen ne réunit pas les 500 signatures nécessaires à sa candidature à la Présidentielle, tant mieux ! En 2002, Chirac avait donné des instructions pour que le père les obtienne et puisse concourir : on a vu les conséquences le 21 avril. Il faut récuser l’argument selon lequel « je suis contre vos idées, mais je me battrai jusqu’au bout pour que vous puissiez les défendre » : car eux, ne demandent qu’à se débarrasser de nous…

    • Il faut

      Rien ne dit que le sémillant Wade, qui brigue un troisième mandat présidentiel alors que la Constitution du pays ne l’autorise à en accomplir que deux, ne postulera pas, le moment venu, pour un quatrième. Il ne faut pas décourager les vocations, fût-ce à 85 ans (déclarés) comme lui ; d’ailleurs, il y a trop de jeunes au Sénégal…

    • Est-il politiquement correct de se dire que

      des gens à la rue par ce froid n’est pas acceptable. Maggie ne joue pas les enchanteresses. Peter refuse que les bus de l’armée servent aux transports, concurrence avec de Lijn oblige. Et les bien-pensants estiment que « les bobos gauchos » … doivent prendre « en charge, chez eux et à leurs frais, quelques réfugiés économiques ». Triste pays, tristes sires. Personnellement, je préférerais que mes impôts leur servent à quelque chose, plutôt qu’à financer les intérêts notionnels et particuliers de certaines entreprises.