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Échafaudages


Comme beaucoup de Bruxellois, je n’ai pas le souvenir d’avoir jamais contemplé le palais de justice sans échafaudages. Pourquoi ne pas les avoir démontés ? J’avais d’abord cru qu’un entrepreneur habile avait négocié un contrat assurant à ses enfants, à ses petits-enfants et à leurs descendants une concession de nettoyage à perpétuité. Eh bien, je me trompais ! Les mœurs de certaines municipalités wallonnes n’ont apparemment pas encore contaminé les autorités qui gèrent le temple de Thémis. Même si l’annonce par M. Demotte d’une rocambolesque et dérisoire Fédération Wallonie-Bruxelles fait craindre le pire pour l’avenir. Heureusement, les étiquettes ont une grande qualité : elles se décollent rapidement.
Les échafaudages du palais c’est le contraire : ils sont restés si longtemps accrochés à la façade qu’il est désormais impossible de les décoller de la pierre dans laquelle ils se sont encastrés tels des animaux préhistoriques prisonniers de leurs gangues.
Jadis, c’est le palais qui soutenait les échafaudages. Maintenant, c’est le contraire. Sans ses échafaudages, le bâtiment tomberait en poussière, paraît-il, aussi sûrement qu’une centrale atomique après le passage d’une catastrophe ou la forêt congolaise après le passage du prince Laurent.
Quel symbole, tout de même. On pensait ce temple démesuré construit pour l’éternité, comme les pyramides, Manneken Pis ou le Colisée. Or, il n’est qu’un château de sable, prêt à s’écrouler sous le choc d’une marée un peu forte. Symbole de la justice que certains politiciens s’efforcent de démantibuler en partageant ses restes entre Flandre et Wallonie. Comme si les coups reçus depuis dix ans ne suffisaient pas à la fragiliser.
Symbole aussi de la Belgique. Un coup de pattes, un peu trop de pression. Et, patatras ! il n’en restera rien.
On se consolera en pensant que nos voisins français n’ont pas encore songé à s’occuper de nos malheurs. Et que leur président ne s’est pas rendu compte que la population civile de notre pays est menacée par la lutte que mènent clans du nord contre clans du sud. Ouf !
Si le président Sarkozy s’avise que le gagnant des élections de l’année dernière, Bart De Wever, ne parvient pas à poser ses fesses victorieuses sur le trône et qu’il décide de lui ouvrir la porte du 16 rue de la loi à coup de canon comme il vient de le faire à Abidjan pour le président Ouatara, à quoi ressemblera Bruxelles ? A la ville ravagée par les armées de Louis XIV jadis !
A tout prendre, je préfère que nos institutions ne tiennent plus ou moins debout qu’avec un peu de Scotch et que nous ne recevions de la Côte d’Ivoire que des cargaisons de chocolat…

Réagissez

    • Il faut

      S’il faut revenir, dans cette série, à la politique belge, ce serait pour en repartir tout aussi vite, à la lumière (?) des récentes saillies de Philippe Moureaux, l’historien qui réintroduit le Docteur ès désinformation Goebbels dans le paysage, aux pugilats du même avec Didier Reynders, dérapant en direct sur la route menant de l’Afghanistan à la Wallonie. A ce compte, Molenbeek mérite mieux que d’être l’épicentre de ce monde plein de raccourcis…

    • Il faut

      A toutes les malédictions qui frappent la Grèce oubliée des Dieux, il faut ajouter celle d’avoir vu émerger aux législatives du 6 mai un parti néo-nazi, qui a très vite donné sa pleine mesure. D’abord, les journalistes ont été contraints de se lever quand le chef de cette clique est arrivé à la conférence de presse – ceux qui ont refusé étaient exclus de la salle. Ensuite, on l’a interrogé sur la manière dont il aborderait la question de l’immigration si son parti entrait au Gouvernement. Réponse : « Je vous laisse imaginer… » C’est parfaitement clair, dans son obscurité même…

    • Il faut

      Après avoir soufflé un grand coup en direction de Paris dimanche soir, il faudra à nouveau retenir sa respiration, cette fois pour une durée indéterminée, auvu du résultat des législatives en Grèce. Les deux partis (Pasok et Nouvelle Démocratie) qui ont approuvé les ukases de la Troika ont perdu, au bénéfice de partis (de la Gauche radicale aux néo-nazis) condamnant les mesures d’austérité sur les salaires et les retraites. L’UE, comme prévu, menace de ne plus verser l’aide promise : et pourtant, dans un sens comme dans l’autre, ce n’est pas un retour à la case zéro…