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Editeurs belges (3): Vinelande


Après deux maisons reconnues, Le Grand Miroir et Quadrature, voici, dans cette série consacrée aux éditeurs belges, un petit nouveau, Bruxellois, Les éditions de Vinelande, et ses deux premiers – et fort différents – titres parus au printemps dernier: un roman, Revolution Motel de Julien Oeuillet et une suite de textes (poèmes?), Saisons Culottes Amis, de la comédienne et metteuse (?) en scène Isabelle Wéry. L’un est Français mais, après avoir bourlingué à gauche à droite et notamment été l’attaché de presse de Labor, réside à Bruxelles (et en est très content), la seconde est Belge et déjà auteure il y a quelques années d’un roman, Monsieur René.
En route vers un congrès de cartographes, un homme, David Lanzmann, s’arrête de nuit au Revolution Motel. Il aurait mieux valu pas mais il ne le sait pas encore. Dans cet hôtel perdu au milieu de nulle part chaque chambre porte le nom d’un dirigeant communiste, ancien ou actuel. Il se voit attribuer la Gomulka (ex-dirigeant polonais, pour les plus jeunes), avant d’être déménagé vers la très luxueuse Honecker (dictateur est-allemand) «purgée des ennemis du peuple», assurent les propriétaires du lieu, Spartacus et Wanda, qui semblent particulièrement intéressés par le métier de leur hôte. Au point de tout faire pour l’empêcher de se coucher. En lui mettant par exemple dans les pattes leurs deux filles, Natacha et Nathalie, plutôt délurées. Finalement, après avoir croisé des personnages bizarres, le voilà amené à redessiner la carte du monde devant une salle comble – et aux anges tant qu’il respecte le crédo soviétique.
Revolution Motel fait partie de ces vraies bonnes surprises qui nous arrivent de temps en temps. On est plongé dans un univers aux lisières du fantastique dont on ne comprend ni les tenants, ni les aboutissants, seulement que l’infortuné client se trouve en bien mauvaise posture. Cette nuit cauchemardesque est reconstituée après-coup par un Américain qui ne cesse de rappeler qu’il a fait le Vietnam tout en se goinfrant de crackers. Le texte est parsemé de trouvailles verbales aussi drôles que fines, l’écriture est joliment fignolée, ce qui fait de ce bref roman au ton mi-grave, mi-léger un objet fort singulier dans la littérature actuelle.
La singularité semble d’ailleurs être la ligne de conduite de ce nouvel éditeur vu l’aspect passablement désarçonnant du livre d’Isabelle Wéry, Saisons Culottes Amis (déjà le titre!). Un livre dont je ne peux en réalité rien dire tant il est incernable. Il me reste à tourner autour et constater que: 1) Il est construit comme un compte-à-rebours: dans 31 jours, la narratrice, qui a hérité d’une fermette d’un tonton, va tuer le cochon. Elle n’aime pas ça, n’en dort plus, fait des cauchemars «à tire-larigot»; 2) C’est comme une suite de brefs poèmes impressionnistes, érotiques, fantaisistes, qui jouent avec les mots, le langage, avec le sens aussi, fruit d’un travail sur les rythmes, les sonorités; 3) Dans le cours du livre, sont attachés avec des gommettes quatre croquis érotiques de Juan d’Outremont (également auteur de la couverture). A part ça? C’est à vous de voir et de vous laisser emporter – ou non.
Pour en savoir plus: www.vinelande.be.

Réagissez

    • Il faut

      Si Marine Le Pen ne réunit pas les 500 signatures nécessaires à sa candidature à la Présidentielle, tant mieux ! En 2002, Chirac avait donné des instructions pour que le père les obtienne et puisse concourir : on a vu les conséquences le 21 avril. Il faut récuser l’argument selon lequel « je suis contre vos idées, mais je me battrai jusqu’au bout pour que vous puissiez les défendre » : car eux, ne demandent qu’à se débarrasser de nous…

    • Il faut

      Rien ne dit que le sémillant Wade, qui brigue un troisième mandat présidentiel alors que la Constitution du pays ne l’autorise à en accomplir que deux, ne postulera pas, le moment venu, pour un quatrième. Il ne faut pas décourager les vocations, fût-ce à 85 ans (déclarés) comme lui ; d’ailleurs, il y a trop de jeunes au Sénégal…

    • Est-il politiquement correct de se dire que

      des gens à la rue par ce froid n’est pas acceptable. Maggie ne joue pas les enchanteresses. Peter refuse que les bus de l’armée servent aux transports, concurrence avec de Lijn oblige. Et les bien-pensants estiment que « les bobos gauchos » … doivent prendre « en charge, chez eux et à leurs frais, quelques réfugiés économiques ». Triste pays, tristes sires. Personnellement, je préférerais que mes impôts leur servent à quelque chose, plutôt qu’à financer les intérêts notionnels et particuliers de certaines entreprises.