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Eloge de la lenteur


Bella Ciao, Eric Holder, Paris : Seuil, 2010. 145 p. (Point). 6 €

« Bella Ciao », c’est d’abord une histoire d’amour en crise. La cause de cette crise : l’alcoolisme dont souffre le narrateur, un écrivain en panne, qui vit avec Myléna, une femme intelligente dont il est éperdument amoureux, pourtant… Elle le met dehors, et il s’en va. Pendant de longs mois, il devient ouvrier agricole, avec Franck. Et Franck, c’est un personnage magnifique, dur, rude, bourru. De dérive en dérive, le narrateur va tenter de regagner sa femme et ses enfants, sa vie, son écriture, sa dignité. En se débarrassant de son premier et pire démon, l’alcool.
Mais « Bella Ciao » est aussi, et peut-être avant tout, un roman de la lenteur. Lenteur de cette débâcle, d’abord, qui vient goutte à goutte rompre l’harmonie d’un couple pourtant amoureux ; lenteur de l’apprentissage d’un travail manuel, où les mains sont mises à rude épreuve, sans parler de l’égo ; lenteur de la rédemption, où, comme le disait Aragon, « rien n’est jamais acquis à l’homme, ni sa force ni sa faiblesse » ; enfin, cette lenteur de l’amour, particulière et précieuse entre toutes, qui se nomme tendresse.

Réagissez

    • Il faut

      S’il faut revenir, dans cette série, à la politique belge, ce serait pour en repartir tout aussi vite, à la lumière (?) des récentes saillies de Philippe Moureaux, l’historien qui réintroduit le Docteur ès désinformation Goebbels dans le paysage, aux pugilats du même avec Didier Reynders, dérapant en direct sur la route menant de l’Afghanistan à la Wallonie. A ce compte, Molenbeek mérite mieux que d’être l’épicentre de ce monde plein de raccourcis…

    • Il faut

      A toutes les malédictions qui frappent la Grèce oubliée des Dieux, il faut ajouter celle d’avoir vu émerger aux législatives du 6 mai un parti néo-nazi, qui a très vite donné sa pleine mesure. D’abord, les journalistes ont été contraints de se lever quand le chef de cette clique est arrivé à la conférence de presse – ceux qui ont refusé étaient exclus de la salle. Ensuite, on l’a interrogé sur la manière dont il aborderait la question de l’immigration si son parti entrait au Gouvernement. Réponse : « Je vous laisse imaginer… » C’est parfaitement clair, dans son obscurité même…

    • Il faut

      Après avoir soufflé un grand coup en direction de Paris dimanche soir, il faudra à nouveau retenir sa respiration, cette fois pour une durée indéterminée, auvu du résultat des législatives en Grèce. Les deux partis (Pasok et Nouvelle Démocratie) qui ont approuvé les ukases de la Troika ont perdu, au bénéfice de partis (de la Gauche radicale aux néo-nazis) condamnant les mesures d’austérité sur les salaires et les retraites. L’UE, comme prévu, menace de ne plus verser l’aide promise : et pourtant, dans un sens comme dans l’autre, ce n’est pas un retour à la case zéro…