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Encore et toujours


Franz Stangl et moi, Dominique Sigaud, Paris : Stock, 2011. 220 p. 18 €

Après HHhH de Laurent Binet et Les sentinelles de Bruno Tessarech, Dominique Sigaud ajoute sa pierre à cette nouvelle manière d’aborder ce “passé qui ne passe pas”, celui de la guerre et de l’extermination. Sigaud recourt, pour ce faire, à un terme à la fois nouveau et archaïque, venu du francique : “werra”. Un mot qui a donné “war” en anglais et “guerre” en français.
Elle traque les derniers jours et, au-delà, toute la vie d’un criminel nazi, Stangl, commandant de Sobibor et Treblinka, un des rares qui, après des années paisibles en Amérique latine puis son arrestation et son jugement, a fini par reconnaître sa culpabilité. Entre roman et essai, le livre de Sigaud mêle des destins réels — Karajan, Szeryng, Wiesenthal, Schindler — à celui de Stangl, tout aussi réel. Et c’est toute la densité de ce drame dont on n’a pas fini d’approfondir l’abîme, approfondissement auquel Sigaud contribue ; l’humanité partagée des victimes et des bourreaux.

Réagissez

    • Il faut

      S’il faut revenir, dans cette série, à la politique belge, ce serait pour en repartir tout aussi vite, à la lumière (?) des récentes saillies de Philippe Moureaux, l’historien qui réintroduit le Docteur ès désinformation Goebbels dans le paysage, aux pugilats du même avec Didier Reynders, dérapant en direct sur la route menant de l’Afghanistan à la Wallonie. A ce compte, Molenbeek mérite mieux que d’être l’épicentre de ce monde plein de raccourcis…

    • Il faut

      A toutes les malédictions qui frappent la Grèce oubliée des Dieux, il faut ajouter celle d’avoir vu émerger aux législatives du 6 mai un parti néo-nazi, qui a très vite donné sa pleine mesure. D’abord, les journalistes ont été contraints de se lever quand le chef de cette clique est arrivé à la conférence de presse – ceux qui ont refusé étaient exclus de la salle. Ensuite, on l’a interrogé sur la manière dont il aborderait la question de l’immigration si son parti entrait au Gouvernement. Réponse : « Je vous laisse imaginer… » C’est parfaitement clair, dans son obscurité même…

    • Il faut

      Après avoir soufflé un grand coup en direction de Paris dimanche soir, il faudra à nouveau retenir sa respiration, cette fois pour une durée indéterminée, auvu du résultat des législatives en Grèce. Les deux partis (Pasok et Nouvelle Démocratie) qui ont approuvé les ukases de la Troika ont perdu, au bénéfice de partis (de la Gauche radicale aux néo-nazis) condamnant les mesures d’austérité sur les salaires et les retraites. L’UE, comme prévu, menace de ne plus verser l’aide promise : et pourtant, dans un sens comme dans l’autre, ce n’est pas un retour à la case zéro…