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Et Dieu dans tout ça…


Il paraît que, cet été, de nouveaux accélérateurs de particules seront mis en route qui devraient permettre aux scientifiques de découvrir le secret ultime de la matière, voire Dieu. On imagine Dieu blotti au fond d’un theotron et qui dirait aux hommes : « Bravo ! vous m’avez enfin trouvé ! Maintenant, c’est vous qui allez vous cacher et moi je compte jusqu’à 10 milliards… »
Mais Dieu est comme le sucre dans le café. Partout et insaisissable. Et ce qui est sûr, c’est que le café du quotidien est de plus en plus sucré, quand bien même le dieu qui (re)pointe le bout de son éclair est tout sauf doux. Aigre-doux dans le meilleur des cas. Bigoterie croissante et pudibonderie, islamisme radical, ultra-orthodoxie au service de l’expansionnisme… Les États laïcs ont de plus en plus de mal à se situer par rapport à cette recrudescence du religieux, coincés qu’ils sont entre la stricte application des principes qui les fondent et le respect d’une liberté de conscience et de culte.
Une fois encore, la démocratie se laisse piéger par des ennemis qui utilisent ses faiblesses. Et les faiblesses de la démocratie sont ses forces qui oublient qu’elles doivent être défendues vigoureusement. La liberté d’expression ne vaut que pour ceux qui la pratiquent à l’égard des autres. La liberté de conscience n’a de sens que pour ceux qui la cultivent autour d’eux. “Pas de liberté pour les ennemis de la liberté !”, disait Saint-Just.
La démocratie est fondée sur les principes de liberté et de responsabilité des individus. Comme l’écrit Camus, “ou nous ne sommes pas libres et Dieu tout-puissant est responsable du mal, ou nous sommes libres et responsables, mais Dieu n’est pas tout-puissant.” A fortiori, si Dieu n’est pas tout-puissant, ses prêtres le sont encore moins. Les lois qu’ils défendent ne peuvent en aucun cas être supérieures aux lois humaines.
On a dès lors raison d’être très inquiets lorsqu’un tribunal français, organe de justice d’une République laïque et fière de l’être, accorde l’annulation d’un mariage à un homme qui découvre, lors de sa nuit de noces, que son épouse n’est pas vierge. La loi religieuse qui justifie cela est ignoble et injuste. Le tribunal civil qui s’incline devant elle se parjure, d’autant que le principe de jurisprudence fait de cet arrêt un précédent dangereux. Combien de temps faudra-t-il pour que notre justice s’incline devant d’autres “lois” religieuses ? A quand une lapidation place de la Concorde ? Un bûcher sur la Grand-Place ?
Ce qui est sûr, c’est qu’en se comportant ainsi, notre démocratie est en train d’offrir les madriers qui serviront à construire la croix où ses ennemis la crucifieront bientôt. Et si en plus, y a personne…

Réagissez

    • Il faut

      En lisant ces quelques lignes de No Exit, traduction d’un article de Philip Gourevitch dans le New Yorker du 12 décembre 2011 (chez Allia) : « L’automne dernier, il a inauguré une exposition d’art moderne. Occasion pour lui de se montrer en homme du peuple, qui apporte l’art des élites au citoyen. Or, après avoir contemplé un carré orange d’Yves Klein, il a dit : Cà, c’est plusieurs millions ». Puis il a demandé : « Léger, c’est cher ? Klein, plus que Léger ? Moins que Matisse ? » Ses remarques ont provoqué les railleries consternées de la presse », il ne faut pas être grand clerc pour savoir de qui il s’agit, et de quelle « représidentialisation » ratée on parle…  

    • Il faut

      Il aurait fallu dire un mot de l’absurde prétention de DSK à demander réparation à son accusatrice (et à hauteur d’un million de dollars) pour « perte d’emploi » et « détresse émotionnelle ». Mais les choses vraiment sérieuses s’engagent désormais dans la zone euro. Tandis que les épargnants grecs retirent leur argent des banques, l’UE s’apprête à en exclure le pays (on appelle cela le « Greexit »), exactement comme si un quidam se voyait signifier sur l’écran d’un distributeur que son crédit est épuisé et que la machine va avaler sa carte. Preuve définitive que les mesures d’austérité pour les seuls bas revenus ne fonctionnent pas…

    • Il faut

      S’il faut revenir, dans cette série, à la politique belge, ce serait pour en repartir tout aussi vite, à la lumière (?) des récentes saillies de Philippe Moureaux, l’historien qui réintroduit le Docteur ès désinformation Goebbels dans le paysage, aux pugilats du même avec Didier Reynders, dérapant en direct sur la route menant de l’Afghanistan à la Wallonie. A ce compte, Molenbeek mérite mieux que d’être l’épicentre de ce monde plein de raccourcis…