Facebook

Et quand vient le soir


Mon couronnement, Véronique Bizot, Arles : Actes Sud, 2010. 108 p. 13 €

Etonnant petit roman que celui-ci… Un très vieil homme, reclus dans son appartement, apprend qu’on va lui remettre un prix pour une découverte scientifique qu’il aurait faite il y a très longtemps, et qui s’avère aujourd’hui fondamentale. Il ne se souvient de rien, mais sa vie est du coup envahie par une foule de gens qui viennent le féliciter. Mme Ambrunaz le protège et s’occupe de tout, jusqu’au jour de la remise des prix. Elle est sa femme de ménage. Et peut-être plus, mais il l’a oublié. Ou n’a pas encore songé à en tenir compte.
Le tout est narré par ce vieil homme, qui redécouvre le monde et, surtout, sa vie. Ses désirs, ses affections et ses détestations. Entre la nouvelle et le monologue théâtral, ce premier roman séduit et touche. L’auteur est jeune, son personnage est vieux, et le défi n’était pas gagné d’avance, car si tout le monde a été jeune, il est difficile d’imaginer un âge que l’on a pas encore vécu. Mais n’est-ce pas à cela que sert l’empathie de la fiction ?

Réagissez

    • Il faut

      En lisant ces quelques lignes de No Exit, traduction d’un article de Philip Gourevitch dans le New Yorker du 12 décembre 2011 (chez Allia) : « L’automne dernier, il a inauguré une exposition d’art moderne. Occasion pour lui de se montrer en homme du peuple, qui apporte l’art des élites au citoyen. Or, après avoir contemplé un carré orange d’Yves Klein, il a dit : Cà, c’est plusieurs millions ». Puis il a demandé : « Léger, c’est cher ? Klein, plus que Léger ? Moins que Matisse ? » Ses remarques ont provoqué les railleries consternées de la presse », il ne faut pas être grand clerc pour savoir de qui il s’agit, et de quelle « représidentialisation » ratée on parle…  

    • Il faut

      Il aurait fallu dire un mot de l’absurde prétention de DSK à demander réparation à son accusatrice (et à hauteur d’un million de dollars) pour « perte d’emploi » et « détresse émotionnelle ». Mais les choses vraiment sérieuses s’engagent désormais dans la zone euro. Tandis que les épargnants grecs retirent leur argent des banques, l’UE s’apprête à en exclure le pays (on appelle cela le « Greexit »), exactement comme si un quidam se voyait signifier sur l’écran d’un distributeur que son crédit est épuisé et que la machine va avaler sa carte. Preuve définitive que les mesures d’austérité pour les seuls bas revenus ne fonctionnent pas…

    • Il faut

      S’il faut revenir, dans cette série, à la politique belge, ce serait pour en repartir tout aussi vite, à la lumière (?) des récentes saillies de Philippe Moureaux, l’historien qui réintroduit le Docteur ès désinformation Goebbels dans le paysage, aux pugilats du même avec Didier Reynders, dérapant en direct sur la route menant de l’Afghanistan à la Wallonie. A ce compte, Molenbeek mérite mieux que d’être l’épicentre de ce monde plein de raccourcis…