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Feutre noir et tsitsit, allez au diable !


Voici encore une idée de lecture pour les vacances (paru en version de poche, plus facile à transporter)! Un roman comme on les aime : drôle (très drôle même !) et iconoclaste. Pour dire vrai, il fallait oser l’écrire ce petit bijou (La Lamentation du prépuce) : Shalom Auslander, un jeune écrivain juif new-yorkais, relève le gant et décrit le milieu juif orthodoxe dans lequel il a grandi. Narrateur de sa propre histoire, le jeune Shalom supporte de moins en moins d’avoir à porter une kippa à la piscine, d’attendre 6h après avoir mangé du veau pour boire un verre de lait, et de ne pas pouvoir allumer la télé le jour du Shabbat. Les règles l’assomment et au début de l’adolescence, il décide de provoquer Dieu. Il se goinfre de hot-dogs, lit des magazines cochon et attend en tremblant la vindicte du Très-Haut… mais rien ne se passe. Lui aurait-on menti ? Dieu est-il, oui ou non, cet être mesquin et sourcilleux qui surveille en permanence les faits et gestes de ses ouailles ? Shalom décide de livrer une guerre à Dieu car il est indubitablement croyant et cette faiblesse l’agace.  

Parvenu à l’âge adulte, Shalom épouse Orli (juive aussi peu orthodoxe que lui) et coupe les ponts avec sa famille. Mais apprenant qu’il va être père, il est partagé entre son besoin vital de se tenir à l’écart de tout fondamentalisme religieux et paradoxalement un besoin de racines. Se pose alors la question : va-t-il faire circoncire son fils ?

Le livre est la preuve de ce nouvel adage (inventé à l’instant juste pour vous) : « Chassez le religieux, il revient au galop ». Shalom est tiraillé entre l’éducation qu’il a reçue et ses convictions personnelles. A croire qu’il ne faut pas moins d’une génération entière pour se dépatouiller d’un ancrage religieux culpabilisant. A méditer !

 La Lamentation du prépuce, Shalom Auslander, traduit de l’américain par Bernard Cohen, 10/18, 305p.

Réagissez

    • Il faut

      En lisant ces quelques lignes de No Exit, traduction d’un article de Philip Gourevitch dans le New Yorker du 12 décembre 2011 (chez Allia) : « L’automne dernier, il a inauguré une exposition d’art moderne. Occasion pour lui de se montrer en homme du peuple, qui apporte l’art des élites au citoyen. Or, après avoir contemplé un carré orange d’Yves Klein, il a dit : Cà, c’est plusieurs millions ». Puis il a demandé : « Léger, c’est cher ? Klein, plus que Léger ? Moins que Matisse ? » Ses remarques ont provoqué les railleries consternées de la presse », il ne faut pas être grand clerc pour savoir de qui il s’agit, et de quelle « représidentialisation » ratée on parle…  

    • Il faut

      Il aurait fallu dire un mot de l’absurde prétention de DSK à demander réparation à son accusatrice (et à hauteur d’un million de dollars) pour « perte d’emploi » et « détresse émotionnelle ». Mais les choses vraiment sérieuses s’engagent désormais dans la zone euro. Tandis que les épargnants grecs retirent leur argent des banques, l’UE s’apprête à en exclure le pays (on appelle cela le « Greexit »), exactement comme si un quidam se voyait signifier sur l’écran d’un distributeur que son crédit est épuisé et que la machine va avaler sa carte. Preuve définitive que les mesures d’austérité pour les seuls bas revenus ne fonctionnent pas…

    • Il faut

      S’il faut revenir, dans cette série, à la politique belge, ce serait pour en repartir tout aussi vite, à la lumière (?) des récentes saillies de Philippe Moureaux, l’historien qui réintroduit le Docteur ès désinformation Goebbels dans le paysage, aux pugilats du même avec Didier Reynders, dérapant en direct sur la route menant de l’Afghanistan à la Wallonie. A ce compte, Molenbeek mérite mieux que d’être l’épicentre de ce monde plein de raccourcis…