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Florence l’inépuisable


Cela fait plus de dix ans que, chaque année, je retourne à Florence. Chaque année, après quelques jours, ma femme et moi commençons la liste de ce que nous verrons… l’année prochaine.
Depuis longtemps, nous avions inscrit dans cette liste la visite du corridor de Vasari, ce lieu absolument mystérieux qui relie les Offices au Palais Pitti, en traversant l’Arno au-dessus du Ponte Vecchio. Une partie des Offices dans laquelle on ne pénètre que sur rendez-vous, en tout petit groupe…
Grâce à Damien Wigny, assurément le meilleur connaisseur de Florence et de la Toscane (il me semble impossible de visiter cette ville sans son guide), nous avons pu cette année bénéficier d’une découverte sous la houlette d’une conservatrice des Offices. Une heure de magie absolue…

Il faut d’abord savoir que le corridor Vasari, qui porte le nom de son architecte, fut d’abord conçu pour permettre aux Medici de se rendre sans danger du centre de Florence au palais Pitti, « dans la campagne ». Le passage dans les rues était toujours risqué… Plus tard, le duc Léopold de Medici décida d’entamer une collection tout à fait particulière : les autoportraits. Les deux se rencontrèrent : le corridor fut choisi comme le lieu d’exposition de cette collection incomparable, riche de plus de 1.500 toiles, dont près de 500 sont aujourd’hui exposées.

Remarquable intuition que celle de Léopold de Medici ! En effet, les autoportraits sont en quelque sorte la quintessence de l’art d’un peintre. Il se traduit, se trahit parfois, et utliise le meilleur de son âge pour se montrer, ou se cacher habilement. La collection permet en outre un parcours dans toute l’histoire de la peinture, depuis Vasari lui-même jusqu’à des peintres contemporains, italiens ou internationaux. Certains sont bouleversants, d’autres d’une puissance troublante, d’autres enfin font sourire, comme un clin d’œil amical.

La règle de la collection est simple : les artistes offrent leur autoportrait. Aujourd’hui, quelques artistes majeurs acceptent encore de se prêter au jeu — ainsi, Jan Fabre va-t-il prochainement rejoindre la collection. Mais d’autres permettent de mesurer l’évolution du « business » artistique, qui ne considèrent plus comme un honneur absolu d’avoir un autoportrait dans cette collection et qui exigent d’être payés — ce qu’ils n’obtiennent pas.
Sans doute les Medici ont-ils été un cas tout à fait unique dans l’histoire de l’humanité : riches, puissants et artistes, généreux à leur manière, instigateurs d’une des plus belles pages de l’histoire occidentale. Dommage que certains de nos peintres contemporains ne s’en rappellent pas…
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Le guide de Damien Wigny sur Florence est malheureusement indisponible. Celui sur Sienne et le Sud de la Toscane peut encore être obtenu en prenant contact directement avec l’auteur.

Réagissez

    • Il faut

      Rien ne dit que le sémillant Wade, qui brigue un troisième mandat présidentiel alors que la Constitution du pays ne l’autorise à en accomplir que deux, ne postulera pas, le moment venu, pour un quatrième. Il ne faut pas décourager les vocations, fût-ce à 85 ans (déclarés) comme lui ; d’ailleurs, il y a trop de jeunes au Sénégal…

    • Est-il politiquement correct de se dire que

      des gens à la rue par ce froid n’est pas acceptable. Maggie ne joue pas les enchanteresses. Peter refuse que les bus de l’armée servent aux transports, concurrence avec de Lijn oblige. Et les bien-pensants estiment que « les bobos gauchos » … doivent prendre « en charge, chez eux et à leurs frais, quelques réfugiés économiques ». Triste pays, tristes sires. Personnellement, je préférerais que mes impôts leur servent à quelque chose, plutôt qu’à financer les intérêts notionnels et particuliers de certaines entreprises.

    • Il faut

      Si, comme il l’a confié en Guyane, Nicolas Sarkozy envisage « la fin de sa carrière », et ainsi sa défaite à la Présidentielle de 2012, il sera facile de deviner ce qu’il dirait lors de ses adieux : à savoir que ce n’est pas sa faute si les français sont si allergiques aux réformes – bref, qu’ils ne le méritaient pas ! Et de conclure : « Je vous quitte, car maintenant, il faut que je me fasse de l’argent… »