Florizoone, Horbaczewski et Massot nous font leur Cinéma Novo
L’ont-ils fait exprès ? A les voir marcher sur cette plage bien de chez nous, ou leurs reflets vibrants, brisés si on ne retourne pas la pochette, Tuur Florizoone, Marine Horbaczewski et Michel Massot semblent nous en dire long sur celles qu’ils nous livrent sur ce cd. Comme nos plages du Nord, grises sous les nuages, celles-ci cachent sous une sorte d’uniformité langoureuse, un kaléidoscope de reflets moirés, de nuances délicates et dégagent une sorte de mélancolie joyeuse. Comme sur la photo, Tuur entraîne le trio, souriant, sympathique et décidé, et nous livre des mélodies et des humeurs qui semblent coller à son accordéon. Michel ferme la marche, espiègle et facétieux (regardez-le, il va éclabousser ses chaussures, à sautiller comme ça), mais sur l’instrument, il prend souvent les devants, il pousse le trio, il mène volontiers la danse, que ce soit au trombone, au tuba, à l’euphonium – on n’a pas idée de jouer de ce truc énorme et rigolo, et si vous ne savez pas ce que c’est, imaginez un énorme tuba, baryton, voire basse -. Puis Marine, au milieu de ces deux lascars, qui tient le cap et lie le tout avec son violoncelle. Le plus léger et le plus aérien des trois étant sans doute celui qui joue de l’instrument le plus grave et le plus lourd : tantôt une fanfare des Balkans ou de la Nouvelle Orléans à lui tout seul, tantôt grand romantique solitaire et pur égaré dans une forêt allemande, tantôt jazzman, humoriste, danseur, acrobate, Michel Massot est un de nos plus fins musiciens. Avec parfois, comme dans Babelouz, un clin d’œil au grand Albert Mangelsdorff, disparu en 2005.
A écouter en toute saison.
(Homerecords.be)
