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France/Europe : la honte d’une diplomatie inaudible


On pouvait penser que la révolution tunisienne allait servir de leçon à la diplomatie française et européenne. Il n’en est rien : on le voit encore aujourd’hui avec ce qui se déroule en Libye. La France d’abord, avec un bref retour par la Tunisie où un nouvel et jeune ambassadeur rouleur de mécaniques fait un malheur sur internet où on peut le voir traiter les questions des journalistes tunisiens de  « débiles ». Excuses obligées et peu glorieuses mais il y avait sans doute mieux à faire pour rattraper les dégâts d’une ministre des affaires étrangères empêtrée dans ses complicités avec le régime Ben Ali. Hier, après bien des hésitations, la France a demandé des sanctions contre Kadhafi dont la tente était encore, il y a peu, plantée dans les jardins de l’Elysée. Mais bien plus largement, c’est toute la politique étrangère de Paris qui est en crise. Jamais sans doute depuis les débuts de la Ve République, la voix de la France n’a été aussi inaudible et peu crédible dans le monde.  Dans une tribune publiée par Le Monde et sous couvert d’un pseudonyme collectif, des diplomates français ont dressé un véritable réquisitoire contre la politique étrangère de Nicolas Sarkozy, une politique disent-ils « placée sous le signe de l’improvisation et d’impulsions successives qui s’expliquent souvent par des considérations de politique intérieure ». Du jamais lu sous la plume généralement prudente des locataires du Quai d’Orsay. La politique de la France, commente un diplomate, est placée sous le signe du statu quo au nom de l’antiterrorisme, de l’anti-islamisme et de l’anti-immigration. Celle de l’Europe repose sur les mêmes critères. La situation est extrêmement fragile, disait lundi le secrétaire d’état allemand aux affaires étrangères. L’Europe doit assurer sa contribution à la stabilisation, ajoutait-il, résumant bien la politique de l’Union. Cela veut dire quoi exactement «  contribuer à la stabilisation », quand un dictateur massacre son propre peuple ? Quant à la fantomatique Catherine Ashton, elle appelait hier les Libyens à la retenue, dénonçant les violences sans distinguer le moins du monde la répression du régime des manifestations populaires. On atteint là les limites de la honte. Les Européens se sont bousculés en Libye pour vendre leurs armes, la Belgique en tête et ils ont fait sans vergogne de Kadhafi le super gendarme contre l’immigration clandestine. Les relations internationales ont  toujours été peu ou prou le produit d’une « real politik » mais comment croire encore un instant aux soi-disant valeurs d’une Union Européenne championne d’un cynisme sans borne ?

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    • Il faut

      S’il faut revenir, dans cette série, à la politique belge, ce serait pour en repartir tout aussi vite, à la lumière (?) des récentes saillies de Philippe Moureaux, l’historien qui réintroduit le Docteur ès désinformation Goebbels dans le paysage, aux pugilats du même avec Didier Reynders, dérapant en direct sur la route menant de l’Afghanistan à la Wallonie. A ce compte, Molenbeek mérite mieux que d’être l’épicentre de ce monde plein de raccourcis…

    • Il faut

      A toutes les malédictions qui frappent la Grèce oubliée des Dieux, il faut ajouter celle d’avoir vu émerger aux législatives du 6 mai un parti néo-nazi, qui a très vite donné sa pleine mesure. D’abord, les journalistes ont été contraints de se lever quand le chef de cette clique est arrivé à la conférence de presse – ceux qui ont refusé étaient exclus de la salle. Ensuite, on l’a interrogé sur la manière dont il aborderait la question de l’immigration si son parti entrait au Gouvernement. Réponse : « Je vous laisse imaginer… » C’est parfaitement clair, dans son obscurité même…

    • Il faut

      Après avoir soufflé un grand coup en direction de Paris dimanche soir, il faudra à nouveau retenir sa respiration, cette fois pour une durée indéterminée, auvu du résultat des législatives en Grèce. Les deux partis (Pasok et Nouvelle Démocratie) qui ont approuvé les ukases de la Troika ont perdu, au bénéfice de partis (de la Gauche radicale aux néo-nazis) condamnant les mesures d’austérité sur les salaires et les retraites. L’UE, comme prévu, menace de ne plus verser l’aide promise : et pourtant, dans un sens comme dans l’autre, ce n’est pas un retour à la case zéro…