Francesca de Rimini
Auteur d’une dizaine d’ouvrages dont Le Dernier des Mozart, Jacques Tournier sort au Seuil un très beau roman sur l’Italie du 13ième siècle, en plein conflit entre Guelfes et Gibelins. Le podestat de Rimini, Malatesta, n’a de cesse d’envahir Ravenne gouverné par le sage Guido Polenta. Ce dernier comprend que le seul moyen d’empêcher la guerre est de conclure un mariage entre les deux familles ennemies. C’est ainsi qu’il offre sa fille, la ravissante Francesca de Rimini, à Giovanni, le fils aîné de Malatesta, un infirme de naissance terriblement brutal. La malheureuse se retrouve par devoir d’état mariée à un être abject qu’elle ne peut absolument pas aimer. Mais comme toute bonne histoire regorge de rebondissements, celle de Tournier fait rapidement entrer en scène le beau et doux frère cadet lui-même marié, Paolo. La suite, on la devine aisément : une histoire d’amour naît entre eux, le mari Giovanni l’apprend et se venge en poignardant les deux amants…
L’histoire est classique certes mais elle ravit grâce à la plume de Tournier et aux habiles allusions au roman de Chrétien de Troyes, Lancelot du Lac.
Francesca de Rimini, Jacques Tournier, Seuil, 118p.
